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L’actualité

9 août
2020

Déplacement de Clément Beaune en Seine et Marne sur le thème de l’Europe et la Jeunesse (7 août 2020)

Le secrétaire d’État chargé des affaires européennes Clément Beaune s’est rendu le 7 août 2020 en Seine-et-Marne à la rencontre de jeunes, afin d’échanger avec eux sur l’Europe. Ces jeunes Français et Allemands effectuent un séjour linguistique « Tandem » soutenu par l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ). Outre l’amélioration des compétences linguistiques, ces séjours permettent, à travers de multiples activités, de favoriser l’apprentissage interculturel.

Les jeunes d’aujourd’hui sont les citoyens européens de demain.

Les jeunes sont les futurs acteurs de la construction européenne. Il est donc primordial de favoriser les échanges entre jeunes européens ainsi que de développer leurs connaissances pour mieux comprendre l’Europe, ses valeurs, les acteurs de sa construction et réfléchir à son avenir.

Il est également important de faire connaitre les dispositifs et programmes qui s’offrent à eux pour effectuer des périodes d’études, de stage ou bénéficier d’expériences professionnelles en Europe ou dans le monde.

Dispositifs européens de soutien à la mobilité des jeunes

Ces dispositifs européens s’inscrivent dans la ligne des priorités françaises, et notamment de l’objectif de renforcement de la mobilité des jeunes fixé par le Président de la République dans son discours de la Sorbonne. En 2024, la moitié d’une classe d’âge doit avoir passé, avant ses 25 ans, au moins six mois dans un autre pays européen - qu’il soit étudiant ou apprenti.

1. La garantie européenne pour la jeunesse soutient l’emploi et la formation des jeunes.

Mise en place en 2014, la garantie européenne pour la jeunesse est un dispositif de soutien à l’emploi et la formation des jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation (« NEET »). Son but est de proposer à ces jeunes une solution de qualité (emploi, formation continue, stage ou apprentissage) dans les quatre mois qui suivent leur perte d’emploi ou leur sortie de l’enseignement formel.

2. Le programme Erasmus+ soutient la mobilité des jeunes

Le programme Erasmus+ permet de financer plusieurs actions en faveur de la mobilité des jeunes :
- L’octroi de bourses permet d’effectuer une période d’études ou un stage dans un autre pays européen.
- Les masters Erasmus Mundus, mis en œuvre par un consortium d’établissements d’au moins trois pays, accordent des bourses sur deux années maximum aux meilleurs étudiants du monde entier.
- Erasmus+ offre la possibilité de demander un prêt pour suivre un master à l’étranger.
- La mobilité internationale des crédits permet à des étudiants d’effectuer une mobilité d’études ou de stage vers ou à partir des pays partenaires du programme Erasmus.

Le futur programme Erasmus+ offrira plus de possibilités de mobilité à des fins d’apprentissage et se veut plus accessible aux jeunes moins favorisés.

Pour la période 2021-2027, le budget du programme Erasmus+ augmentera de 75%. Il s’élevait à 13,8 milliards d’euros pour la période 2014-2020 et atteindra 24 milliards d’euros pour la période 2021-2027 (hors Royaume-Uni).

3. Le Corps européen de solidarité soutient la mobilisation des jeunes en faveur d’activités de solidarité.

Le Corps européen de solidarité vise à renforcer la mobilisation des jeunes et des organisations en faveur d’activités de solidarité accessibles à tous les jeunes. Il est ouvert aux jeunes de 18 à 30 ans et a pour objectif de faire participer davantage les jeunes à des activités de solidarité. Dans ce cadre peuvent être financés du volontariat, des stages ou des emplois allant de deux semaines à douze mois.

Séjour Tandem et activités franco-allemandes soutenues par l’OFAJ

Clément Beaune a rencontré des jeunes Français et Allemands, de 15 à 17 ans, qui passent d’abord une semaine à La Rochette en Seine-et-Marne, puis se rendront à Berlin. Pendant ce séjour, la rencontre binationale permet non seulement un apprentissage linguistique, mais elle favorise également l’ouverture vers la culture et la langue de l’autre en contribuant au renforcement de la connaissance interculturelle.

L’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) soutient chaque année plus de 8000 programmes pour les 3 à 30 ans : échanges scolaires ou universitaires, stages, rencontres sportives ou culturelles, projets d’engagement, cours de langue, offres d’emploi, formations interculturelles…Les sujets des différentes rencontres sont très variés :

- l’Europe (approches historiques / mémoire, réflexions sur l’avenir, l’Europe des régions)
- le sport
- l’environnement, l’éco-responsabilité et le développement durable
- la participation des jeunes à la vie politique et sociale.

Pour en savoir plus : https://www.ofaj.org/

7 août
2020

Déclaration commune des ministres des affaires étrangères du Triangle de Weimar à la veille des élections présidentielles en Biélorussie (7 août 2020)

Nous, Ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et de la Pologne, observons avec une vive inquiétude les développements en cours en Biélorussie. À la veille de l’élection présidentielle, nous défendons fermement le droit du peuple biélorusse à exercer ses libertés fondamentales, y compris ses droits électoraux, et soutenons l’indépendance et la souveraineté de la République de Biélorussie.

Nous sommes par conséquent préoccupés par le fait que ni le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE, ni l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, ni celle du Conseil de l’Europe n’aient eu l’occasion d’observer le processus électoral. Par conséquent, nous exhortons les autorités biélorusses à conduire l’élection présidentielle de manière libre et équitable, notamment en assurant une observation indépendante du scrutin par des observateurs locaux. Nous avons pris note des informations inquiétantes faisant état d’irrégularités électorales lors du vote anticipé.

La Biélorussie est un voisin important de l’Union européenne et un membre actif du Partenariat oriental. Nos relations au cours de la dernière décennie ont été marquées par un dialogue difficile mais prometteur et une coopération pratique. Nous croyons en l’établissement de liens plus étroits entre la Biélorussie et son peuple et l’Union européenne, fondés sur le respect des valeurs démocratiques communes, y compris les libertés civiles et le respect de l’État de droit.

Beaucoup a déjà été accompli grâce à nos efforts conjoints. Nous sommes préoccupés par le fait que nos réalisations communes ne soient pas remises en cause. Nous appelons les dirigeants biélorusses à libérer tous les prisonniers détenus pour des motifs politiques, à s’abstenir de toute violence ou de toute activité dirigée contre les droits de l’Homme, y compris les libertés civiques et politiques, et à respecter la volonté du peuple biélorusse. Il n’y a pas d’autre voie pour renforcer l’indépendance de la Biélorussie que celle d’un dialogue social authentique et inclusif.

22 juillet
2020

Jour historique pour l’Europe ! (21 juillet 2020)

Pour la première fois, l’Europe va mettre en œuvre un plan de relance fondé sur la solidarité pour faire face à la crise et répondre aux défis sociaux, économiques et écologiques.

Écoutez le Président Emmanuel Macron et la Chancelière Angela Merkel :

Pour plus d’informations : https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/07/21/jour-historique-pour-leurope

7 juillet
2020

Lancement du Forum franco-allemand pour l’avenir (7 juillet 2020)

Créé par le traité d’Aix-la-Chapelle signé en 2019 par Emmanuel Macron, président de la République française, et Angela Merkel, chancelière fédérale allemande, le Forum franco-allemand pour l’avenir réunit des acteurs économiques et sociaux engagés dans les transformations des deux pays pour élaborer ensemble des propositions innovantes pour la conduite des politiques publiques. Une telle réflexion conjointe sur l’avenir que nous voulons apparaît encore plus nécessaire dans le contexte de la crise sanitaire.

France Stratégie, en France, et l’Institute for Advanced Sustainability Studies de Potsdam (IASS), en Allemagne, assurent conjointement le Secrétariat de ce Forum, aux côtés d’un Comité d’orientation composé de seize membres (8 français, 8 allemands), représentants des deux gouvernements, des parlements nationaux, de la société civile, des partenaires sociaux et du monde de la recherche.

Le Comité d’orientation s’est réuni pour la première fois hier mardi 7 juillet 2020 et a adopté le programme de travail pour 2020/2021. La transition écologique et la résilience économique et sociale seront les premiers thèmes explorés dans ce cadre, en s’appuyant sur les expériences territoriales des deux pays. Les prochains rendez-vous du Forum réuniront donc des acteurs qui, en France et en Allemagne, agissent et réfléchissent sur ces thèmes dans une démarche ancrée dans les territoires et axée sur l’innovation, l’implication des citoyens, et les enseignements tirés des expériences réussies.

En s’appuyant sur des expériences concrètes menées dans des territoires français et allemands, et sur un dialogue approfondi impliquant les acteurs de terrain, le Forum analysera les enjeux environnementaux, sociaux, sociétaux et économiques, pour développer une vision et des perspectives communes, et formuler des propositions pouvant déboucher sur de nouvelles politiques publiques.

1er juillet
2020

IMAJINA - un projet franco-allemand pour l’intégration personnelle et professionnelle des jeunes adultes du Sud de la France (1er juillet 2020)

Le cœur de ce projet est de compléter les projets traditionnels d’échange de jeunes dans le cadre de la coopération franco-allemande par l’aspect de l’insertion professionnelle. Dans le sud de la France et en particulier dans la région de Marseille, il y a un grand nombre de jeunes qui manquent de perspectives professionnelles et qui ont un accès difficile au marché du travail. L’objectif du projet est donc d’améliorer sensiblement les possibilités de formation et d’emploi de ces jeunes adultes dans la région de Marseille, en leur faisant bénéficier d’un stage de deux mois en Allemagne, où la formation professionnelle est reconnue de qualité.

Cet objectif est également le point de départ du nom du projet : Insertion par la Mobilité, l’Apprentissage et le Jobcoaching : Investissons dans Notre Avenir ! Le mot "imaginer" joue également un rôle particulier dans le nom du projet : le but du projet est aussi et surtout de donner aux jeunes participants la confiance en soi nécessaire et de les encourager à chercher des occasions de prendre conscience de leurs propres capacités en dehors de la réalité de leur vie quotidienne - ce qui semble impossible peut être possible et chacun a des idées et des rêves qui valent la peine d’être poursuivis.

Le projet pilote de 2018 Imajina, destiné à 16 jeunes femmes et hommes qui n’étaient ni en études, en emploi ou en formation (NEET), a été financé par le ministère allemand des affaires étrangères à Berlin via le Consulat Général d’Allemagne à Marseille, par la préfecture du département des Bouches-du-Rhône, et soutenu par l’Office franco-allemand pour la Jeunesse. Le projet Imajina a été développé par deux organisations. L’ONG “Eurocircle”, dont l’objectif principal est le développement de projets européens et la mobilité internationale des jeunes, en coopération avec l’association "Une Terre Culturelle", qui a de longues années d’expérience dans les échanges franco-allemands et euro-méditerranéens et dans les projets de mobilité interculturelles, basée dans les quartiers nords de Marseille.

Outre l’élément central du stage de deux mois en entreprise en Allemagne, ce projet pilote comprenait une phase de préparation et une phase de suivi au retour. La préparation consistait en un cours intensif de langue allemande, d’un "stage de découverte" de trois jours à Marseille et d’une formation interculturelle. Dans la phase de suivi au retour, l’expérience à l’étranger, les compétences développées et les possibilités qui s’offrent aux participants sont valorisées et évaluées.

Le projet Imajina+ se déroule entre septembre 2019 et décembre 2020 et s’adresse à 48 jeunes adultes de la région marseillaise. Imajina+ est cofinancé par la Commission européenne via le Corps Européen de Solidarité, par le Ministère allemand des affaires étrangères et la Préfecture des Bouches du Rhône, et est mis en oeuvre par Eurocircle et Une Terre Culturelle en étroite collaboration avec la Mission Locale de Marseille. Le projet se déroule en 4 sessions de 12 participants. Les sessions sont organisées en alternance par Eurocircle ou par Une Terre Culturelle. La Mission Locale est le point de contact central pour les jeunes entre 18 et 25 ans en ce qui concerne la question de l’intégration professionnelle.

Les conseillers de la Mission Locale agissent donc en tant qu’experts dans ce domaine et en tant que médiateurs pour diriger les participants potentiels à Eurocircle et à Une Terre Culturelle. Les deux associations organisent ainsi un mois de préparation avant le départ et la phase de suivi au retour, et, avec les organisations partenaires allemandes respectives, le stage de deux mois dans différentes villes allemandes. Contrairement au projet pilote précédent, la coopération avec la Mission Locale a été considérablement élargie avec Imajina+ et, grâce à son implication, l’aspect de l’accompagnement professionnel dans la phase de suivi a été étendu en simulant des entretiens d’embauche et des ateliers sur l’analyse du potentiel et la recherche d’emploi.

En raison du succès d’Imajina et d’Imajina+, Eurocircle et Une Terre Culturelle est actuellement en train d’élargir et de perfectionner le projet : dans le cadre du projet Imajina 3, un accompagnement professionnel encore plus personnalisé et adapté aux besoins individuels sera mis en place et constitue déjà une partie centrale de la phase de préparation.

Pour cette raison, et afin de pouvoir donner des cours d’allemand plus intensifs, la phase de préparation sera prolongée d’au moins deux semaines. En outre, Imajina 3 sera élargi pour inclure le caractère d’un projet d’échange interculturels et ainsi de permettre à de jeunes adultes allemands du même âge et dans des situations similaires de se rencontrer.

29 juin
2020

Album photos "L’Allemagne à Paris" (29 juin 2020)

A l’occasion de la visite du Président de la République en Allemagne, le 29 juin 2020, nos photographes ont parcouru la capitale française afin de capturer les lieux emblématiques de Paris qui évoquent la richesse de la relation entre la France et l’Allemagne.

Paris 10ème, Tante Emma Laden est la référence incontournable à Paris pour tous les amateurs de gastronomie d’outre-Rhin ! Charcuterie, bières et vins allemands, confiseries, pain, Knödel, cornichons, choux rouge sont à l’honneur.

Pan du mur de Berlin : Depuis sa chute le 9 novembre 1989, le mur de Berlin a été segmenté et éparpillé aux quatre coins du monde. Il existe plusieurs pans du mur à Paris, dont celui-ci sur le Boulevard des Maréchaux, dans le 15ème arrondissement.


Retrouvez toutes les photos : album complet :
https://www.flickr.com/photos/francediplomatie/albums/72157714902509873

© Jonathan SARAGO et Judith LITVINE / MEAE

22 juin
2020

Déplacement de Jean-Yves Le Drian à Berlin (19 juin 2020)

Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, s’est rendu le 19 juin à Berlin, à l’invitation de son homologue allemand, Heiko Maas, ministre fédéral des affaires étrangères, pour des consultations bilatérales puis une réunion ministérielle en format E3 avec leur homologue britannique, Dominic Raab consacrée au dossier iranien.

Cette visite en Allemagne s’est inscrite dans le droit fil de l’étroite concertation qui a prévalu entre les deux ministres ces derniers mois dans le contexte de la crise sanitaire. Après la levée des restrictions de circulation à notre frontière commune, le ministre et son homologue se sont concertés sur les modalités de la levée progressive des contrôles aux frontières extérieures de l’Union européenne à compter du 1er juillet, si la situation sanitaire le permet et suite aux propositions de la Commission européenne.

Cette visite est intervenue également peu de temps avant le début de la présidence allemande du Conseil des ministres de l’Union européenne au deuxième semestre 2020. Jean-Yves Le Drian a abordé avec son homologue allemand les grandes questions européennes et internationales d’actualité et échangera sur les perspectives de coopération renforcée entre nos deux pays dans le cadre des priorités que l’Allemagne souhaite mettre en avant au cours du prochain semestre. S’agissant des dossiers internationaux, le ministre a évoqué en particulier la situation au Sahel, le processus de paix au Proche-Orient, la relation avec la Turquie et la situation en Méditerranée orientale, les dossiers libyen et iranien, ainsi que la relation entre l’Union européenne et la Chine.

Les deux ministres ont discuté par ailleurs de la coopération entre l’Allemagne et la France aux Nations unies, alors que l’Allemagne assurera en juillet, après la France en juin, la présidence du Conseil de sécurité, ainsi que sur leur action commune en faveur du renforcement du système multilatéral et de l’architecture mondiale de santé.

La réunion ministérielle en format E3 consacrée au dossier iranien a été l’occasion d’un échange sur la stratégie européenne des prochains mois. Dans ce cadre, Jean-Yves Le Drian a souligné notre objectif de préservation de l’accord nucléaire de Vienne de 2015, qui est essentiel dans l’architecture globale de non-prolifération, et notre volonté partagée que l’Iran respecte ses obligations en la matière. Le ministre a évoqué également notre coopération dans le cadre de l’Agence internationale de l’énergie atomique, le soutien que nous continuons d’apporter à l’AIEA et nos attentes à l’égard de l’Iran dans sa coopération entière et sans délai avec l’Agence.

18 juin
2020

Tribune conjointe d’Amélie de Montchalin, Michael Roth et Aleš Chmelař dans Politico (18 juin 2020)

« L’Europe ne doit pas être une « LGBT-free zone » »

Amélie de Montchalin est la secrétaire d’État française chargée des affaires européennes. Michael Roth est le ministre d’État allemand pour l’Europe. Aleš Chmelař est le vice-ministre chargé des affaires européennes de la République tchèque.

À l’heure où les peuples s’élèvent contre les discriminations et réclament une plus grande égalité, l’Europe devrait montrer l’exemple.

Et pourtant, en Europe, les cas de discriminations restent trop fréquents. Certains dirigeants nationaux remettant en question les campagnes en faveur des droits LGBTI, il est clair que la situation des personnes LGBTI reste préoccupante.

L’Europe a connu des attaques contre les marches des fiertés, la déclaration de "zones libres de toute idéologie LGBTI+" et l’adoption d’une législation qui interdit aussi bien la reconnaissance légale que certains droits pour les personnes transgenres, entre autres mesures.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté toute mesure conduisant à exclure ou discriminer. Nous sommes en profond désaccord avec toute limitation de l’égalité et des droits de l’Homme, notamment le refus de reconnaître juridiquement l’identité de genre, qui peut évoluer dans le temps.

Nous sommes particulièrement alarmés par les résultats du rapport publié le 14 mai par l’agence des droits fondamentaux de l’Union européenne : 43 % des personnes LGBTQ+ ont été victimes de discriminations au cours des 12 derniers mois, un chiffre en hausse de 6 points par rapport au chiffre publié dans la dernière étude conduite en 2012. Pour les personnes transgenres, ce chiffre a même atteint 60 %.

La lutte en faveur de droits égaux pour tous, et partant, contre les discriminations, les violences et les autres violations des droits de l’Homme exercées à l’encontre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées est une priorité majeure pour nos gouvernements. Nous nous battons en faveur de l’égalité des droits au plan national comme sur la scène internationale par la voie diplomatique, dans nos relations bilatérales comme au sein des enceintes multilatérales. Il en va de notre responsabilité commune de garantir que les valeurs européennes fondamentales sont respectées, protégées et promues.

Nous considérons que cela est d’autant plus important dans le contexte de la pandémie de COVID-19, qui accroît les contraintes pesant sur les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées, car elles font souvent partie des populations qui souffrent le plus de la marginalisation ou de l’exclusion. Aussi l’Allemagne, la France et la République tchèque, en tant que membres de la Coalition pour les droits égaux (CDE), soutiennent-elles pleinement la déclaration commune de la CDE appelant tous les gouvernements à limiter les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur les personnes catégorisées sur la base de leur orientation sexuelle réelle ou supposée, de leur identité ou de leur expression de genre, ou de leurs caractéristiques au plan sexuel.

Le respect des droits de l’homme et de la dignité humaine sont des valeurs fondamentales de l’Union européenne, et sont au cœur de notre projet européen. L’UE n’est pas seulement un marché unique ou une union monétaire ; c’est avant tout une union de valeurs communes.

Cela signifie que nous avons le devoir de lutter contre les discriminations de toutes sortes et de veiller au respect de ces valeurs au sein de notre union. Les droits de l’homme et la dignité humaine ne sont protégés que lorsque les droits de chacun sont pleinement respectés, indépendamment de l’origine, de l’ethnicité ou de l’identité sexuelle.

Lors de sa présidence du Comité des ministres du Conseil de l’Europe, en particulier à l’occasion du 25e anniversaire de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance, la France a appelé l’attention sur les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées. L’Allemagne, qui prendra la présidence du Comité des ministres du Conseil de l’Europe en novembre 2020, soutient que les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées font partie intégrante de la politique des droits de l’Homme du Conseil de l’Europe et se penchera en particulier sur le problème des discours de haine, qui prennent souvent pour cibles les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées. La République tchèque soutient ces initiatives conformément aux priorités de sa présidence en 2017 axées sur l’égalité des sexes.

En tant que ministres allemand, français et tchèque, nous demeurerons engagés dans la lutte contre toutes les formes de discriminations, en particulier celles à l’encontre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées. Nous attendons avec intérêt les propositions de la Commission européenne dans les prochains mois concernant une stratégie pour faire progresser l’égalité des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées dans l’UE et nous apporterons tout notre soutien aux mesures prises par l’UE pour protéger et promouvoir nos valeurs communes de respect et de tolérance. Nous sommes prêts à travailler en étroite collaboration avec tous les États membres, parties prenantes et acteurs sur cette question essentielle.

L’UE ne peut être forte que si elle reconnaît ce qu’elle doit à la diversité et permet à chacun d’être ce qu’il veut être et de réaliser son potentiel dans une société européenne diversifiée.

Les discriminations sont une forme de violation des droits de l’homme qui ne devrait avoir lieu nulle part dans le monde. Nous sommes toutefois fermement convaincus que l’Europe doit avoir un rôle de premier plan dans la protection et de la promotion de l’égalité pour tous.

9 juin
2020

Libye - Déclaration conjointe (9 juin 2020)

Déclaration conjointe du Haut représentant de l’Union européenne et des ministres des affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et de l’Italie (9 juin 2020)

À la suite des engagements constructifs pris au Caire le 6 juin dernier portant sur l’arrêt des combats, la reprise du dialogue et la conclusion d’un cessez-le-feu dans le cadre du comité militaire mixte 5+5, le Haut représentant de l’Union européenne et les Ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et de l’Italie appellent instamment toutes les parties libyennes et internationales à faire cesser de manière effective et immédiate toutes les opérations militaires et à s’engager de façon constructive dans les négociations en format 5+5, sur la base du projet d’accord du 23 février.

Ces efforts doivent conduire toutes les parties à s’entendre rapidement, dans le cadre du comité 5+5, sur un accord de cessez-le-feu prévoyant notamment le retrait de toutes les régions de Libye de l’ensemble des forces étrangères, des mercenaires et des équipements militaires livrés en violation de l’embargo sur les armes des Nations Unies, ainsi qu’à prendre part de manière constructive à tous les volets du dialogue inter-libyen mené sous l’égide des Nations Unies, afin d’avancer vers un accord politique global dans le cadre des paramètres agréés à Berlin.

23 mai
2020

France et Allemagne : "Reprenez le dialogue avec la médiation de l’UE maintenant !" (23 mai 2020)

"Le coronavirus a totalement bouleversé nos vies quotidiennes, avec le risque d’accentuer les conflits, les vulnérabilités et les inégalités déjà à l’œuvre en Europe et dans le monde depuis plusieurs années. Nous sommes bien conscients de ce risque et nous sommes déterminés à le prévenir ensemble grâce à une coopération internationale et européenne accrue.

Cette crise nous fait également voir nos conflits anciens et nos batailles internes sous un angle nouveau. Elle nous montre ce que nous devons changer. Et par « nous », nous entendons l’Europe tout entière, les États membres de l’Union européenne et les pays qui sont sur la voie qui mène à l’adhésion à notre union. Aucune région n’est plus proche de l’UE que les six pays des Balkans occidentaux, que ce soit géographiquement, historiquement, politiquement ou par nos relations humaines.

C’est la raison pour laquelle nous nous adressons aujourd’hui à nos partenaires dans les Balkans occidentaux. Cette crise nous concerne tous. Ce virus ne connaît pas de frontières. Notre réponse doit donc être transfrontalière. Dès le mois de mars, l’Union européenne a annoncé un paquet de mesures de soutien aux Balkans occidentaux pour répondre aux besoins immédiats dans le secteur de la santé et pour soutenir le redressement social et économique de la région. Le sommet entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux, qui s’est tenu le 6 mai pendant la présidence croate de l’UE, a renforcé ce message fort de solidarité. Jusqu’ici, plus de 3,3 milliards d’euros ont été mobilisés au bénéfice des Balkans occidentaux. Ce soutien va bien au-delà de ce que toute autre partenaire a fait pour la région. Outre cette série de mesures sans précédent, l’UE propose également son aide en facilitant la libre circulation des marchandises, en autorisant notamment un flux commercial sa ns restrictions des équipements de protection comme les masques et les gants, et en établissant des voies réservées pour faciliter le trafic transfrontalier entre l’Union européenne et les Balkans occidentaux. Les États membres complètent le soutien de l’Union européenne de manière bilatérale. L’Allemagne prévoit d’apporter à la région 10 millions d’euros supplémentaires et l’Agence française de développement entend accroître ses engagements financiers pour faire face aux conséquences de cette crise.

Notre réponse souligne notre engagement envers les Balkans occidentaux et la perspective européenne de la région. Malgré le confinement, les dirigeants européens sont convenus, le 25 mars, d’une nouvelle méthodologie de l’élargissement, plus efficace et avec un engagement politique accru de toutes les parties, afin de mieux soutenir le processus de réformes que tous les pays doivent entreprendre avant leur adhésion à l’Union. Ils ont également décidé d’ouvrir les négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du Nord.

Avec la Serbie et le Kosovo, nous sommes déterminés à lever tous les obstacles qui subsistent. La situation non résolue entre les deux pays demeure un facteur de déstabilisation pour les Balkans occidentaux dans leur ensemble et représente, à ce titre, un enjeu de sécurité européenne. Elle retarde l’indispensable développement économique et ralentit les progrès politiques. À cet effet, les États membres de l’UE ont désigné un diplomate parmi les plus expérimentés de l’Union, Miroslav Lajcak, comme représentant spécial pour le dialogue entre Belgrade et Pristina et les autres questions régionales. La France et l’Allemagne sont prêtes à lui apporter, à lui et à son équipe, tout leur soutien politique, diplomatique et économique. En avril 2019, la chancelière Merkel et le président Macron ont invité les dirigeants de la région à un sommet à Berlin. Maintenant que Miroslav Lajcak a pris ses fonctions, il est grand temps que le dialogue reprenne. L’objectif doit être de parveni r à un accord durable, global et juridiquement contraignant entre Belgrade et Pristina qui règle toutes les questions en suspens et contribue à la stabilité régionale. Le président Macron a déclaré qu’il était prêt à organiser un second sommet à Paris. Cependant, la volonté de dialogue reste un préalable indispensable.

Nous sommes conscients des nombreuses questions en suspens qui doivent être réglées avant de parvenir à un accord. Il n’y a pas de solution simple ni rapide. Une approche sérieuse requiert des négociations approfondies et bien structurées, l’UE jouant le rôle de facilitateur de bonne foi. Une médiation et une détermination politique plus fortes sont nécessaires, et c’est cela que Miroslav Lajcak et son équipe peuvent apporter, avec le soutien du Haut-représentant Josep Borrell, ainsi que de Berlin et de Paris.

Il est encourageant de voir avec quel pragmatisme le Kosovo et la Serbie ont engagé la lutte contre le coronavirus de part et d’autre de la frontière. Nous accueillons également avec satisfaction la décision prise par le Premier ministre Kurti de suspendre la taxe de 100 pour cent imposée sur les biens provenant de Serbie ainsi que de Bosnie-Herzégovine. Nous attendons également de la Serbie qu’elle assume sa part des efforts. En outre, nous appelons de nos voeux la mise en oeuvre de l’ensemble des accords conclus entre Belgrade et Pristina depuis 2011 dans le cadre du dialogue facilité par l’UE.

L’heure n’est pas aux manœuvres politiques. En effet, la crise actuelle ne peut qu’accroître les tensions sociales et le mécontentement politique. Prendre au sérieux les aspirations des citoyens implique de consolider les institutions, de lutter contre la corruption et la criminalité organisée et d’améliorer les perspectives économiques pour tous. Telle est la méthode que nous suggérons pour avancer. Et nous serons à vos côtés."