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Tribune conjointe d’Amélie de Montchalin, Michael Roth et Aleš Chmelař dans Politico (18 juin 2020)

« L’Europe ne doit pas être une « LGBT-free zone » »

Amélie de Montchalin est la secrétaire d’État française chargée des affaires européennes. Michael Roth est le ministre d’État allemand pour l’Europe. Aleš Chmelař est le vice-ministre chargé des affaires européennes de la République tchèque.

À l’heure où les peuples s’élèvent contre les discriminations et réclament une plus grande égalité, l’Europe devrait montrer l’exemple.

Et pourtant, en Europe, les cas de discriminations restent trop fréquents. Certains dirigeants nationaux remettant en question les campagnes en faveur des droits LGBTI, il est clair que la situation des personnes LGBTI reste préoccupante.

L’Europe a connu des attaques contre les marches des fiertés, la déclaration de "zones libres de toute idéologie LGBTI+" et l’adoption d’une législation qui interdit aussi bien la reconnaissance légale que certains droits pour les personnes transgenres, entre autres mesures.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté toute mesure conduisant à exclure ou discriminer. Nous sommes en profond désaccord avec toute limitation de l’égalité et des droits de l’Homme, notamment le refus de reconnaître juridiquement l’identité de genre, qui peut évoluer dans le temps.

Nous sommes particulièrement alarmés par les résultats du rapport publié le 14 mai par l’agence des droits fondamentaux de l’Union européenne : 43 % des personnes LGBTQ+ ont été victimes de discriminations au cours des 12 derniers mois, un chiffre en hausse de 6 points par rapport au chiffre publié dans la dernière étude conduite en 2012. Pour les personnes transgenres, ce chiffre a même atteint 60 %.

La lutte en faveur de droits égaux pour tous, et partant, contre les discriminations, les violences et les autres violations des droits de l’Homme exercées à l’encontre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées est une priorité majeure pour nos gouvernements. Nous nous battons en faveur de l’égalité des droits au plan national comme sur la scène internationale par la voie diplomatique, dans nos relations bilatérales comme au sein des enceintes multilatérales. Il en va de notre responsabilité commune de garantir que les valeurs européennes fondamentales sont respectées, protégées et promues.

Nous considérons que cela est d’autant plus important dans le contexte de la pandémie de COVID-19, qui accroît les contraintes pesant sur les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées, car elles font souvent partie des populations qui souffrent le plus de la marginalisation ou de l’exclusion. Aussi l’Allemagne, la France et la République tchèque, en tant que membres de la Coalition pour les droits égaux (CDE), soutiennent-elles pleinement la déclaration commune de la CDE appelant tous les gouvernements à limiter les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les personnes catégorisées sur la base de leur orientation sexuelle réelle ou supposée, de leur identité ou de leur expression de genre, ou de leurs caractéristiques au plan sexuel.

Le respect des droits de l’homme et de la dignité humaine sont des valeurs fondamentales de l’Union européenne, et sont au cœur de notre projet européen. L’UE n’est pas seulement un marché unique ou une union monétaire ; c’est avant tout une union de valeurs communes.

Cela signifie que nous avons le devoir de lutter contre les discriminations de toutes sortes et de veiller au respect de ces valeurs au sein de notre union. Les droits de l’homme et la dignité humaine ne sont protégés que lorsque les droits de chacun sont pleinement respectés, indépendamment de l’origine, de l’ethnicité ou de l’identité sexuelle.

Lors de sa présidence du Comité des ministres du Conseil de l’Europe, en particulier à l’occasion du 25e anniversaire de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance, la France a appelé l’attention sur les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées. L’Allemagne, qui prendra la présidence du Comité des ministres du Conseil de l’Europe en novembre 2020, soutient que les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées font partie intégrante de la politique des droits de l’Homme du Conseil de l’Europe et se penchera en particulier sur le problème des discours de haine, qui prennent souvent pour cibles les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées. La République tchèque soutient ces initiatives conformément aux priorités de sa présidence en 2017 axées sur l’égalité des sexes.

En tant que ministres allemand, français et tchèque, nous demeurerons engagés dans la lutte contre toutes les formes de discriminations, en particulier celles à l’encontre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées. Nous attendons avec intérêt les propositions de la Commission européenne dans les prochains mois concernant une stratégie pour faire progresser l’égalité des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées dans l’UE et nous apporterons tout notre soutien aux mesures prises par l’UE pour protéger et promouvoir nos valeurs communes de respect et de tolérance. Nous sommes prêts à travailler en étroite collaboration avec tous les États membres, parties prenantes et acteurs sur cette question essentielle.

L’UE ne peut être forte que si elle reconnaît ce qu’elle doit à la diversité et permet à chacun d’être ce qu’il veut être et de réaliser son potentiel dans une société européenne diversifiée.

Les discriminations sont une forme de violation des droits de l’homme qui ne devrait avoir lieu nulle part dans le monde. Nous sommes toutefois fermement convaincus que l’Europe doit avoir un rôle de premier plan dans la protection et de la promotion de l’égalité pour tous.

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