
- Nicolas Sarkozy et Angela Merkel (Paris, 11.11.2009) - Photo : © MAEE, F. de La Mure
Au cours d’une semaine chargée en commémorations française et allemande - de la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, à l’Armistice du 11 novembre 1918 qui signe la fin de la Grande Guerre -, on s’interrogeait sur la manière de relier les mémoires. Sous l’Arc de triomphe, mercredi 11 novembre, Angela Merkel a trouvé la formule : "Le 11-Novembre est devenu un jour de paix en Europe ; le jour de la chute du mur est pour tous un jour de liberté."
La paix et la liberté. En deux dates historiques, la chancelière allemande a résumé l’aventure européenne : la volonté de construire une Union capable de "rendre la guerre matériellement impossible", selon l’expression du père de l’Europe Jean Monnet ; d’exclure à jamais le retour de la guerre, de la Shoah ; d’exiger le respect de la dignité humaine, de la démocratie, de l’Etat de droit, de l’économie de marché.
Sous l’Arc de triomphe, Nicolas Sarkozy a vouvoyé sa complice. Pour la première fois, le chef du gouvernement de l’ennemi d’hier venait commémorer sa défaite : "Madame la chancelière d’Allemagne, lui a-t-il dit gravement, vous avez fait ce matin un geste historique (...). Vous êtes reçue ce matin, Madame, comme une grande amie de la France."
Angela Merkel, plus nature, lui a donné du "Cher Nicolas". Mais le message était le même : transfigurer, sans les effacer, les malentendus du passé. Deux jours plus tôt, M. Sarkozy s’était déplacé à Berlin pour le 20e anniversaire de la chute du Mur. Il gommait le sentiment d’un "rendez-vous raté" entre l’Allemagne et la France, d’abord inquiète de la réunification allemande. "Cela m’a personnellement émue que tant de Français aient fêté cette journée avec nous, non seulement à Berlin, mais aussi ici, à Paris, place de la Concorde", s’est réjouie Mme Merkel.