
- Angela Merkel et Nicolas Sarkozy lors du 11ème Conseil des ministres franco-allemand (Berlin, 12.03.2009) - Photo : © dpa/picture-alliance
"S’agissant de l’axe franco-allemand, c’est peu dire qu’on a décidé de le renforcer", a affirmé M. Sarkozy. "Il y a un vrai changement d’ambiance, de cap, on est reparti sur un pied différent", se réjouit le germanophile Bruno Le Maire, nouveau secrétaire d’Etat aux affaires européennes.
Même perception côté allemand. "L’atmosphère était très chaleureuse", commente Ulrich Wilhelm, porte-parole d’Angela Merkel. "Les relations sont redevenues normales depuis la fin de la présidence française, analyse un diplomate allemand. Les deux pays sont à égalité d’armes. Ils doivent s’appuyer l’un sur l’autre pour faire valoir leur point de vue en Europe." Et la sérieuse Allemagne apparaît soudain plus fiable aux yeux de Nicolas Sarkozy que la clinquante Angleterre de Gordon Brown, otage des intérêts de la City.
Les deux pays ont montré leur accord total à l’approche du G20 qui réunira à Londres, le 2 avril, les dirigeants des vingt plus grandes puissances de la planète. Mme Merkel et M. Sarkozy ont réitéré leur demande de sanctions contre les paradis fiscaux dont ils demandent d’établir la liste et veulent la mise en œuvre du rapport de Larosière sur la régulation financière en Europe.
Ils refusent de se laisser entraîner par le président américain Barack Obama sur le seul terrain de la relance économique. "Le problème n’est pas de dépenser encore plus mais de mettre en place un système de régulation", a mis en garde M. Sarkozy, qui s’est engagé à respecter le pacte de stabilité, à la satisfaction de Berlin.
Surtout, dans une déclaration commune, les deux dirigeants affichent une volonté de coopération franco-allemande. Le gouvernement économique cher aux Français n’est plus tabou : les deux appellent à un renforcement de la coordination sur les questions économiques et fiscales, notamment sur les projets de lois de finances et les plans de relance.