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Valéry Giscard d’Estaing

Valéry Giscard d’Estaing naît le 2 février 1926 à Coblence en Allemagne.

Il est issu d’une famille de la riche bourgeoisie d’affaires et d’administration engagée sur les questions d’unification européenne, puisque son père fait partie de la Ligue européenne de coopération économique (LECE) créée en 1946, favorable à un espace économique de libéralisation des échanges et d’harmonisation monétaire.

Il est diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole Nationale d’Administration et rejoint l’Inspection des Finances en 1952.

Nommé ministre des Finances et des Affaires économiques au sein du gouvernement Pompidou de 1962 à 1966, il occupe les fonctions de ministre de l’Economie et des Finances des gouvernements Chaban-Delmas et Messmer de 1969 à 1974, sous la présidence de Georges Pompidou.

1966-1974 : les ministères

Valéry Giscard d’Estaing crée en 1966 la Fédération nationale des Républicains indépendants (FNRI). Trois ans plus tard, cette formation adhère au Comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe, à la suite de l’appel lancé par Jean Monnet pour soutenir la seconde candidature de la Grande-Bretagne à la Communauté économique européenne (CEE).

En 1970, Valéry Giscard d’Estaing est président du Conseil de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Au sein des institutions européennes, il promeut l’idée d’une intégration économique et financière accrue des Etats membres.

Après avoir proposé en Conseil des ministres un plan d’Union économique et monétaire, il soutient, en 1972, le plan Werner qui poursuit le même objectif sur une echéance de dix ans.

1974-1981 : la présidence de la République

Valéry Giscard d’Estaing est élu Président de la République française en mai 1974, lors des élections anticipées provoquées par le décès de Georges Pompidou.

Tout au long de son mandat, il collabore étroitement avec le chancelier allemand Helmut Schmidt en créant le Système monétaire européen (SME) qui devient effectif le 13 mars 1979.

L’un des principaux chantiers du septennat de Valéry Giscard d’Estaing est de donner un nouveau souffle aux institutions européennes. Dans la lignée du rapport Davignon de 1970 sur la coopération en matière de politique étrangère, il entend créer un Sommet européen afin de relancer celle-ci. Ce rendez-vous, initié en 1974, réunit les chefs d’Etat ou de gouvernement au moins deux fois par an.

Lors du sommet de Londres des 29 et 30 juin 1977, sont définies les trois principales missions du Sommet européen : permettre un échange d’opinions des chefs de gouvernement, faire entendre la "voix de l’Europe" et tenter d’apporter des réponses à des problèmes déjà examinés par les autres organes communautaires.
Institutionnalisé en 1986 par l’Acte unique qui le baptise "Conseil européen", cet organe acquiert une influence importante en matière de construction européenne et de développement de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC).

Alors que le Conseil des ministres apparaît paralysé par le recours à l’unanimité dans les prises de décision, Valéry Giscard d’Estaing s’exprime en faveur d’une application plus fréquente des procédures à la majorité qualifiée.

Il prône le dépassement d’une Europe des Etats sans pour autant aller jusqu’à souhaiter une Europe supranationale, dans la mesure où cette question lui semble secondaire par rapport à la coopération effective entre les gouvernements.

Par ailleurs, il est favorable à un Parlement européen plus puissant. Il est favorable non seulement à l’augmentation de ses pouvoirs budgétaires, mais aussi à son élection au suffrage universel direct, principe entériné par l’acte de Bruxelles du 20 septembre 1976. La première consultation de ce type a lieu en 1979.

Tout en s’impliquant dans la construction européenne, Valéry Giscard d’Estaing œuvre à la consolidation de la solidarité internationale. Il suggère, en 1975, la création d’un partenariat Nord-Sud qui se concrétise dans les accords de Lomé entre la CEE et les pays de la zone Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP).

Après la présidence

Après son départ de la présidence de la République en mai 1981, Valéry Giscard d’Estaing poursuit son engagement dans la vie politique nationale, régionale et européenne. Entre 1989 et 1993, il siège au Parlement européen. Il est alors président du groupe Libéral, Démocrate et Républicain (LDR) jusqu’en 1991. Il prend très clairement position en faveur du "oui" lors de la campagne référendaire sur l’adhésion de la France au Traité de Maastricht et tente de sensibiliser les citoyens sur sa position.

Valéry Giscard d’Estaing crée en 1986, avec Helmut Schmidt, le Comité pour l’Union monétaire de l’Europe. Celui-ci publie, en 1988, le "programme pour l’action" dont s’inspire plus tard le Comité Delors en charge d’étudier un projet d’Union économique et monétaire.

Il rédige ensuite un rapport sur le principe de subsidiarité, qui constitue l’un des fondements juridiques et théoriques du Traité sur l’Union européenne dans un rapport destiné au Parlement européen.

De 1989 à 1997, il exerce la présidence du Mouvement International Européen.

Il est actuellement Président de l’Institut pour la Démocratie en Europe.

La Convention et le projet de Constitution européenne

Dès le milieu des années 1990, Valéry Giscard d’Estaing fait partie d’un groupe d’experts qui mène une réflexion sur l’organisation européenne et ses perspectives. Dans la continuité de ce travail, en décembre 2001, les chefs d’Etat et de gouvernement, réunis en sommet à Laeken, le nomment à la présidence de la Convention sur l’avenir de l’Europe.

Cette assemblée, en charge de faire des propositions sur la future organisation institutionnelle européenne, achève ses travaux le 15 juillet 2003 et présente une ébauche de traité constitutionnel. Les chefs d’Etats ou de gouvernement négocient sur la base de ce document, lors de la Conférence intergouvernementale, et parviennent à un accord le 18 juin 2004.

Le Traité établissant une Constitution pour l’Europe est signé le 29 octobre 2004 à Rome.

Valéry Giscard d’Estaing s’engage pleinement dans la campagne d’explication qui précède le référendum en France.

Le résultat du vote le 29 mai ne semble pas avoir entamé sa conviction européenne.

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