Les gouvernements français et allemand souhaitent améliorer concrètement la vie quotidienne des populations résidant le long de la frontière franco-allemande. Bruno Le Maire, secrétaire d’État français chargé des Affaires européennes et Günter Gloser, ministre adjoint allemand en charge des Affaires européennes, en ont réaffirmé l’ambition, mardi 3 février, lors d’un déplacement commun dans l’eurodistrict de Strasbourg-Ortenau.
Les experts Bernard Cottin et Erwin Vetter ont remis aux deux Secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande, Bruno Le Maire et Günter Gloser, un rapport qui fait le point sur les perspectives de développement de la coopération transfrontalière dans le cadre de l’eurodistrict.
Paris et Berlin mettent l’accent sur la nécessité d’avancées concrètes pour les habitants de l’eurodistrict. Même dans une "Europe sans frontières", la vie dans les régions transfrontalières demeure marquée par les différences de systèmes juridiques et administratifs dans des domaines aussi divers que les transports, la santé, l’éducation, les retraites, les assurances ou encore la fiscalité. Il s’agit de faire tomber ces barrières.
Centre binational contre l’épilepsie
Pour illustrer leur ambition, MM. Gloser et Le Maire se sont rendus au Centre allemand pour l’épilepsie de Kork (Deutsches Epilepsiezentrum Kork). Ce centre entend s’associer au CHU de Strasbourg dans le cadre du projet SEEK (Strasbourg Épileptologie Eurodistrict Kork) pour devenir un centre binational contre l’épilepsie et améliorer la prise en charge des patients dans l’espace transfrontalier franco-allemand.
Modèle d’intégration européenne
M. Gloser a rappelé que la dynamique de la coopération transfrontalière s’appuyait sur la volonté exprimée par la France et l’Allemagne en janvier 2003, dans une déclaration commune adoptée lors des 40 ans du traité de l’Élysée sur la coopération franco-allemande. Il a ajouté : "La coopération transfrontalière ne vit pas seulement de la proximité spatiale avec le voisin. Au contraire, la coopération doit reposer sur des fondements juridiques solides pour qu’il y ait de moins en moins d’obstacles à la mobilité et pour que les synergies puissent être utilisées de manière optimale".
Statut juridique de l’eurodistrict
Le rapport remis à MM. Gloser et Le Maire met ainsi l’accent sur le statut juridique de l’eurodistrict, qui est une forme de coopération pionnière en Europe. La question était restée en suspens, alors que l’eurodistrict de Strasbourg-Ortenau regroupe depuis octobre 2005 la communauté urbaine de Strasbourg et les cinq communes allemandes de Achern, Kehl, Lahr, Oberkirch et Offenburg. Commandé par M. Gloser et par l’ancien secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, le rapport d’analyse recommande la création d’un Groupement européen de coopération territoriale (GECT). L’eurodistrict de Strasbourg-Ortenau pourrait ainsi servir de modèle de coopération transfrontalière en Europe.
Source : Ambassade d’Allemagne en France
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