
- Pierre Lellouche et Werner Hoyer lors de la célébration à Paris du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin (Paris, 09.11.2009) - Photo : © MAEE, F. de La Mure
Le secrétaire d’État aux Affaires européennes et
secrétaire général pour la coopération franco-allemande, est à Berlin pour célébrer
l’anniversaire du traité de l’Élysée.
LE FIGARO - La relance de l’entente franco-allemande est-elle votre priorité ?
Pierre LELLOUCHE - C’est ma priorité depuis mon arrivée au ministère, en juin. Nous avons d’abord travaillé au niveau des symboles avec la célébration de
l’anniversaire de la chute du mur de Berlin qui a donné lieu, à Paris, à la grande fête de la place de la Concorde que nous avons organisée et qui a été diffusée dans plusieurs millions de foyers allemands et français. Puis il y eut
la célébration du 11 novembre. Sur le fond, avec mon homologue Werner Hoyer, nous avons décidé d’être pleinement les coordinateurs de la coopération franco-allemande. Nous remettons -et c’est une première- une lettre commune au président de la république et à la chancelière dans laquelle nous énumérons une quarantaine d’idées pour approfondir la relation entre nos deux pays. Il y a là des propositions qui vont des transports aux institutions en passant par les problèmes économiques ou de société, qui visent toutes à intensifier la relation franco-allemande. Il reviendra aux deux chefs d’État d’annoncer les propositions qu’ils entendent retenir lors du
Conseil des ministres franco-allemand du 4 février.
LE FIGARO - En France, on dit que les Allemands sont réticents à une relance des relations avec Paris et, en Allemagne, on dit que les Français ne sont pas sérieux…
Pierre LELLOUCHE - Je suis conscient de ces perceptions. Pourtant, la réalité est que l’intimité entre nos deux pays est sans égale en Europe et dans le monde. S’il n’y a pas d’accord entre la France et l’Allemagne, il ne se passe pas grand-chose en Europe. Et quand nous nous mettons d’accord, nous entraînons tout le monde. Nos deux pays n’ont pas de droits supplémentaires par rapport aux autres mais ils ont, compte tenu de l’histoire, une responsabilité particulière au service de l’Europe. En ce début de XXIe siècle seule, leur entente peut faire que l’Europe existe dans la mondialisation. Ce n’est pas facile parce que nos entreprises sont souvent concurrentes et que nos deux pays ne fonctionnent pas de la même façon. Mais l’essentiel est que la volonté existe de part et d’autre au plus haut niveau.