Le couple franco-allemand

34ème Sommet franco-allemand à Bonn (2 octobre 1979) - Déclaration finale

Mesdames, Messieurs, je voudrais, après le chancelier, vous dire un mot du contenu de ce 34e Sommet franco-allemand auquel j’ai eu le privilège de participer accompagné du Premier ministre, M. Raymond Barre, et de plusieurs membres du gouvernement français.

SALT


Les sujets qui ont été évoqués viennent d’être décrits par le chancelier. J’ajouterai les brefs commentaires suivants :

Sur le plan international, nous avons en effet évoqué la question de la ratification du 2e accord sur la limitation des armements stratégiques, l’accord SALT 2. Nous jugeons l’un et l’autre que la ratification de cet accord et son entrée en vigueur sont souhaitables, quels que soient par ailleurs les problèmes qui se posent sur la scène internationale. Nous avons donc confirmé notre jugement sur l’utilité de la ratification de cet accord.

Energie


Nous avons parlé des problèmes de l’énergie et nous avons pris acte de la réunion positive des ministres des sept pays du Sommet de Tokyo, à Paris la semaine dernière. Ils ont traduit en décisions concrètes, notamment en plafonds chiffrés, les engagements de limitation de la consommation et des importations d’énergie que nous avions décidés à Tokyo au mois de juin dernier. En même temps j’ai souligné l’importance de la mise en application de l’ensemble des décisions de Tokyo et notamment du développement des sources nationales alternatives d’énergie. C’est pourquoi la France poursuit, vous le savez, son programme de production d’électricité nucléaire et elle souhaite que l’ensemble des pays participant au Sommet prenne également des décisions, en ce qui concerne le développement des sources nationales d’énergie, qui soient cohérentes avec les intentions de Tokyo.

SME


Sur le plan communautaire, il y a un an nous étions à Aix-la-Chapelle, à l’invitation du chancelier Schmidt, et nous préparions l’entrée en vigueur du système monétaire européen. Aujourd’hui nous constatons que ce système monétaire existe, qu’il résiste aux différentes situations ou tensions qui s’observent sur les marchés internationaux et que le premier ajustement intérieur de ce système s’est effectué sans que celui-ci en ait été aucunement ébranlé, ce qui a montré la solidité et la qualité des dispositions qui avaient été arrêtées. En même temps nous avons noté, vous avez noté, que cette mise à jour du système monétaire européen n’a entraîné nulle part une augmentation des montants compensatoires monétaires, mais au contraire s’est accompagné d’une réduction de certains de ceux-ci et d’une stabilisation des autres. Le système monétaire européen a donc bien résisté à son premier examen de passage.

Relations bilatérales


Sur les affaires bilatérales évoquées par le chancelier je soulignerai l’importance de l’accord auquel nous sommes parvenus en ce qui concerne la construction, puis la production de satellites de télévision directe. Il s’agit essentiellement pour nous d’une nouvelle technologie pour laquelle sans doute les perspectives du marché mondial seront importantes et vis-à-vis de laquelle il est souhaitable que les industries françaises et allemandes se présentent de manière coordonnée. Ainsi successivement dans de grands domaines d’avenir qu’est l’aviation, par la construction d’Airbus, qu’est l’espace, par l’utilisation de la fusée Ariane, que seront les moyens de télécommunications ou de télévision, il y aura des actions coordonnées technologiques franco-allemandes. Ainsi peu à peu se développera entre nos industries, entre nos chercheurs, ce haut niveau de coopération que nous jugeons souhaitable. Quant aux conséquences nationales de l’utilisation de telles technologies, elles doivent être examinées avec le plus grand soin et dans le cadre des compétences de nos gouvernements ou des instances qui auront à en délibérer.

Je signalerai aussi la présence des deux ministres de la Famille, Mme le ministre allemand chargé des problèmes de la famille, Mme Pelletier qui faisait partie de la délégation, car pour la première fois les problèmes de la démographie et de la famille ont fait l’objet d’un premier examen dans le cadre de nos sommets franco-allemands. C’est que nous attachons de part et d’autre du Rhin une grande importance à ces problèmes de la population, de la démographie et de la famille et je souhaite que nos expériences à cet égard sur l’analyse de la situation et sur le choix des mesures à adopter se poursuivent de façon régulière.

Enfin, comme l’a dit le chancelier, nous avons fixé le prochain sommet en France au mois de février 1980 et j’ai accepté l’invitation à me rendre en visite officielle en République fédérale d’Allemagne ; la date devra être recherchée, mais je pense qu’elle se situera aux alentours du sommet franco-allemand qui se tiendra en Allemagne fédérale à la fin du printemps de 1980.

Je pense comme l’a dit le chancelier en conclusion que la cordialité et l’intimité des relations qui se sont établies entre les hautes autorités politiques de l’Allemagne fédérale et de la France, chancelier, président de la République, membres des deux gouvernements, rendent un grand service à la fois à nos deux peuples, le peuple allemand et le peuple français, à la communauté européenne dont nous examinons les problèmes et les perspectives tout en réservant bien entendu aux instances communautaires, les décisions qui leur reviennent et également à la communauté internationale tout entière car nous apportons par notre coopération et nos relations un élément de stabilité dans le monde tel qu’il est, un monde qui en a et qui en aura sans doute dans les années à venir bien besoin.

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