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Une relation bilatérale au service de l’Europe

Dense et institutionnalisée depuis le traité de l’Elysée en 1963, la relation franco-allemande se place résolument au service de l’intégration européenne avec le traité d’Aix-la-Chapelle (2019) de coopération et d’intégration franco-allemandes. Elle est fondée sur le maintien d’un dialogue étroit, et demeure sans égale, tant d’un point de vue politique, que commercial éducatif ou culturel.

Dense et institutionnalisée depuis le traité de l’Elysée en 1963, la relation franco-allemande se place résolument au service de l’intégration européenne avec le traité d’Aix-la-Chapelle (2019) de coopération et d’intégration franco-allemandes. Elle est fondée sur le maintien d’un dialogue étroit, et demeure sans égale, tant d’un point de vue politique, que commercial éducatif ou culturel.

I. Des textes fondateurs visionnaires et des structures de coopération pratique

Le général de Gaulle et le chancelier Adenauer lors de la signature du traité de l'Elysée
Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la réconciliation franco-allemande est rapidement apparue comme la condition préalable à toute paix durable en Europe, et à la mise en œuvre du projet européen. C’est l’esprit de la déclaration de Robert Schuman, le 9 mai 1950 :

« L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l’opposition séculaire de la France et de l’Allemagne soit éliminée : l’action entreprise doit toucher au premier chef la France et l’Allemagne. »

Répondant à une déclaration de Konrad Adenauer de mars 1950 qui invitait au rapprochement des deux pays, la déclaration du 9 mai 1950 a proposé la construction commune d’une « Europe des petits pas » et de projets concrets ainsi que la création d’une Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), effective en 1951. Les traités de Rome des Communautés européennes (1957) ont ensuite consacré la coopération franco-allemande comme condition et moteur de la construction européenne.

Le Traité sur la coopération franco-allemande (dit Traité de l’Élysée) signé le 22 janvier 1963 par le Chancelier Adenauer et le Général de Gaulle, est à ce titre fondateur. Il répond à trois objectifs, exposés dans la brève Déclaration commune accompagnant le Traité :

-* sceller symboliquement la réconciliation franco-allemande ;

  • créer entre les deux peuples, et en particulier leurs jeunesses, une véritable amitié ;
  • favoriser ainsi la « construction de l’Europe unie, qui est le but des deux peuples ».

Ce traité a mis en place un calendrier contraignant de rencontres régulières à tous les niveaux (chefs d’États et de gouvernement, ministres, hauts fonctionnaires), destiné à susciter entre les deux pays un « réflexe de coopération » franco-allemand. Depuis, les relations politiques, économiques et culturelles entre la France et l’Allemagne n’ont plus cessé de croître. Le Protocole additionnel au Traité de l’Élysée, à l’occasion des 25 ans du Traité, le 22 janvier 1988, a ainsi permis la mise en place de nouvelles structures de concertation, telles que le Conseil Franco-allemand de Défense et de Sécurité (CFADS), la Brigade franco-allemande (BFA), le Conseil Économique et Financier franco-allemand (CEFFA), le Conseil Franco-allemand de l’Environnement (CFAE) ou encore le Haut Conseil Culturel Franco-Allemand (HCCFA). L’étroite association institutionnelle et politique des deux pays a été renforcée à l’occasion du quarantième anniversaire du traité de l’Élysée, le 22 janvier 2003, par la création du Conseil des ministres franco-allemand (CMFA) et la désignation dans chaque pays d’un Secrétaire général pour la coopération franco-allemande (SGCFA) devant coordonner la préparation et le suivi des décisions politiques ainsi que le rapprochement des deux pays dans les instances européennes. En 2010, l’adoption de l’Agenda franco-allemand 2020 a constitué une nouvelle étape dans ce rapprochement.

C’est ainsi que l’entente franco-allemande a été à l’origine de chaque grande avancée de la construction européenne : l’Acte unique européen, le traité de Maastricht, l’Euro, l’espace Schengen, la construction d’une Politique Commune de Sécurité et de Défense, jusqu’au « Pacte pour l’euro plus », la création du Fonds Européen de Stabilité Financière et du Mécanisme Européen de Stabilité.
Outre le CMFA, des rencontres réunissant les chefs d’État, des ministres et leurs collaborateurs offrent des occasions privilégiées pour harmoniser les positions des deux partenaires et apporter de nouvelles impulsions à la construction européenne, tout en renforçant les liens personnels entre dirigeants.

En concluant le traité sur la coopération et l’intégration franco-allemandes, signé le 22 janvier 2019 à Aix-la-Chapelle, l’Allemagne et la France ont exprimé l’intention de répondre ensemble aux grands défis politiques, mais aussi économiques, environnementaux, sociaux et technologiques, du début du XXIème siècle, dans une perspective européenne. Ces enjeux sont de plusieurs natures : sur le plan géopolitique, pour établir des relations constructives avec les pays émergents (en particulier les États du G20) et en développement ; au niveau économique, pour défendre l’attachement à un système commercial multilatéral fondé sur des règles justes (réforme de l’OMC ; respect des principes de libre-échange) ; pour les questions stratégiques, afin de garantir la sécurité de l’Europe face à toutes les formes d’agressions (terrorisme, cybercriminalité, attaques informatiques, etc.) ; sur les valeurs démocratiques, pour lutter contre la montée des tensions totalitaires. La France et l’Allemagne s’engagent résolument en faveur d’un multilatéralisme rénové et de la coopération internationale face aux enjeux globaux.

Le traité d’Aix-la-Chapelle, complétant le traité de l’Élysée, est accompagné de 15 projets prioritaires qui prévoient une relation franco-allemande étroite en matière coopération bilatérale transfrontalière, de coopération aux Nations Unies,en matière de sécurité et de défense, de coopération culturelle, technologique, spatiale ou encore numérique.

II. Une relation bilatérale dense dans de nombreux domaines

Un échange franco-allemand © OFAJ/DFJW/Holger Biermann

La coopération décentralisée a joué dès les années 1960 un rôle majeur dans le rapprochement de nos sociétés civiles, à travers notamment plus de 2300 partenariats entre collectivités territoriales françaises et allemandes, faisant de l’Allemagne le premier partenaire de la France dans ce domaine. Si les partenariats entre communes sont les plus anciens, les échanges entre régions et départements sont également riches et diversifiés. La force de ces liens est un élément plus que jamais nécessaire à la vitalité de la relation bilatérale.

Les relations économiques et commerciales entre la France et l’Allemagne sont particulièrement denses. 2 737 entreprises françaises sont implantées en Allemagne (soit 30% des filiales françaises implantées dans la zone euro), emploient 363 000 personnes et génèrent, selon l’INSEE, un chiffre d’affaires de 147 Mds€. En sens inverse, 3 200 entreprises allemandes sont implantées en France, emploient 310 000 personnes et génèrent un chiffre d’affaires de 141 Mds€.
Avec un volume total d’échanges de 156,9 Mds€, soit 15,1% des échanges commerciaux de la France, l’Allemagne demeurait en 2018, de loin, notre premier partenaire commercial, notre premier client (70,4 Mds€ d’exportations françaises) et notre premier fournisseur (86,5 Mds€ d’importations).

Malgré leur différence de culture stratégique, la France et l’Allemagne ont tissé de longue date une coopération dense et structurée dans le domaine de l’armement, qui porte à la fois sur des programmes d’armement, de la recherche et des essais. Cette coopération s’est principalement développée dans le domaine de l’aéronautique (missile MILAN, hélicoptères Tigre, Airbus A400m, missile METEOR etc.).
Le conseil franco-allemand de défense et de sécurité du 13 juillet 2017 a vu le lancement de nombreux autres projets très ambitieux dont les deux plus emblématiques sont le char de combat de futur (Main Ground Combat System – MGCS) dans le domaine de l’armement terrestre et le système de combat aérien du futur (SCAF) dans le domaine aéronautique, qui repose sur un avion de combat de nouvelle génération.
Par ailleurs, la France et l’Allemagne sont associées au sein de l’Agence spatiale européenne et coopèrent étroitement au sein des programmes Ariane (fusées de lancement de satellites) et Galileo (réseaux satellitaires de communication).

Le climat, l’environnement et le développement durable sont reconnus comme des enjeux majeurs pour la coopération franco-allemande. Les ministères concernés ont lancé des actions conjointes dans ces domaines, ainsi qu’au titre de la coopération entre services scientifiques. Par une déclaration commune en mai 2020, les deux gouvernements ont reformulé leur soutien au Pacte vert européen et notamment à l’objectif de devenir le premier contient climatiquement neutre d’ici 2050 ainsi que l’étape intermédiaire de réduction de 50-55% des émissions d’ici 2030 par rapport à 1990.
Avec son programme Forschung für nachhaltige Entwicklung, l’Allemagne s’est déjà associée à l’initiative française Make our Planet Great Again. En outre, la coopération franco-allemande s’applique aux accords multilatéraux en matière de développement durable et de climat et s’est notamment illustrée au cours de la négociation de l’accord de Paris ou des Objectifs du développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies.

De même, les relations franco-allemandes sont très riches dans le domaine de la coopération culturelle et scientifique grâce notamment à l’action de nombreux organismes binationaux.

  • l’Office Franco-Allemand à la Jeunesse (OFAJ), promeut des activités et des échanges dans tous les domaines concernant la jeunesse. Depuis sa création en 1963, l’OFAJ a permis à plus de 8 millions de jeunes de se rencontrer, et chaque année, ce sont près de 200.000 jeunes qui participent à ses programmes. L’objectif est de porter ce nombre à 10 millions en 2023. L’Office propose également des échanges trilatéraux, en particulier avec les pays d’Europe centrale et orientale et les pays de l’Europe du Sud-Est, afin de renforcer la coopération européenne.
  • l’Université franco-allemande (UFA), créée en 1997, est constituée par un réseau de 170 établissements d’enseignement supérieur français et allemands qui proposent des cursus intégrés du premier au troisième cycle débouchant sur plus de 140 diplômes binationaux ainsi que des programmes de recherches communs. 5000 étudiants sont inscrits dans un cursus intégré financé par l’UFA. Il existe par ailleurs 2400 coopérations universitaires franco-allemandes.
  • Le Haut Conseil culturel franco-allemand (HCCFA), créé en 1988, est une structure bilatérale et binationale qui regroupe des personnalités et des professionnels français et allemands représentant différents horizons culturels. Le Haut Conseil conseille les gouvernements français et allemands en matière de politique culturelle, il met en œuvre, par l’intermédiaire de ses membres, des initiatives franco-allemandes dans différents domaines de la culture et il encourage notamment par le parrainage (sans aide financière), des initiatives franco-allemandes culturelles remarquables.
  • Le Centre Marc Bloch, fondé en 1992, est un centre de recherche franco-allemand en sciences sociales travaillant dans une perspective pluridisciplinaire. Il consacre une partie de ses activités à l’organisation de colloques ainsi qu’à la formation des chercheurs.
  • la chaîne de télévision ARTE, dont la création a été décidée en 1990 et qui est une chaîne de référence pour la culture aujourd’hui, au-delà de l’Europe.

L’éducation est un champ privilégié de la coopération. La France entretient ainsi un réseau de coopération culturelle, académique, scientifique et technique dense en Allemagne avec 11 Instituts français, 13 structures binationales (centres culturels et antennes franco-allemands), un centre de recherche en histoire (Institut français d’histoire en Allemagne, à Francfort) et 15 établissements d’enseignement français.

Des projets de colocalisation diplomatiques et consulaires viennent renforcer ce rapprochement, tels que la construction d’une ambassade franco-allemande à Dacca (Bangladesh), de même que le développement de colocalisations culturelles (entres culturels français ou Alliances françaises et Instituts Goethe ou associations culturelles allemandes) et scolaires (lycées franco-allemands et Eurocampus franco-allemands à l’étranger).

De nombreuses initiatives bilatérales viennent compléter ce dispositif. On peut citer la mise en place d’une « journée franco-allemande » annuelle le 22 janvier dans les établissements scolaires des deux pays, l’édition d’un manuel d’histoire franco-allemand à l’usage des lycéens en France et en Allemagne, ou encore la stratégie de soutien à des cursus d’apprentissage binationaux.

Une circulaire de coopération diplomatique signée le 7 mai 2018 par les deux ministres des affaires étrangères a permis d’intensifier les liens de nos services diplomatiques. Des réunions conjointes entre les collaborateurs des postes sont régulièrement organisées ; les ambassadeurs et consuls généraux sont invités à mener conjointement des visites de terrain et actions de communication ; le fonds culturel franco-allemand dans les pays tiers (institué en 2003 et doté d’un budget de 500 000€) encourage les services culturels des deux États à organiser des manifestations communes. Les ressources humaines ont mis en place des échanges de personnel au sein de l’administration avec la présence dans les deux États de diplomates d’échange. Ces mesures permettent d’enrichir « la culture diplomatique franco-allemande » grâce à des expériences croisées.

Qualifiée d’historique et d’inédite, l’initiative franco-allemande pour la relance européenne face à la crise du Coronavirus présentée par le Président de la République et la Chancelière le 18 mai 2020 a impulsé une nouvelle dynamique. Ses propositions, reprises par la Commission le 27 mai, ont abouti au Conseil européen le 21 juillet dernier avec un accord sur un plan de relance de 750 Mds€ dont 390Md€ de subventions aux États-membres et aux secteurs financées par un emprunt européen. Cette initiative a marqué une nouvelle étape dans les relations bilatérales franco-allemandes puisque l’Allemagne, alliée des pays « frugaux » et par conséquent traditionnellement opposée à l’idée de tout endettement commun, s’est ralliée à une vision française plus encline à la solidarité.

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