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3 novembre
2014

"Taxe sur les transactions financières : cessons de tergiverser"

Tribune de Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics, publiée le 3 novembre 2014 dans Les Echos et la Handelsblatt, quotidien économique allemand, présentant les propositions françaises pour la taxe européenne sur les transactions financières.

L’Europe a besoin d’un accord qui jette les bases d’une coopération fiscale renforcée. Nous proposons un dispositif efficace qui ne fasse pas fuir l’activité financière.

Vendredi, à Bruxelles, les ministres européens des finances débattront du projet de taxe sur les transactions financières. Je porterai au nom du gouvernement des propositions pour rendre une première étape concrète. Le 6 mai dernier, 11 pays ont pris l’engagement d’adopter des solutions concrètes d’ici la fin de l’année, pour mettre en œuvre une taxe commune sur les transactions financières avant le 1er janvier 2016. Les six derniers mois ont permis de beaucoup progresser et un accord est désormais à portée de main si chacun prend ses responsabilités. C’est une occasion historique de faire avancer l’harmonisation fiscale en Europe et de lutter contre la spéculation.

La France veut contribuer à un accord ambitieux et pragmatique. Un accord qui permette de taxer efficacement les transactions sans faire fuir l’activité financière en dehors de nos pays. Faute de quoi, nous perdrions sur les deux tableaux : la taxe ne rapporterait rien et l’activité financière se délocaliserait. C’est tout l’enjeu des discussions que nous mènerons vendredi.

Je porterai des propositions concrètes, en ayant toujours à l’esprit le principe de base d’une taxation des transactions financières : mettre un frein efficace aux transactions dangereuses pour l’économie réelle. Les considérations de rendement sont secondaires par rapport à ce principe.

La base de la nouvelle taxe, ce sera de taxer les transactions sur les actions cotées. Cette taxe existe déjà dans plusieurs pays et rapporte en France, par exemple, plus de 800 millions d’euros par an qui permettent de financer notamment le développement. Les Etats qui le souhaitent pourront l’étendre aux actions non cotées.

Nous devons nous assurer que nous préservons nos recettes fiscales dans la durée. L’expérience montre que la seule solution qui ne fait pas disparaître l’assiette est de taxer les transactions sur les actions des entreprises établies dans le pays, quel que soit le lieu de la transaction ou de l’intermédiaire financier : c’est le « principe d’émission ». C’est le choix qu’a fait la France et ce n’est pas un hasard si l’Italie fait de même. Certains de nos partenaires préfèrent un principe dit « de résidence », qui taxe les transactions réalisées par les intermédiaires financiers situés sur leur territoire. Mais les transactions sont facilement délocalisables et sont plus mobiles que les entreprises elles-mêmes. Ma proposition est un compromis qui fait gagner tout le monde : appliquer le « principe d’émission » pour déterminer l’assiette de la taxe (c’est-à-dire taxer les transactions sur les actions des entreprises dont le siège social est dans un des 11 pays participants) et appliquer le « principe de résidence » pour déterminer l’Etat bénéficiaire de l’impôt levé (ainsi, pour une action d’une entreprise française achetée par une banque portugaise, la recette irait au Portugal ; si cette même action est achetée par une banque française, ou une banque d’un pays autre que les 11, la recette irait à la France).

Nous devons aussi taxer les dérivés qui contribuent à la spéculation.

Je propose de taxer dans une première étape les transactions sur ce qu’il est convenu d’appeler les Credit Default Swaps qui ne passent pas par des chambres de compensation. Ces transactions sont purement spéculatives et extrêmement dangereuses : elles peuvent être utilisées pour déstabiliser des Etats ou des entreprises puisqu’elles parient sur le risque qu’un émetteur fasse défaut et contribuent ainsi, par pur appât du gain, à le faire chuter.

Certains pourront regretter que nous ne taxions pas dès le départ la totalité des transactions. Ma proposition est ciblée, mais au moins, elle fonctionne ! Penser que nous pouvons engranger des dizaines de milliards d’euros sans que les transactions financières ne migrent vers des cieux où la taxe n’existerait pas, c’est aujourd’hui un fantasme dangereux ou un rêve futile !

Depuis mon arrivée, je me suis fixé un objectif : mettre enfin en œuvre une taxe qui préserve et protège la bonne finance et le financement de notre tissu économique, tout en apportant une contribution significative au financement d’actions en faveur du développement.

Je promouvrai vendredi cet équilibre auprès de mes partenaires européens. Nous devons réussir sur ce dossier important pour l’avenir de l’intégration européenne : la taxe sur les transactions financières sera la première coopération renforcée en matière fiscale. Il est temps de passer à l’acte !

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16 décembre
2011

"Nous, franco-allemands" (Le Monde)

"La revoilà, une fois de plus et malgré tout, la peur de la mésentente entre les Allemands et les Français. La peur qu’ils ne se soient en réalité jamais compris. Voilà qu’on parle de Bismarck et de Munich. De diktat allemand, de manque de fiabilité française. La peur réciproque est plus ancienne que l’amitié mutuelle. C’est cela, le problème.

Je suis un Franco-Allemand. L’un de ceux qui ne connaissent pas cette peur. Les gens de mon espèce, on les compte aujourd’hui à foison. Un millier de mariages franco-allemands ont lieu chaque année. Près de vingt mille Français vivent à Berlin, et ce sont des milliers d’Allemands qui habitent en France. Chaque année, des centaines, peut-être même des milliers d’enfants viennent au monde vaccinés contre cette peur. Nous sommes de plus en plus nombreux. Et nous sommes là, que l’euro soit fort ou faible. Que la chancelière et le président se comprennent ou non. Et quels que soient les populistes qui recommencent aujourd’hui à rabâcher leurs stupidités.(...)"

Maxim Leo s’est vu décerner, mercredi 7 décembre, au Parlement européen, à Bruxelles, le Prix du livre européen, dont c’était la 5e édition. Il est le lauréat de la catégorie roman pour Histoire d’un Allemand de l’Est (Actes Sud, 2010).

13 décembre
2011

Wilkommen in Deutschland, un site pour les curieux de l’Allemagne

Willkommen in Deutschland

Willkommen in Deutschland est un webzine culturel sur l’Allemagne dédié aux Français.
Chaque saison, il propose une nouvelle édition avec des articles inédits, entièrement consacrés à l’actualité et à la culture allemande.

Le webzine offre également plusieurs divertissements comme de la musique allemande, des quizz pour tester ses connaissances...

21 novembre
2011

Schluss damit ! du blog BerlinBerlin

" C’est incroyable le nombre de fausses vérités qu’on peut entendre à propos de l’Allemagne. Si on écoute les commentateurs, les Allemands sont « traumatisés » par l’hyperinflation des années 20, et cela suffit comme explication à tout le monde semble-t-il. Un petit somme sur le divan du docteur Freud, et les problèmes de l’Europe seraient réglés, peut-on en déduire.

(...)

Ce que tout le monde oublie, c’est que cela fait 20 ans que les Allemands payent. Quand la Réunification leur est tombée dessus, la RFA ne pensait pas trouver de l’autre côté du mur une économie en capilotade. Pendant dix ans, elle a payé pour intégrer, racheter, transformer, moderniser les infrastructures de l’ex-RDA. Toute personne qui passe en voiture sur la nouvelle autoroute du sud de la Thuringe peut voir l’ampleur de l’effort consenti.

Mais en 2001, cela ne suffisait plus. Alors Schröder, fasse au chômage et au retournement démographique, a lancé l’Agenda 2010. Entré en vigueur en 2002, les Allemands ont perdu une partie de leurs avantages, renoncé à leur retraite d’état, accepté (de mauvaise grâce) les jobs à 1 euro de l’heure. En 20 ans, les Allemands ont perdu presque 5% de pouvoir d’achat, à cause des réductions, puis augmentations de temps de travail, de l’absence de salaire minimum dans certaines branches et de l’entrée de la flexibilité dans une bonne partie des industries.

Aujourd’hui, l’économie allemande brille par ses performances. Les Allemands ont intégré un certain nombre de contraintes, les retraités pauvres distribuent des prospectus dans les boîtes aux lettres ou sont gardiens de nuit dans les immeubles chics. Ils épargnent pour leur retraite ; l’Allemagne est, grande surprise, le pays européen dont la dette est la plus importante (en valeur absolue, bien sûr).

(...)"

22 octobre
2011

L’humour franco-allemand investit la pub

" Opel et Renault se livrent en ce moment une belle passe d’armes publicitaire sur fond d’humour franco-allemand. Ça tient de la récidive !

Les relations franco-allemandes sont actuellement au cœur de l’actualité politique et comme d’habitude les (bons) publicitaires savent se jeter sur les nouvelles fraîches. Encore une fois, c’est dans le domaine de l’automobile que l’affrontement par spot interposé fait rage.

Pour ceux qui auraient raté quelques épisodes, la marque Opel a lancé en France notamment, une série de pubs complètement en allemand avec les sous-titres français. Une pub en allemand, c’est déjà en soi un évènement. Les germanophones auront apprécié. Évidemment, c’est de l’auto-dérision allemande et un petit pied-de-nez aux Francais en répétant à chaque phrase ou presque ce stéréotype de la « fiabilité allemande », « qualité allemande » etc.(...)"

Renault, jamais en reste, a répondu récemment, en offrant une parodie de cet humour allemand. Bon, il arrive à placer qu’un mot d’allemand toutes les phrases, mais on comprend le principe, très réussi à mon avis. Mention spéciale à la musique et évidemment le jeu de mot sur « Berlin » bien détourné, même si pas complètement nouveau :

3 août
2011

Le jardin d’enfants "Die Katze", symbole de l’amitié franco-allemande

© MILK
"Le jardin d’enfants Die Katze est le symbole de l’amitié franco-allemande. Il est le résultat de l’opération « Une Europe sans frontière » entre la région de Baden-Württemberg et l’Alsace.

Tomi Ungerer, artiste de renommée internationale à la fois ambassadeur de l’enfance et d’origine alsacienne, s’est associé au bureau d’architectes d’Ayla-Suzan Yöndel pour créer ce lieu audacieux. Il a choisi son animal préféré pour réaliser une école hors norme, qu’il caractérise d’ « animal malin et conscient de l’être », donc parfait pour inspirer des enfants. Accroupi tel un sphinx, il guette sa proie, prêt à lui bondir dessus. A la manière d’une souris qui se fait avaler, les enfants entrent par la bouche du matou. La langue dépliée fait office de porte d’entrée et la gueule de hall. Les pattes sont des espaces dédiés au jeu. Le ventre du chat est constitué d’un vestiaire, de salles de classe, d’une cuisine, d’une salle à manger et d’un escalier. La visite anatomique se poursuit à l’étage. La tête du chat est une salle principale, baignée de lumière par les yeux et les oreilles. Un toit plat, où pousse de l’herbe, dessine le pelage du chat et, comme toute digestion qui se respecte, les souris sont évacuées en cas de secours par le dessous de la queue ! Le dessus ne pouvait être qu’un toboggan propice à de folles glissades. Une centaine d’enfants profitent de ce lieu extraordinaire. Tout est mis en œuvre pour qu’ils apprennent en s’amusant. C’est dans leur vie d’adulte qu’ils pourront se souvenir avec nostalgie de leur enfance, car il n’est pas donné à tout le monde d’avoir passé ses premières années dans un chat".

Jardin d’enfants Die Katze, Wettersteinstr. 16a, Wolfartsweier, Allemagne.

3 août
2011

"En Allemagne comme dans d’autres pays du nord de l’Europe, on considère comme normal de soutenir l’intérêt général" : réflexions d’une allemande installée à Montpellier

"« La vie à Montpellier est extra quand on a du travail »

© Le Monde.fr / J. Parienté

Ira Imig est venue vivre en France parce qu’elle est "tombée amoureuse d’un Français qui ne voulait pas apprendre l’allemand". Il venait de trouver du travail à Montpellier et c’est tout naturellement qu’elle a quitté l’Allemagne pour s’installer ici. C’était il y a treize ans.

Depuis, Ira Imig est devenue française. Ou plutôt "binationale", comme on dit. La nationalité française, elle l’a acquise au prix "de beaucoup de paperasse" et d’un entretien destiné, entre autres, à évaluer son niveau de français – qu’elle maîtrise parfaitement. Elle en parle comme d’une simple formalité, à mille lieues des files d’attente interminables en préfecture, des rendez-vous vexatoires ou des décisions discrétionnaires. "Il y a deux types d’étrangers, ceux qui viennent des pays du Nord et les autres. C’est tout à fait par hasard que je suis née dans un pays qui est moins étranger", reconnaît-elle en fredonnant la chanson de Maxime Le Forestier Né quelque part.

Ira Imig peut désormais "voter et participer aux petites choses du quotidien". "Je savais que j’avais droit à la nationalité, car je rapportais de l’argent à l’ État français", explique-t-elle. Depuis plusieurs années Ira dirige une agence de relations presse. "Enfin, une agence… L’agence c’est moi, moi et moi", tempère-t-elle. Au départ, elle proposait aux entreprises françaises d’assurer leurs relations avec la presse étrangère. Petit à petit, elles lui ont demandé de prendre en charge les relations avec la presse française. Un peu étonnée, elle s’y est pliée de bonne grâce et aujourd’hui son entreprise prospère.

Quand elle vivait en Allemagne, Ira Imig travaillait dans le mécénat culturel. Une activité qu’elle tente de lancer à Montpellier, mais de part et d’autre du Rhin les habitudes divergent. Pourtant ici la fiscalité encourage bien plus qu’ailleurs les entreprises à soutenir les projets culturels ou solidaires. Mais ça ne suffit pas : "En Allemagne comme dans d’autres pays du nord de l’Europe, on considère comme normal de soutenir l’intérêt général. Si le projet intègre le chef d’entreprise comme les employés, c’est un vrai atout pour la vie sociale et en dernier lieu un outil de communication." Les entreprises, peu nombreuses, qui franchissent le pas sont ravies, assure Ira Imig : celles-ci ont compris "qu’elles pouvaient vivre des choses beaucoup plus profondes qu’une déduction fiscale".

Si, en Allemagne, il est naturel que les budgets culturels soient complétés par des capitaux privés, Ira Imig a observé une méfiance en France face à ce type de financement. Elle avance une explication : peut-être est-ce parce qu’on se vante d’être une "exception culturelle" où l’ État doit tout financer. Ou alors parce qu’on a tendance à appeler "patron" celui qui dirige comme s’" il n’était pas vraiment un homme comme les autres", ce qui ôterait toute velléité à jouer collectif.

La perception du mécénat figure en bonne place sur la liste des différences culturelles qu’elle pointe. Ira Imig rit en évoquant cette manie qu’ont les Français de "monter des dossiers" ou leurs repas interminables. Elle vante la "légèreté" des Fêtes de Bayonne, dont elle revient, se gausse du stéréotype de l’Allemand très ordonné : "Je pourrais être trois fois plus bordélique que les Français, ça ne se remarquerait pas", tant le cliché est ancré. "Avoir deux cultures, c’est génial", résume-t-elle en louant les nombreuses occasions qui lui ont permis de s’intégrer : "C’est sans doute parce que les gens d’ici sont particulièrement heureux."

(...)"

8 juin
2011

Ciseaux ou Schlageisen ?

des apprentis tailleurs de pierre français en Allemagne

Amis de l’Allemagne et de la France, vous connaissez certainement l’OFAJ, l’Office franco-allemand pour la jeunesse, qui encourage les jeunes de nos deux pays à se rencontrer et à apprendre la langue du partenaire.

Mais vous doutez-vous de la variété des programmes proposés par l’OFAJ ?

Découvrez en image une proposition originale : un stage de sculpture-gravure chez un artisan allemand. Comme le souligne Emmanuelle Bonnot, professeur à Dijon et initiatrice de cet échange, "l’artisanat ne connaît pas les frontières".

19 avril
2011

De Clichy-sous-Bois à Neukölln, de la France à l’Allemagne, un double regard sur la banlieue

Grand reportage sur RFI

Par Heike Schmidt

Jeunes sans emploi, immeubles délabrés, voitures en flammes... que ce soit Clichy-sous-Bois dans la banlieue parisienne ou Neukölln à Berlin : les deux quartiers sont devenus, ces dernières années, le symbole médiatique d’une politique d’intégration ratée de part et d’autre du Rhin. Pourtant, ses habitants "sont peut-être plus français, ou plus allemands, qu’ils ne l’imaginent" ...

(Photo : Heike Schmidt)

Au-delà des clichés, il y a des garçons et des filles qui se battent pour leur avenir, qui ont envie de réussir et de faire oublier l’image négative qui leur colle à la peau. Heike Schmidt les a rencontrés dans le cadre d’un programme d’échange franco-allemand de l’OFAJ, les jeunes ont mis en scène la pièce de théâtre « Trois versions de la vie » de Yasmina Reza à Berlin.

"En venant ici, ils voient s’ouvrir des possibles", lui a expliqué Eva-Sabine Kuntz .

16 avril
2011

"L’Allemagne est mon mari, la France est mon amant" : un témoignage original, à découvrir dans Les Inrocks

Crédits photo : Illustration de Jean Lecointre "Je me suis installée en France en septembre 1989, j’avais 23 ans. J’ai vu la chute du Mur à la télévision depuis Argenteuil, dans l’appartement des parents de Pascal, mon premier Français. Trois ans plus tôt, j’avais passé une année à Marseille comme jeune fille au pair.

Un vrai choc culturel : j’avais 20 ans, j’étais blonde platine, je passais ma vie en minijupe sur mon vélo. Forcément, je me faisais siffler du soir au matin (rires). Même en allant chercher mon pain en vieux jogging, d’ailleurs. J’étais aux anges parce que l’Allemagne ne m’avait pas du tout habituée à ça... "

Qui écrit cela ? C’est Nikola Obermann, que nous connaissons comme journaliste pour Karambolage !
Un article très drôle sur la galanterie, le plaisir, les habitudes de vie... vue par une allemande amoureuse de la France.

10 février
2011

Le blog franco-allemand de l’OFAJ sur la Berlinale

Suivez en direct la 61ème édition du Festival international de Berlin grâce au blog franco-allemand de l’OFAJ ! De jeunes critiques et cinéphiles partagent avec vous textes et vidéos, en français comme en allemand… avec sous-titrage pour assurer le confort de tous !
A noter : un coup d’œil exclusif dans les coulisses avec le jury du prix « Dialogue en perspective » et les 10 ans de la section Perspektive Deutsches Kino !