
- Nicolas Sarkozy et Angela Merkel (Paris, 11.11.2009) - Photo : © MAEE, F. de La Mure
Assumons notre côté midinette : sur la place de l’Etoile, mercredi 11 novembre, face à cette dame tranquille dans son manteau noir, nous avons eu notre petite larme. Voir Angela Merkel sous l’Arc de triomphe et le drapeau bleu-blanc-rouge, l’entendre apprivoiser une mémoire chargée pour faire de ce jour de la défaite allemande de 1918 un "jour de la paix", c’était proprement inouï. Pour un peu, on aurait dansé. Chapeau, la chancelière et le président.
De l’autre côté du Rhin, on est moins enthousiaste. Dans la mémoire collective, outre-Rhin, le 11 novembre n’évoque rien. La campagne allemande n’a pas sa floraison de monuments aux morts, si indissociables de nos villages français. La Grande Guerre, pour les Allemands, ce n’est pas la première, mais la seconde : le nazisme, la Shoah, la culpabilité, la honte, ce contre quoi la République fédérale s’est méticuleusement construite.
Le 11 novembre, en Allemagne, c’est avant tout, à 11 heures 11 pétantes, le début du carnaval en Rhénanie. Et, le soir, il faut manger la "Martini Gans", de l’oie et du chou rouge. On ne sait plus trop pourquoi, mais on la mange.