Daniel Rouxel, né en 1943 de l’union d’une Française et d’un soldat allemand, est le premier « enfant de la guerre » à se voir accorder la double nationalité par Berlin.
Il a fallu du temps aux « enfants de la guerre », aujourd’hui âgés de 64 à 69 ans, pour sortir du silence. En 2004, le journaliste Jean-Paul Picaper, ancien correspondant du Figaro en Allemagne, leur consacre un livre (Enfants maudits, aux éditions des Syrtes). Plusieurs centaines d’entre eux, découvrant qu’ils ne sont pas seuls, se fédèrent au sein de l’Amicale nationale des enfants de la guerre (Aneg) ou de l’association Cœurs sans frontières. S’adressant aux services d’information des Archives de la Wehrmacht à Berlin, 139 des 253 membres de l’Aneg ont retrouvé leur famille allemande, selon sa présidente Jeanine Nivoix-Sevestre.
Ce sont ces « enfants »-là qui, d’après l’ambassade d’Allemagne à Paris dont le service consulaire traite une vingtaine de demandes, sont concernés par la décision du gouvernement fédéral. Celui-ci a annoncé le 19 février qu’il examinerait « avec bienveillance » les demandes de double nationalité des « enfants de la guerre ». Cet accord fait suite à
l’appel du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui avait affirmé en 2008 la nécessité pour les « enfants de boches » de pouvoir « faire de leur identité franco-allemande une réalité positive ».