
- Bruno Le Maire et Günter Gloser (Berlin, 18.12.2009) - Photo : © AFP, B. Sax
Les Allemands et les Français doivent réinventer leur relation. Le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Bruno Le Maire, devait le proposer publiquement à Nuremberg, vendredi 15 mai. Il était invité par son homologue allemand, le social-démocrate Günter Gloser, député dans cette circonscription de Bavière, à exposer devant un public d’universitaires et d’étudiants son credo : la nécessaire refondation de la relation franco-allemande.
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C’est le moment de rattraper l’occasion manquée des années 1990. La réconciliation est achevée. Les deux pays ne sont plus en rivalité, l’un n’est plus en dette de l’autre. Malgré tous ses défauts et les manques en matière de coopération économique, la relation entre la France et l’Allemagne a atteint un point d’équilibre.
Plutôt que de la perfectionner, il faut la repenser : l’élargissement de l’Europe et l’influence nouvelle des Etats voisins y oblige. Les deux pays ne doivent pas s’étouffer dans des projets nationaux qui laissent la France se tourner vers le sud, l’Allemagne vers l’est et la Russie : leur relation doit être enthousiasmante, tournée vers le reste du monde. "Il est temps de passer du rapprochement national au projet commun européen, lance M. Le Maire. Nous avons besoin d’une véritable révolution des esprits."
La "future maison franco-allemande" de Bruno Le Maire aurait trois étages : une coopération bilatérale sur des projets concrets (recherche, sécurité énergétique, stratégies de sortie de crise...) ; une construction européenne (réflexion sur les frontières politiques, sur les nouvelles institutions) ; un projet européen dans le monde (relations internationales, gouvernance économique...).