Le couple franco-allemand

74ème Sommet franco-allemand à Paris - Déclaration conjointe (30 novembre 1999)

I- Au seuil du XXIème siècle, la France, l’Allemagne et l’Europe toute entière, font face à de nouveaux défis posés, dans un contexte de croissance retrouvée, par la globalisation et par les mutations structurelles de l’économie, du travail, des technologies et de la société. Des efforts communs de nos gouvernements avec la participation des acteurs économiques et des partenaires sociaux doivent donner de nouvelles chances aux jeunes et aux actifs d’y faire face. Plus que jamais, la formation, l’emploi et la qualification professionnelle sont donc des questions centrales pour l’Europe, décisives pour la capacité d’innovation de nos systèmes économiques et pour l’avenir de nos citoyens.

La lutte contre le chômage s’inscrit en tête des priorités des pouvoirs publics de nos deux pays qui soutiennent la stratégie européenne pour l’emploi. La formation et la qualification professionnelles en sont un aspect fondamental. Nos deux pays soutiennent les initiatives européennes pour l’emploi. Des premiers succès en matière d’insertion économique et sociale des jeunes sont déjà sensibles. Il s’agit de conforter ensemble cette dynamique.

D’ores et déjà, la France et l’Allemagne coopèrent étroitement depuis 1980 dans le domaine de la formation professionnelle, en s’appuyant sur une commission d’experts, le Secrétariat franco-allemand pour les échanges professionnels et l’Office franco-allemand pour la jeunesse. Plusieurs dizaines de milliers de jeunes ont ainsi participé à des échanges dans ce domaine.

Aujourd’hui, nous sommes convaincus que par des mesures de coopération franco-allemande, nous renforçons la capacité de nos jeunes et de nos actifs à s’insérer dans le monde du travail, tout en consolidant la place de nos deux pays et de l’Europe dans la compétition mondiale de la capacité et de la créativité et en contribuant, grâce aux valeurs que nous avons en commun, à l’émergence d’un modèle social européen.

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II- C’est pourquoi nous, Chefs d’Etat et de gouvernement de la France et de l’Allemagne, avons décidé de donner de nouvelles impulsions à notre coopération, pour soutenir, par l’éducation et la formation professionnelle, notre combat commun contre le chômage des jeunes et pour l’accès de tous à l’emploi. A l’issue du travail mené, dans le cadre de ce sommet et à notre demande, par le ministre français de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie, par la secrétaire d’Etat française aux Droits des femmes et à la formation professionnelles, par le plénipotentiaire allemand pour les relations culturelles franco-allemandes et par la ministre allemande de la Formation et de la Recherche, les sujets suivants ont été choisis comme thèmes d’une coopération franco-allemande renforcée, qui nous permettra de progresser ensemble de façon plus systématique et plus rapide :

1 - Rapprocher nos plans d’action en matière d’insertion des jeunes

Afin d’élargir nos possibilités de coopération et de tirer réciproquement profit de nos expériences, nos mesures et programmes nationaux d’insertion et d’accès à la qualification seront comparés et évalués.

A cette fin, les échanges existants incluront davantage de responsables des programmes de formation et de qualification professionnelle (formateurs, enseignants, praticiens).

2 - Multiplier les échanges, accroître la mobilité dans le cadre de la formation professionnelle.

L’intensification recherchée de la coopération entre nos deux pays passe par l’augmentation du nombre des échanges. A cette fin, nos deux pays s’attacheront à créer des conditions favorables :

  • l’augmentation des offres de stages par les entreprises sera encouragée par des mesures adéquates,
  • les stages à l’étranger seront davantage intégrés dans la formation professionnelle initiale,
  • le développement des réseaux régionaux et locaux, dont le rôle opérationnel pour le développement des stages est essentiel, sera encouragé,
  • les échanges seront étendus à des nouveaux publics, par exemple les bénéficiaires des programmes français "nouveaux services emplois jeunes" et du programme allemand d’action d’urgence pour l’emploi des jeunes,
  • les obstacles à la mobilité seront recensés, une action systématique visant à leur élimination sera entreprise,
  • l’apprentissage de la langue du partenaire, qui constitue un préalable à la réussite des programmes d’échanges, sera facilité par la mise en place de méthodes adaptées, dans un cadre professionnel,
  • des qualifications franco-allemandes complémentaires spécialisées seront davantage développées. 3. Relever le défi des qualifications de demain

Le développement de l’emploi dans de nouveaux domaines fournit de nouvelles chances pour les jeunes et les adultes mais place la formation professionnelle devant une exigence de renouvellement. Décidées à y répondre ensemble, la France et l’Allemagne prépareront en coopération un bilan prospectif des nouveaux profils de qualification dans des secteurs innovants, en particulier les technologies de l’information et de la communication et les services.

4. Promouvoir la formation tout au long de la vie

Conscientes que la formation tout au long de la vie constitue de nos jours une adaptation indispensable au rythme rapide de mutation de l’environnement technologique et professionnel, nos deux pays :

  • intensifieront leur coopération en matière d’élaboration des stratégies de formation initiale et continue,
  • amélioreront leurs échanges d’expérience et l’information réciproque dans le domaine de la formation tout au long de la vie (et en particulier sur le site Internet commun "réseau franco-allemand"),
  • auront pour objectif que les projets-pilotes dans le cadre des programmes communautaires de formation LEONARDO et SOCRATES reçoivent un plus grand soutien,
  • renforceront la coopération sur l’enseignement assisté par les médias, la formation ouverte et à distance notamment en ouvrant la formation continue au partenaire,
  • offriront l’expertise acquise en franco-allemand dans le domaine de la formation continue à des pays-tiers, notamment dans la perspective de l’élargissement de l’Union européenne.
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