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L’actualité

25 juillet
2022

Déplacement de Marc Fesneau, ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, en Allemagne : les deux ministres définissent les axes d’une coopération renforcée - Communiqué du ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire (19.07.22)

Marc Fesneau, ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, s’est rendu à Berlin à l’invitation de son homologue Cem Özdemir, pour sa première visite bilatérale à l’étranger.

À l’occasion de cette rencontre, les deux ministres sont revenus longuement sur la situation en Ukraine et les conséquences de la guerre sur la sécurité alimentaire mondiale et sur les marchés européens, et l’importance de sécuriser, sur le moyen terme, les capacités de mettre sur le marché mondial les céréales ukrainiennes. Ils ont ainsi souligné la nécessité de renforcer la coopération européenne pour trouver des voies alternatives durables permettant l’exportation des céréales d’Ukraine afin d’assurer leur disponibilité pour les pays importateurs, notamment ceux du bassin méditerranéen ou en Afrique. La mise en place de ces corridors jusqu’aux pays de destination est également une nécessité pour éviter de perturber les marchés dans les pays de l’Union européenne limitrophes de l’Ukraine.

Soulignant que la guerre en Ukraine et les effets de plus en plus visibles du changement climatique renforçaient la nécessité d’agir pour accroître la résilience et la souveraineté de l’agriculture européenne, les deux ministres ont reconnu qu’assurer - quels que soient les aléas - la sécurité alimentaire et répondre aux enjeux environnementaux et climatiques constituaient des travaux indissociables et indispensables.

Les deux ministres ont ainsi échangé sur les propositions législatives en cours de négociation ou à venir dans les instances européennes, et s’inscrivant dans le Pacte vert pour l’Europe, notamment le règlement relatif à l’utilisation durable des pesticides proposé par la Commission fin juin. Les ministres français et allemand se sont accordés sur l’importance de disposer de règles harmonisées s’appliquant sur l’ensemble du territoire européen pour protéger le consommateur et l’environnement et éviter les distorsions de concurrence. Ils ont partagé également l’approche visant à développer des solutions techniques innovantes pour ne jamais laisser les agriculteurs sans solution, ainsi que la question de compléter le projet de règlement par des dispositions équivalentes pour les produits importés ; soit mettre en place des mesures-miroirs.

Ils ont également partagé l’expérience dans leur pays en matière d’étiquetage des produits alimentaires et confirmé leur volonté de porter ces démarches au niveau européen afin de répondre aux besoins d’informations exprimés par les consommateurs, tout en redonnant de la valeur aux produits agricoles.

Pour Marc Fesneau, ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire : « La coopération franco-allemande est au cœur de l’UE et nous permet d’avancer face aux défis internationaux et de transition pour nos mondes agricoles. Nous avançons ensemble. L’agriculture allemande et l’agriculture française font face au défi de la souveraineté alimentaire. Production nourricière, résilience face aux aléas climatiques, stockage du carbone, préservation de la biodiversité... C’est un tout. Ces sujets étaient au cœur de nos échanges. Au niveau européen, nous avançons ensemble pour une logique de planification, d’harmonisation européenne, d’équité de concurrence, de réciprocité des normes notamment sur la question des produits phytopharmaceutiques : pas d’interdiction sans solution. Cette méthode de coopération franco-allemande nous anime et nous continuerons de la porter. Dans les temps de crises, notamment avec la guerre en Ukraine et ses conséquences elle reste notre boussole. Pour le court et le long terme. »

(Source : site Internet du ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire)

25 juillet
2022

Cérémonie de restitution par l’Allemagne aux ayants droit de Georges Mandel de cinq ouvrages spoliés - Communiqué de presse de la Première ministre (15.10.22)

Élisabeth Borne, Première ministre, a présidé ce vendredi 15 juillet la cérémonie de restitution par l’Allemagne de cinq ouvrages qui avaient appartenu à l’ancien ministre de la République Georges Mandel, spolié en tant que Juif, et mort pour la France le 7 juillet 1944.

À l’occasion de cette cérémonie, et en présence de son excellence Hans Dieter Lucas, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne en France, la Première ministre a rappelé la volonté du Gouvernement de poursuivre l’action menée en matière de restitution des oeuvres spoliées, mais aussi pour le travail de mémoire. Elle a également souligné le geste des institutions allemandes, signe de l’amitié franco-allemande, de la confiance et de la réconciliation.

Les ouvrages restitués proviennent du pillage de l’appartement de Georges Mandel par des soldats allemands dès 1940. Ils étaient conservés par la Bibliothèque d’État de Berlin et par la bibliothèque universitaire de Dresde, qui, en 2019, dans un geste exemplaire, ont contacté la Commission d’indemnisation des victimes de spoliations (CIVS) pour que ces livres puissent être rendus aux ayants droit de Georges Mandel.
La restitution des biens culturels spoliés par les Nazis est une exigence que partagent la France et l’Allemagne. En France, l’action que mène la CIVS depuis plus de vingt ans a permis la restitution de nombreux biens spoliés. Sous l’impulsion du Premier ministre Édouard Philippe, la CIVS a vu en 2018 ses pouvoirs renforcés dans ce domaine, et depuis 2019 elle est assistée dans ses travaux par la Mission de Recherche et de Restitution du ministère de la Culture. La loi du 21 février 2022 est un autre témoignage de ce volontarisme : adoptée à l’unanimité par le Parlement, elle a permis de rendre aux familles de victimes quinze oeuvres des collections publiques qui avaient été spoliées.

La bibliothèque de Georges Mandel comptait plus de 15.000 livres. Issu d’une modeste famille juive parisienne, Georges Mandel s’est dressé sans concession contre le fascisme. D’abord journaliste puis député de la Gironde et plusieurs fois ministre, il a mis son engagement au service d’une République forte et exigeante. Convaincu de la nécessité de poursuivre le combat, il a refusé toute capitulation devant l’Allemagne nazie. Une vie de détention a alors commencé pour lui, jusqu’à son assassinat par la Milice en forêt de Fontainebleau le 7 juillet 1944.
Alors qu’est commémoré cette semaine le quatre-vingtième anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv, le travail de mémoire et de réparation doit se poursuivre. À travers son appui résolu à la CIVS et en soutenant le travail mené pour l’aboutissement des restitutions, le Gouvernement s’y engage pleinement.

(Source : site Internet du Gouvernement)

22 juillet
2022

Tribune du chancelier Olaf Scholz : Après le tournant historique (18 juillet 2022)

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Photo : photothek.net/Köhler & Imo

L’attaque de Vladimir Poutine contre l’Ukraine a créé une réalité : en Allemagne aussi, beaucoup de choses ne peuvent pas rester en l’état. Tribune parue dans Le Monde le 22 juillet 2022.

„La politique commence par la contemplation de la réalité. Surtout quand celle-ci ne nous plaît pas. La réalité, c’est notamment le retour de l’impérialisme en Europe. Nombreux sont ceux qui espéraient que les liens économiques étroits et les interdépendances réciproques nous permettraient d’assurer simultanément notre stabilité et notre sécurité. Cet espoir, Vladimir Poutine l’a anéanti aux yeux de tous avec sa guerre contre l’Ukraine. Les missiles russes ont non seulement occasionné des destructions massives à Kharkiv, Marioupol et Kherson, mais ils ont également réduit en cendres l’ordre de paix européen et international des dernières décennies.

En outre, l’état de notre Bundeswehr et des structures de défense civiles, mais également notre dépendance trop forte vis-à-vis de l’énergie russe indiquent que nous nous sommes laissés bercer, après la fin de la Guerre froide, par un faux sentiment de sécurité. La politique, l’économie et de larges pans de notre société n’étaient que trop disposés à tirer des conséquences importantes de la formule d’un ancien ministre allemand de la Défense, formule selon laquelle l’Allemagne n’aurait plus que des amis autour d’elle.

C’était une erreur.

Après le tournant historique qu’a constitué l’attaque de Vladimir Poutine, rien ne sera plus comme avant. Et c’est la raison pour laquelle beaucoup de choses ne peuvent pas rester en l’état ! Faire le constat d’un tournant historique n’est toutefois pas un programme en soi. De ce tournant résulte un mandat d’action : pour notre pays, pour l’Europe, pour la communauté internationale. Nous devons rendre l’Allemagne plus sûre et plus résistante, l’Union européenne plus souveraine et l’ordre international plus viable.

La nouvelle réalité, ce sont aussi les 100 milliards d’euros dont nous sommes convenus comme fonds spécial pour la Bundeswehr et qui marquent le revirement le plus important de la politique de sécurité de la République fédérale d’Allemagne. Nous fournissons à nos soldates et nos soldats le matériel et les capacités dont ils ont besoin pour pouvoir défendre vigoureusement, en cette ère nouvelle, notre pays et nos partenaires de l’Alliance. Nous simplifions et accélérons les procédures de passation de marchés beaucoup trop lourdes. Nous apportons notre soutien à l’Ukraine, et ce tant qu’elle en aura besoin : soutien économique, humanitaire, financier et en matière de livraison d’armes. Parallèlement, nous veillons à ce que l’OTAN ne devienne pas une partie belligérante. Enfin, nous mettons fin à notre dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie ; nous y sommes déjà parvenus en ce qui concerne le charbon. Nous voulons mettre un terme aux importations de pétrole russe d’ici à la fin de l’année. Nous avons déjà réduit nos importations de gaz russe de 55 à 30 pour cent.

Cela n’est pas chose facile, même pour un pays aussi puissant et prospère que le nôtre ; un travail de longue haleine nous attend. Nombre de citoyennes et de citoyens souffrent déjà des répercussions de la guerre, en particulier des prix élevés de l’essence et des aliments. Beaucoup appréhendent leurs prochaines factures d’électricité, de fioul ou de gaz. Par conséquent, le gouvernement fédéral a débloqué des aides financières de plus de 30 milliards d’euros afin de soutenir les citoyennes et les citoyens. Les différentes mesures commencent à porter leurs fruits.

Mais la vérité, c’est que l’économie mondiale fait face à un défi sans précédent depuis des décennies. Chaînes d’approvisionnement interrompues, pénurie de matières premières, incertitude régnant sur les marchés énergétiques en raison de la guerre : tout cela fait grimper les prix à l’échelle mondiale. Aucun pays du monde à lui seul ne peut s’opposer à un tel développement. Nous devons nous serrer les coudes et nous soutenir les uns les autres, comme nous en sommes convenus dans notre pays, dans le cadre de l’action concertée entre employeurs, syndicats, scientifiques et décideurs politiques. Nous pourrons alors, j’en suis convaincu, sortir de cette crise en étant plus forts et moins dépendants que nous y sommes entrés. Tel est notre objectif !

En tant que nouveau gouvernement, nous avons pris très tôt la décision de nous libérer au plus vite de la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. Déjà en décembre dernier, c’est-à-dire deux mois avant le début de la guerre, nous nous étions interrogés sur la façon dont nous pourrions garantir, le cas échéant, l’approvisionnement énergétique de notre pays. Lorsque Vladimir Poutine a déclenché sa guerre au mois de février, nous avons su réagir. Les plans, visant notamment à diversifier nos fournisseurs ou à construire des terminaux de gaz liquéfié, étaient sur la table ; ils sont désormais résolument mis en œuvre. Nous devons cependant, la mort dans l’âme et à titre provisoire, remettre en service les centrales à charbon. Nous avons fixé des niveaux de remplissage minimaux pour les réservoirs à gaz, une disposition qui, curieusement, n’existait pas auparavant. Aujourd’hui, ces réservoirs sont remplis à un niveau nettement plus élevé qu’à la même période de l’année dernière. En même temps, la situation actuelle nous confirme dans notre volonté de développer beaucoup plus rapidement les énergies renouvelables. C’est pourquoi le gouvernement fédéral a nettement accéléré les procédures de planification, notamment pour les installations solaires et éoliennes. Et il est vrai aussi que plus nous – l’industrie, les ménages, les villes et les communes – économisons de l’énergie pendant les prochains mois, mieux c’est.

Nous ne sommes pas les seuls à nous engager sur cette voie. Nous sommes unis au sein de l’Union européenne et, avec l’OTAN, nous faisons partie d’une alliance militaire forte. Et nous agissons selon des convictions fermes : par solidarité avec l’Ukraine dont l’existence est menacée, mais aussi dans le but de protéger notre sécurité à nous. Quand Vladimir Poutine réduit les livraisons de gaz, il se sert de l’énergie comme d’une arme, dirigée également contre nous-mêmes. Même l’Union soviétique n’avait pas agi de la sorte pendant la Guerre froide.

Si nous ne nous opposons pas maintenant à l’agression de Vladimir Poutine, il pourrait continuer. Nous avons vécu cela, avec l’invasion de la Géorgie en 2008, puis l’annexion de la Crimée en 2014, l’attaque contre l’est de l’Ukraine et, finalement, contre l’Ukraine toute entière au mois de février. Laisser Vladimir Poutine s’en tirer reviendrait à accepter que la violence puisse enfreindre le droit sans presque aucune conséquence. Dans ce cas-là, notre propre liberté et notre sécurité seraient, en fin de compte, elles aussi mises en péril.

« La possibilité d’une atteinte à l’intégrité territoriale de pays de l’Alliance n’est plus à exclure. » Cette phrase figure dans le nouveau Concept stratégique de l’OTAN adopté conjointement par les trente Alliés lors du sommet qui s’est tenu fin juin à Madrid. Nous la prenons au sérieux et agissons en conséquence. L’Allemagne va considérablement renforcer sa présence dans la partie orientale de l’Alliance : en Lituanie, en Slovaquie, dans la mer Baltique. Si nous le faisons, c’est parce que nous voulons dissuader la Russie de s’en prendre à un pays de notre Alliance. Et nous montrons ainsi également que nous sommes bel et bien prêts à défendre chaque centimètre du territoire de l’Alliance comme si c’était notre propre pays. Nous nous y engageons. Et inversement, nous pouvons compter sur ce même engagement pris par chacun de nos Alliés.

La nouvelle réalité, c’est aussi que les pays de l’Union européenne se sont rapprochés davantage ces derniers mois. Ils ont réagi, avec un large consensus, à l’agression russe et édicté des sanctions d’une sévérité inouïe qui portent un peu plus leurs fruits jour après jour. Que M. Poutine ne s’y trompe pas : d’emblée, il était évident pour nous que nous devrions probablement maintenir nos sanctions sur une longue période. Et il est également évident à nos yeux qu’aucune de ces sanctions ne sera levée en cas de paix dictée par la Russie. Cette dernière n’a d’autre choix que de conclure un accord avec l’Ukraine qui puisse être accepté par les Ukrainiennes et les Ukrainiens.

Vladimir Poutine veut diviser notre continent en sphères d’influence, en grandes puissances et en pays vassaux. Nous savons vers quelles catastrophes cela nous a auparavant conduits nous, Européens. Aussi avons-nous apporté une réponse sans équivoque lors du dernier Conseil européen, une réponse qui transformera à jamais le visage de l’Europe : nous avons accordé à l’Ukraine et à la République de Moldova le statut de candidats à l’UE et confirmé l’avenir européen de la Géorgie. Et nous avons précisé que la perspective d’adhésion des six pays des Balkans occidentaux devait enfin se concrétiser. Nous nous y engageons. Ces pays font partie de notre famille européenne. Nous voulons qu’ils fassent partie de l’Union européenne. Bien entendu, le chemin qui y mène est soumis à de nombreuses conditions. Il importe de le dire en toute franchise, car rien ne serait pire que de donner de faux espoirs à des millions de citoyennes et de citoyens. Mais la voie est ouverte et l’objectif est clair !

Ces dernières années, l’on a souvent réclamé, à juste titre, que l’UE devienne un acteur géopolitique. Il s’agit là d’une revendication certes ambitieuse mais juste ! Avec les décisions historiques prises ces derniers mois, l’Union européenne a fait un grand pas dans cette direction. En faisant preuve d’une unité et d’une solidarité sans précédent, nous avons affirmé que le néo-impérialisme de M. Poutine ne devait pas réussir. Mais nous ne devons pas en rester là. Notre objectif doit être de serrer les rangs dans tous les domaines où nous cherchons des solutions depuis trop longtemps en Europe : la politique migratoire par exemple, la création d’une défense européenne, la souveraineté technologique et la résilience démocratique. Durant les mois prochains, l’Allemagne fera des propositions concrètes à cet égard.

Nous sommes parfaitement conscients des conséquences de notre décision pour une Union européenne géopolitique. L’Union européenne étant l’antithèse vivante de l’impérialisme et des régimes autocratiques, elle constitue une épine dans le pied de dirigeants comme Vladimir Poutine. Les désaccords permanents entre États membres nous rendent plus faibles. Par conséquent, la réponse la plus importante de l’Europe face à ce tournant historique est l’unité. Nous devons impérativement la maintenir et nous devons l’approfondir. Pour moi, cela signifie qu’il nous faut tirer un trait sur les blocages égoïstes de décisions européennes par des États membres individuels, et tirer un trait également sur les égoïsmes nationaux qui nuisent à l’Europe toute entière. Nous ne pouvons tout simplement plus nous permettre de vetos nationaux, par exemple en matière de politique étrangère, si nous voulons continuer à être entendus dans un monde de grandes puissances concurrentes.

À l’échelle mondiale également, ce tournant historique agit comme une loupe grossissante : il exacerbe les problèmes existants tels que la pauvreté, la faim, les chaînes d’approvisionnement brisées et la pénurie d’énergie. Et il nous fait prendre brutalement conscience des conséquences d’une politique de puissance impérialiste et revanchiste. Les agissements de Vladimir Poutine en Ukraine et dans d’autres pays d’Europe de l’Est ont des relents néocoloniaux. Il rêve ouvertement d’instaurer un nouvel empire sur le modèle de l’Union soviétique ou de l’empire russe.

Les autocrates du monde suivent de très près cette entreprise en attendant de voir si elle va aboutir. La loi du plus fort s’applique-t-elle au 21e siècle, ou bien est-ce la force du droit ? Le désordre vient-il remplacer l’ordre international multilatéral dans notre monde multipolaire ? Ce sont là des questions très concrètes qui se posent à nous.

En échangeant avec nos partenaires dans les pays du Sud, j’ai appris que nombre d’entre eux sont conscients du risque. Et pourtant, pour beaucoup, la guerre en Europe est très lointaine, bien qu’ils en ressentent directement les effets. Face à cette situation, cela vaut la peine de se pencher sur ce qui nous lie à nombre de pays du Sud : l’engagement en faveur de la démocratie, aussi nuancée puisse-t-elle être dans nos pays, la Charte des Nations Unies, la primauté du droit, les valeurs fondamentales de liberté, d’égalité, de solidarité, de dignité de tout un chacun. Ces valeurs ne sont pas réservées à l’Occident comme lieu géographique ; nous les partageons avec les citoyennes et les citoyens du monde entier. Afin de les défendre face à l’autocratie et l’autoritarisme, nous avons besoin d’une nouvelle coopération mondiale des démocraties, une coopération qui aille au-delà de l’Occident classique.

Pour y parvenir, nous devons faire nôtres les intérêts des pays du Sud ; nous devons éviter de recourir au principe du « deux poids, deux mesures » et respecter nos engagements vis-à-vis de ces pays. Trop souvent, nous avons affirmé vouloir agir d’égal à égal alors que la réalité était tout autre. Nous devons changer cela, ne serait-ce que parce que, proportionnellement au nombre de leurs habitants et à leur puissance économique, nombre de pays en Asie, en Afrique et en Amérique latine évoluent depuis longtemps sur un pied d’égalité avec nous. Récemment, j’ai délibérément convié mes collègues indiens, sud-africains, indonésiens, sénégalais et argentins au sommet du G7 en Allemagne. Avec eux et de nombreux autres pays démocratiques, nous sommes en train d’élaborer des solutions aux problèmes de notre époque comme la crise alimentaire, le dérèglement climatique ou la pandémie. Lors de ce sommet, nous avons réalisé des progrès tangibles dans tous ces domaines, des progrès qui suscitent la confiance, confiance dans notre pays également.

C’est une base sur laquelle l’Allemagne peut s’appuyer pour assumer des responsabilités pour l’Europe et dans le monde en cette période difficile. Quand on dirige, l’on ne peut le faire qu’ensemble et en rassemblant. En élaborant des solutions ensemble avec d’autres partenaires et en renonçant aux politiques de cavalier seul. Et, en tant que pays au cœur de l’Europe, en tant que pays qui fut situé de part et d’autre du rideau de fer, en rassemblant l’est et l’ouest, le nord et le sud de l’Europe.

L’Allemagne et l’Europe seraient sclérosées dans un trop-plein d’assurance, des sociétés post-héroïques incapables de défendre leurs valeurs face aux obstacles – tel est le message véhiculé par la propagande de Vladimir Poutine. Une vue partagée encore récemment, chez nous aussi, par certains observateurs. Ces derniers mois, nous avons vécu une autre réalité, une réalité nouvelle.

L’Union européenne n’a jamais été aussi attrayante ; elle s’ouvre à de nouveaux membres et va se réformer simultanément. L’OTAN a rarement été aussi vivante et elle va accueillir deux nouveaux amis robustes, la Suède et la Finlande. Dans le monde entier, les pays démocratiques intensifient leur coopération et de nouvelles alliances émergent.

L’Allemagne aussi est en train de changer à la lumière de ce tournant historique : nous avons pris conscience de la valeur de la démocratie et de la liberté, et que cela vaut la peine de les défendre. Cela libère une force nouvelle. Une force dont nous aurons besoin dans les mois à venir. Une force qui nous permettra de façonner ensemble l’avenir. Une force que notre pays porte réellement en lui.“

La tribune publié dans Le Monde le 22 juillet 2022 a été légèrement raccourci. Vous trouverez ici la version intégrale de la tribune du chancelier Olaf Scholz.

7 juillet
2022

Remise du Prix Franco-Allemand du Journalisme, édition 2022

Paris, Berlin et Sarrebruck, le 6 juillet 2022

Le Prix Franco-Allemand du Journalisme (PFAJ) a été décerné le 6 juillet en même temps que le Grand Prix Franco-Allemand des Médias 2022 qui, cette année, rend hommage à l’artiste Anselm Kiefer et à l’historienne de l’art Bénédicte Savoy. La cérémonie officielle, qui s’est déroulée au Quai d’Orsay, a fait écho aux évolutions actuelles en Europe.

Pour Laurence Boone, la Secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, « l’Europe ne peut se faire que si les peuples se connaissent et s’estiment, et pour cela, le journalisme et les médias jouent un rôle majeur. La défense d’un journalisme indépendant, libre et de qualité demeurera au cœur de nos priorités pour l’Europe. C’est pourquoi je tiens à adresser toutes mes félicitations aux lauréats des prix franco-allemands du journalisme et des médias 2022 ».

Martin Grasmück, Président du PFAJ et PDG de la Saarländischer Rundfunk, a ensuite souligné l’importance de la liberté de la presse et de la liberté d’expression pour dépasser les conflits et relever les grands défis auxquels nos sociétés font face : le réchauffement climatique, la préservation de nos démocraties et l’aspiration à la paix.

La guerre en Ukraine nous montre quelles peuvent être les conséquences du nationalisme et ce qui peut se produire lorsque l’idéologie transcende l’existence humaine. Selon M. Grasmück, « les événements actuels sont à la fois synonymes de souffrances infinies, une provocation pour l’ensemble du monde libre et un appel à l’action pour éviter toute confusion entre propagande et couverture médiatique fondée sur des faits ». L’enseignement de l’utilisation des médias joue un rôle crucial et c’est aux acteurs politiques de poser les bons jalons en la matière, dit-il encore. Il estime aussi qu’il faut unir nos forces pour ce faire.

L’artiste Anselm Kiefer reçoit le Grand Prix Franco-Allemand des Médias pour tout ce qu’il a accompli en faveur de l’entente franco-allemande et des échanges culturels à travers l’Europe.

Ce prix récompense aussi les travaux de la chercheuse et historienne de l’art Bénédicte Savoy, et son engagement pour la restitution des œuvres d’art dérobées dans les anciennes colonies françaises et allemandes. D’après Delphine Ernotte-Cunci, Présidente de France Télévisions et organisatrice de la cérémonie, Bénédicte Savoy a su interroger le passé de manière exhaustive et révéler les opportunités que recèlent l’art et la culture.

Le Plénipotentiaire de la République fédérale d’Allemagne chargé des relations culturelles franco-allemandes et Ministre-président de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Hendrik Wüst, a adressé par message vidéo toutes ses félicitations aux lauréates et lauréats de cette édition 2022 du Prix Franco-Allemand du Journalisme, et lancé avec force un appel à s’engager pour défendre la liberté et la démocratie. « L’Europe, dans le contexte de la guerre en Ukraine, est de nouveau devenue une terre d’asile et d’espoir pour de nombreuses personnes. Anselm Kiefer et Bénédicte Savoy sont également porteurs de cette vision de l’Europe. » Selon Hendrik Wüst, l’amitié franco-allemande est une chance extraordinaire accordée par l’histoire. Cette coopération a rarement été aussi importante qu’aujourd’hui.

Voici les lauréates et lauréats des prix 2022 :

Catégorie Actualités : Michaela Wiegel, Endstation Calais, F.A.Z.

Catégorie Documentaire : Harriet Kloss et Markus Thöß, Re : Das Attentat von Nizza – Leben nach dem Terroranschlag, ZDF/ARTE

Catégorie Investigation : Claire Tesson, Déchets, la grande illusion, France Télévisions

Catégorie Prix Spécial : MEDUZA, site d’information indépendant en russe et en anglais, créé à Riga par des journalistes russes exilés en Lettonie

Catégorie Jeunes Talents : Janis Gebhardt, Europa, was los ?, Bundeskunsthalle

Le Prix Franco-Allemand du Journalisme fait partie des prix journalistiques les plus importants d’Europe. Aux yeux du jury, les sujets primés sont des exemples remarquables d’un journalisme de qualité et contribuent à offrir une meilleure compréhension des questions qui interrogent la société en France, en Allemagne et en Europe.

La cérémonie de remise des prix a été présentée par Carine Feix, de France Télévisions. L’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne à Paris, M. Hans-Dieter Lucas, a ensuite donné une réception en l’honneur des récipiendaires du Prix à l’Hôtel de Beauharnais, sa résidence.

Source : PFAJ

7 juillet
2022

Ce qui fonctionne dans les régions frontalières, fonctionne partout en Europe ! (13.07.22)

Le 14 juillet, nous célébrons la fête nationale française – et ce des deux côtés du Rhin. Les valeurs fondamentales de liberté, d’égalité et de fraternité font l’objet d’un large consensus, en France comme en Allemagne. De même, les valeurs consacrées dans la Loi fondamentale allemande sont largement approuvées en France. Nous devons néanmoins constater qu’il existe, des deux côtés du Rhin, des forces politiques qui remettent en cause ces valeurs essentielles. Pour contrer ces tendances à l’isolement, les frontières ne doivent plus être synonymes de séparation, mais de lien entre les régions et les habitants.

Après la seconde Guerre mondiale, il était tout sauf évident de ranimer les liens entre nos pays et nos régions. Nous y sommes parvenus grâce à l’initiative de quelques enthousiastes, élus ou personnalités de la société civile ; des femmes et hommes qui croyaient en la paix, la réconciliation et la construction européenne. Notre espace frontalier est aujourd’hui intégré et cet entrelacement des populations fait également que nous devons relever ensemble les défis communs qui s’imposent à nous : transition écologique et énergétique, souveraineté économique et industrielle etc. Pour y parvenir, nous devons oser. Nous devons prendre des initiatives pour trouver des solutions communes et innovantes, au bénéfice des citoyennes et citoyens.
À titre d’exemple, citons notre projet commun pour la région autour de l’ancienne centrale nucléaire de Fessenheim. Nous saurons mieux relever cet énorme défi si nous travaillons ensemble pour créer une zone transfrontalière dynamique et innovante, tournée vers l’avenir et l’économie bas-carbone. Ce bassin franco-allemand doit pouvoir devenir, par exemple, moteur de la fabrication de batteries, d’hydrogène et de l’industrie innovante. Un positionnement stratégique d’autant plus nécessaire face aux bouleversements géopolitiques et climatiques que nous connaissons en Europe.
Elues locales en Alsace pour l’une, et dans le Bade pour l’autre, nous vivons toutes les deux dans ce bassin de vie partagée depuis notre naissance. La construction européenne n’a cessé de rapprocher nos quotidiens avec notamment le marché commun, la suppression des contrôles aux frontières ou l’Euro comme monnaie commune.

La coopération transfrontalière et européenne offre un potentiel immense pour rapprocher les individus, faciliter les déplacements et la vie de chacun, que ce soit les travailleurs frontaliers, les familles binationales ou tout habitant du bassin rhénan qui se rend outre-Rhin. Le potentiel de coopération entre nos pays est loin d’être épuisé. Face au désintérêt pour la politique, pourquoi les régions frontalières ne deviendraient-elles pas des pionnières de la participation citoyenne ? Cette approche commune et de coopération peut donner d’importantes impulsions à la vie politique, non seulement dans les régions frontalières, mais également dans les États dans leur ensemble, voire dans l’Europe entière. Ce qui fonctionne dans les régions frontalières, fonctionne partout en Europe !

Tribune de Rita Schwarzelühr-Sutter, Secrétaire d’État parlementaire auprès de la ministre fédérale de l’Intérieur et du Territoire et Brigitte Klinkert, Députée du Haut-Rhin, membre de la commission des affaires européennes, publiée le 13.07.22 dans "Dernières Nouvelles d’Alsace" et "L’Alsace"

29 juin
2022

Communiqué des chefs d’État et de gouvernement du G7 - Résumé exécutif (Elmau, 28.06.2022)

Communiqué des chefs d’État et de gouvernement du G7 - Résumé exécutif (Elmau, 28.06.2022)

Nous, chefs d’État et de gouvernement du Groupe des Sept (G7), nous sommes réunis à Elmau (Allemagne), du 26 au 28 juin 2022, et les chefs d’État et de gouvernement de l’Afrique du Sud, de l’Argentine, de l’Inde, de l’Indonésie et du Sénégal se sont joints à nous, ainsi que le Président de l’Ukraine.

À un moment où le monde est en proie aux divisions et aux crises, nous, membres du G7, demeurons unis. Nous soulignons notre détermination à défendre conjointement, aux côtés de nos partenaires, l’universalité des droits de l’Homme et des valeurs démocratiques, l’ordre multilatéral fondé sur des règles, et la résilience de nos sociétés démocratiques. À cet effet, nous traiterons les enjeux majeurs de notre époque :

- Nous réaffirmons notre condamnation de la guerre d’agression illégale et injustifiable menée par la Russie contre l’Ukraine. Nous nous tiendrons aux côtés de l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire, en lui fournissant le soutien financier, humanitaire, militaire et diplomatique dont elle a besoin tandis qu’elle défend courageusement sa souveraineté et son intégrité territoriale. Nous sommes prêts à trouver ensemble un accord avec les pays et les institutions concernés et l’Ukraine sur des engagements durables en matière de sécurité pour aider ce pays à se défendre et à s’assurer un avenir libre et démocratique.

- Notre soutien financier s’élève cette année à plus de 2,8 milliards de dollars américains au titre de l’aide humanitaire, et nous sommes prêts à donner, ou avons déjà annoncé ou versé 29,5 milliards de dollars d’aide budgétaire. Nous sommes fermement déterminés à soutenir la reconstruction de l’Ukraine au moyen d’une conférence et d’un plan internationaux de reconstruction, préparés et mis en oeuvre par l’Ukraine en étroite coordination avec ses partenaires internationaux.

- Nous continuerons d’imposer des coûts considérables et durables à la Russie pour contribuer à mettre fin à cette guerre. En sus de ses répercussions directes, l’agression russe ralentit l’économie mondiale et nuit gravement à la sécurité énergétique et à l’accès à l’alimentation dans le monde. À cet effet, nous demeurons inébranlables dans notre détermination à préserver notre coordination inédite pour l’adoption de sanctions aussi longtemps que nécessaire, agissant de concert à chaque étape, et nous réduirons les revenus de la Russie, notamment ceux provenant de l’or.

- Nous contribuerons à stabiliser et à transformer l’économie mondiale tout en nous attaquant au coût de la vie croissant pour nos concitoyens. Nous coordonnerons nos efforts en matière de sécurité économique, renforcerons la résilience des chaînes d’approvisionnement et garantirons des règles du jeu équitables.

- Nous prendrons immédiatement des mesures pour garantir l’approvisionnement en énergie et réduire la hausse brutale des prix provoquée par une situation exceptionnelle sur les marchés, notamment en étudiant des mesures supplémentaires telles que le plafonnement des prix. Nous réaffirmons notre détermination à éliminer progressivement notre dépendance à l’égard de l’énergie russe, sans pour autant remettre en cause nos objectifs en matière de climat et d’environnement.

- Avec nos partenaires, nous avons accompli des progrès importants pour parvenir à notre objectif de 100 milliards de dollars pour les plus vulnérables, en nous appuyant sur l’allocation de droits de tirage spéciaux en 2021. Pour protéger les populations de la faim et de la malnutrition et pour répondre à l’arsenalisation russe des céréales, nous accroîtrons la sécurité alimentaire et nutritionnelle mondiale grâce à l’Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire. À cette fin, nous apporterons 4,5 milliards de dollars supplémentaires, nous demeurons déterminés à préserver nos marchés alimentaires et agricoles ouverts et nous intensifierons nos efforts pour aider l’Ukraine à produire et à exporter.

- Nous faisons nôtres les objectifs d’un Club climat ouvert, coopératif et international, et nous travaillerons avec nos partenaires pour le mettre en place d’ici à la fin de l’année. Pour permettre de manière urgente, ambitieuse et solidaire des actions visant à respecter la trajectoire de 1,5°C et pour accélérer la mise en oeuvre de l’Accord de Paris, nous nous engageons à atteindre, d’ici à 2030, un niveau élevé de décarbonation dans le secteur routier et d’ici à 2035, un secteur de l’électricité totalement ou presque totalement décarboné, ainsi qu’à donner la priorité à des mesures concrètes et rapides pour atteindre l’objectif final d’élimination de la production d’électricité à partir du charbon sans dispositif d’atténuation.

- Grâce à notre Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement, nous avons l’ambition de mobiliser 600 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années afin de réduire le déficit d’investissement mondial. Nous intensifierons notre coopération internationale, notamment en oeuvrant pour des partenariats pour une transition énergétique juste avec l’Inde, l’Indonésie, le Sénégal et le Vietnam, dans le prolongement de notre partenariat existant avec l’Afrique du Sud.

- Pour vaincre l’actuelle pandémie de COVID-19, nous nous appuierons sur la livraison de plus d’1,175 milliard de doses de vaccins depuis notre dernière réunion. Nous agirons également en matière de prévention, de préparation et de riposte face aux pandémies et enjeux sanitaires futurs, notamment grâce au Pacte du G7 pour la préparation aux pandémies.

- Animés par la conviction que les valeurs démocratiques nous rendent plus forts pour affronter les problématiques mondiales, nous coopérerons avec la société civile et nos partenaires en-dehors du G7 pour renforcer la résilience de nos sociétés, promouvoir les droits de l’Homme, en ligne et hors ligne, lutter contre la désinformation et parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Grâce aux engagements et mesures pris conjointement ce jour et au travail accompli avec nos partenaires, nous progresserons vers un monde plus juste.

Lire le communiqué des chefs d’État et de gouvernement du G7 :
https://www.elysee.fr/admin/upload/default/0001/13/bc165fccdf1db0e97eb77c26f54a8cf418542c74.pdf
(Source : site Internet de la présidence de la République)

28 juin
2022

Sommet du G7 à Elmau en Allemagne (28 juin 2022)

Du 25 au 28 juin, le Président de la République Emmanuel Macron s’est rendu en Allemagne à Elmau pour le Sommet du G7.

Lors de ce Sommet du G7 sous présidence allemande, le Chef de l’État a poursuivi son travail aux côtés des partenaires de la France, pour discuter et décider des réponses concrètes aux grands enjeux internationaux que sont la guerre en Ukraine, le dérèglement climatique, le financement du développement, la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation, ou encore la régulation du numérique, la santé et l’égalité de genre. Il a porté la voix de la France et de l’Europe pour faire valoir nos intérêts et valeurs, et contribuer à renforcer notre souveraineté.

24 juin
2022

Remise du Prix Franco-Allemand du Journalisme (24 juin 2022)

Remise du Prix Franco-Allemand du Journalisme
Grand Prix Franco-Allemand des Médias 2022

Mercredi le 6 Juillet 2022 à 18 heures

La guerre en Ukraine, la pandémie et le changement climatique sont de nouveaux défis majeurs pour les européens et pour le monde entier. Ces crises affectent la politique et la société, les médias, l’art ainsi que la culture. Dans ce contexte, le Prix Franco-Allemand du Journalisme (PFAJ) récompense les journalistes qui, grâce à leurs reportages, éclairent, évaluent et classent, tout en mettant l’accent sur la dimension européenne ou internationale. Le PFAJ est décerné dans les catégories Actualités, Documentaire, Investigation, Prix Spécial et Prix Jeunes Talents.
Par ailleurs, le « Grand Prix Franco-Allemand des Médias 2022 » sera attribué à l’artiste et sculpteur Anselm Kiefer et à l’historienne de l’art Bénédicte Savoy. Tous deux seront honorés pour leurs réalisations en matière de compréhension des peuples et d’échange culturel international.

La cérémonie de remise des prix en aura lieu sur invitation de la Présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, et de Martin Grasmück, Président du PFAJ et Président de la Saarländischer Rundfunk/ARD, le 6 juillet à 18h au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères à Paris. De nombreux représentants des médias, de la politique et de la culture ainsi que des invités d’honneur issus du domaine de la coopération franco-allemande y sont attendus.

L’événement n’est pas ouvert au public, mais sera retransmis en direct sur www.dfjp.eu.
Informations pour les demandes de presse :
· Accréditations par courriel à info@dfjp.eu
· Anselm Kiefer et Bénédicte Savoy seront disponibles pour des interviews et des demandes de presse avant le début de la cérémonie. L’entrée pour la presse se fera à partir de 17h15.

Informations sur les lauréats du grand Prix des Médias :
Bénédicte Savoy, née le 22 mai 1972 à Paris, est une historienne de l’art à la renommée internationale. Elle vit à Berlin et à Paris et a été classée, selon le Time Magazine, parmi les cent personnes les plus influentes au monde. En 2018, le président français Emmanuel Macron lui a confié, ainsi qu’au scientifique sénégalais Felwine Sarr, un rapport de recherche sur l’origine des trésors d’art des anciennes colonies. Sur la base de ce rapport 26 objets ont été restitués à la République du Bénin l’an dernier, comme les statues monumentales du Palais Royal d’Abomey. Par ailleurs, Bénédicte Savoy a joué un rôle clé dans l’orientation de ce débat en Allemagne, notamment lors de l’ouverture du Forum Humboldt à Berlin. Entre-temps, l’Allemagne et le Nigéria sont également parvenus à un accord sur la restitution d’importantes œuvres d’art.

Anselm Kiefer, né le 8 mars 1945 à Donaueschingen, est l’un des artistes contemporains les plus importants au monde. De ses premières images en 1969 à son apparition à la Biennale d’art de Venise en 1980 jusqu’à sa plus récente exposition au Grand Palais Éphémère, Anselm Kiefer ne cesse d’impressionner. Artiste protéiforme, il traite dans ses œuvres aussi bien d’histoire que de religion, de philosophie ou encore des grands mythes de l’humanité. Il est parmi les rares artistes capables de traduire en images les catastrophes du XXe siècle et les grands enjeux de la préservation de la création en images. À travers des œuvres d’art monumentales, Kiefer attire l’attention et bouleverse le public depuis des décennies. Plusieurs de ses œuvres sont aujourd’hui exposées au Panthéon. Les immenses vitrines en verre et en acier, dévoilées en novembre 2020, commémorent les victimes et les affrontements sanglants de la Première Guerre mondiale.

23 juin
2022

Le Fonds citoyen voit son budget doubler

Le Fonds citoyen voit son budget doubler

COMMUNIQUÉ DE PRESSE, 22 juin 2022 - Paris / Berlin

Le Fonds citoyen a financé plus de 800 projets entre les citoyennes et les citoyens de France et d’Allemagne depuis son lancement en avril 2020 : un succès qui dépasse largement toutes les attentes. Le budget annuel du Fonds citoyen a été plus que doublé, passant de 2,4 millions à 5 millions d’euros, afin que ce dispositif de soutien puisse continuer à répondre à la forte demande des sociétés civiles des deux pays et à attirer de nouveaux acteurs vers l’engagement franco-allemand.

L’idée du traité d’Aix-la-Chapelle a fait ses preuves

Le Fonds citoyen franco-allemand a été créé en 2019 par le traité d’Aix-la-Chapelle avec l’idée de « rapprocher encore [les] deux peuples ». Sa phase pilote de 3 ans a été lancée en avril 2020, pendant laquelle il est mis en œuvre par l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ).

L’adoption, en Allemagne, de la loi de finances de 2022 acte l’augmentation du budget du Fonds citoyen, qui avait déjà été confirmée du côté français.
Le Fonds citoyen est financé à parts égales par les deux gouvernements : le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse et le ministère fédéral allemand de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse.

Benjamin Kurc, responsable du Fonds citoyen franco-allemand :

« Nous sommes très heureux de cette augmentation de budget, qui prouve que le Fonds citoyen a démontré sa pertinence et met en œuvre avec succès les missions définies dans le traité d’Aix-la-Chapelle : il rapproche les sociétés civiles des deux pays et répond à un réel besoin des associations ou des jumelages que nous pouvons encore mieux soutenir grâce aux moyens supplémentaires. Chaque projet soutenu est un peu d’Europe vécue. »

Anne Tallineau et Tobias Bütow, secrétaires généraux de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse :

« L’Europe a besoin de citoyennes et de citoyens engagés – et ceux-ci ont besoin d’être soutenus politiquement et financièrement. L’augmentation des moyens permettra de démultiplier l’engagement transfrontalier citoyen. Nous remercions les deux gouvernements car il s’agit de plus qu’un symbole fort. »

Lisa Paus, ministre fédérale de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse :

« Depuis des décennies, la coopération franco-allemande montre que d’anciens ennemis peuvent dépasser leurs hostilités et nouer une amitié étroite. C’est un signe d’espoir, tout particulièrement dans la période que nous traversons. Dans ce contexte, des projets comme le Fonds citoyen jouent un rôle primordial : ce dernier soutient des initiatives citoyennes, des jumelages, le dialogue et le vivre-ensemble dans les deux pays. Le Fonds citoyen franco-allemand agit partout où des personnes se rencontrent et il contribue à renforcer la cohésion de notre société, par-delà les frontières et les générations. »

De son côté, le Ministère français en charge de la jeunesse est convaincu que la multiplication de ces projets portés par les sociétés civiles des deux pays ne peut que renforcer, de manière concrète, la démocratie et la paix en Europe.

Déconstruire les barrières administratives et mentales
« Le Fonds citoyen s’agrandit afin que les sociétés civiles françaises et allemandes se rapprochent encore », explique Benjamin Kurc, responsable du Fonds citoyen franco-allemand.

« Cependant, notre concept de subvention reste facile d’accès : ce sont notamment des bénévoles qui renforcent les relations citoyennes entre nos deux pays et nous œuvrons à leur rendre la tâche le plus facile possible. Par ailleurs, nous souhaitons déconstruire les barrières et encourager de nouveaux acteurs à monter des projets transfrontaliers. »

Le Fonds citoyen a notamment pour objectif que 70 % des projets soutenus soient des projets de petite taille (subventions allant jusqu’à 5 000 €). De plus, l’élargissement du réseau des Référentes et Référents régionaux permet un accompagnement personnalisé des citoyennes et citoyens engagés lors du développement de leur projet et du dépôt de la demande de subvention.

Le Fonds citoyen franco-allemand

Le Fonds citoyen franco-allemand conseille, met en réseau et finance les projets qui mettent en lumière l’amitié franco-allemande et l’Europe. Il soutient des projets de toutes tailles aux thèmes et formats variés et s’adresse à l’ensemble des acteurs de la société civile.

Lancé en avril 2020, le Fonds citoyen est issu du traité d’Aix-la-Chapelle signé en 2019. Sa mise en œuvre est confiée à l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) et il est financé à parts égales par les gouvernements français et allemand. Il est doté d’un budget de 5 millions d’euros pour l’année 2022.

16 juin
2022

Stefanie Stantcheva de l’université Harvard et Tarik Abou-Chadi, de l’université d’Oxford, premiers lauréats du prix Henrik Enderlein (16.06.22)

Stefanie Stantcheva, professeure d’économie politique à l’université Harvard et co-fondatrice du Social Economics Lab et Tarik Abou-Chadi, professeur associé de politique européenne comparée au Nuffield College de l’Université d’Oxford, ont remporté le premier prix Henrik Enderlein, décerné conjointement par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, l’Auswärtiges Amt allemand, la Hertie School de Berlin et Sciences Po, en partenariat avec les quotidiens Les Echos et Handelsblatt, au cours d’une cérémonie organisée le 15 juin dernier au Quai d’Orsay, à Paris.

Leurs travaux ont été distingués par un jury international présidé par Jean Pisani-Ferry, économiste et professeur à Sciences Po Paris et à l’Institut Universitaire Européen (Florence), et composé de Dimo Böhme, commissaire adjoint à la coopération franco-allemande au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Emmanuelle Gallet, commissaire adjointe à la coopération franco-allemande à l’Auswärtiges Amt allemande, Dorit Geva, professeure de sociologie à l’Université d’Europe centrale (Budapest, Vienne), Mark Hallerberg, professeur d’économie politique à la Hertie School (Berlin), Karl de Meyer (Les Echos), Guillaume Plantin, professeur d’économie à Sciences Po, Adam Tooze, historien de l’économie de l’Université Columbia (New York), Teresa Stiens (Handelsblatt) et Cornelia Woll, présidente de la Hertie School et professeure de politique économique internationale.

Le prix Henrik Enderlein, doté de 10 000 euros, s’adresse aux jeunes chercheurs en sciences sociales de moins de 40 ans dont les travaux témoignent d’une excellence scientifique et d’une contribution concrète au débat public pour l’avenir de l’Europe. Il est nommé en mémoire de l’ancien Président de la Hertie School, profondément engagé pour l’Europe.

Docteure en économie du Massachusetts Institute of Technology (2014), Stefanie Stantcheva rejoint le département d’économie à Harvard en 2016. Elle étudie la fiscalité des entreprises et des particuliers, ainsi que la manière dont les individus comprennent, perçoivent et déterminent leurs cmportements en fonction des politiques publiques. Ses travaux se concentrent en particulier sur les conséquences à long terme des politiques fiscales sur l’innovation, l’éducation et la richesse. Plus récemment, Stefanie Stantcheva a étudié la manière dont les politiques de recherche et développement peuvent être améliorées pour favoriser l’innovation, les mécanismes par lesquels les impôts sur le revenu et sur les sociétés ont façonné l’innovation au cours du XXe siècle et la façon dont les prêts étudiants peuvent être structurés pour améliorer l’accès à l’éducation.

Titulaire d’un doctorat en sciences politiques de l’Université Humboldt à Berlin (2015), Tarik Abou-Chadi est professeur assistant au département de sciences politiques de l’Université de Zurich avant de rejoindre le Nuffield College de l’Université d’Oxford. Ses travaux de recherches portent sur les réactions des partis politiques et des électeurs face aux transformations des sociétés post-industrielles, en particulier l’adaptation des politiques publiques aux évolutions de la demande des électeurs, et les conséquences sur l’opinion publique et le vote des effets des politiques publiques et du comportement des élites. Tarik Abou-Chadi est par ailleurs, depuis août 2019, le chercheur principal d’un projet financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, qui étudie la manière dont les perceptions économiques et culturelles du statut social affectent le comportement électoral.

CITATIONS :

● Clément Beaune, Ministre délégué chargé de l’Europe : « C’est un honneur de remettre ce premier prix Henrik Enderlein à deux jeunes chercheurs européens remarquables, dont les travaux sont une contribution importante à ce magnifique projet qu’est la construction européenne. Il me tenait à cœur d’honorer la mémoire et les convictions de mon ami Henrik en créant ce prix, ensemble avec nos amis allemands. »

● Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po : « J’adresse mes chaleureuses félicitations à Stefanie Stantcheva et Tarik Abou-Chadi. La qualité exceptionnelle de leurs travaux de recherche et l’impact de ceux-ci sur les futures générations de citoyens européens honorent la mémoire d’Henrik Enderlein. Il était un Européen convaincu et engagé, de ceux qui peuvent influencer les opinions publiques, les politiques publiques, l’enseignement et la recherche au-delà des frontières. Henrik Enderlein partageait avec Sciences Po, université internationale, ouverte sur le monde, l’ambition de diffuser le savoir au plus grand nombre et un profond attachement aux valeurs humanistes. »

● Anna Lührmann, Ministre d’État au ministère fédéral allemand des Affaires étrangères :
"Le prix Henrik Enderlein pour l’excellence de la recherche en sciences sociales est décerné à deux brillants chercheurs. Comme le professeur Enderlein, Tarik Abou Chadi et Stefanie Stantcheva portent, par leurs travaux, l’ambition de contribuer au débat politique en Europe, que ce soit dans le domaine des sciences politiques ou des sciences économiques. Ce dialogue entre la recherche académique et la politique, auquel Henrik Enderlein a toujours été très attaché, est essentiel pour tracer une voie européenne dans un monde en bouleversement".

● Jean Pisani-Ferry, professeur associé à Sciences Po et à l’Institut universitaire européen et président du jury du prix Henrik Enderlein. : « Toute sa vie, Henrik Enderlein a voyagé entre analyse et politique économique. À l’une comme à l’autre il a apporté acuité, sens des priorités, précision, et cette once de provocation sans laquelle il n’y a pas de communication politique. Il l’a fait en se jouant tant des frontières des États que des frontières politiques. Le choix de Tarik Abou-Chadi et de Stefanie Stantcheva est une manière de lui rendre hommage. »

● Cornelia Woll, Présidente de la Hertie School : « Stefanie Stancheva et Tarik Abou-Chadi consacrent leurs recherches à des sujets qui ne font pas seulement avancer la connaissance, mais qui sont également cruciaux dans les politiques et l’opinion publique en Europe. Au-delà du monde académique et universitaire, leurs travaux suscitent des débats publics décisifs pour poser les jalons d’une Europe forte et souveraine. »

Contact presse :
Pressestelle Auswärtiges Amt, +49 (0)30 5000 2056, presse@diplo.de

Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
+33 (0) 1 43 17 43 57, secretariat-presse.cabaeu@diplomatie.gouv.fr

Hertie School, Benjamin Stappenbeck, Director of Communications
+49 (0) 30 259 219 – 113, pressoffice@hertie-school.org

Sciences Po, Romain Becker, +33 (0) 1 45 49 50 79, media@sciencespo.fr