
- Angela Merkel - Photo : © REGIERUNGonline/Steins
La chancelière avoue que sur le moment elle est comme des centaines de milliers de ses concitoyens : « Je ne savais pas trop ce que ça voulait dire. » « J’ai tout de suite téléphoné à ma mère, poursuit Merkel. Nous nous étions toujours promis d’aller prendre un repas au Kempinsky (une célèbre brasserie de Berlin-Ouest) le jour où les frontières s’ouvriraient ». Mais Angela Merkel ne renonce pas pour autant à son rituel du jeudi. Elle se rend dans un sauna avec une amie, avant d’aller boire une bière dans un bistrot.
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Vingt ans plus tard, de nombreux Ossies sont encore nostalgiques. Et le débat sur la RDA reste d’actualité : faut-il condamner en bloc l’Allemagne communiste en tant que dictature ? « La RDA était un État de non-droit, qui n’avait aucun fondement légal, juge Merkel. Il n’y avait pas de liberté d’opinion, pas d’élections libres. C’était la dictature du prolétariat. Pourtant tout n’était pas noir ou blanc.J’ai été heureuse. Et je ne veux pas jeter ces trente-cinq ans aux oubliettes. »
La chancelière estime que la réunification a été une « très grande chance » et « un immense bonheur », « même si tout n’est pas idéal ». « En RDA, nous avons connu le poids du nazisme, puis le communisme, explique Merkel. On ne peut pas faire disparaître ça d’un coup. Pour beaucoup de gens, il n’était pas possible de réapprendre autre chose en une nuit. Une génération entière a sacrifié son avenir. Le monde s’est ouvert et les gens de l’Est ne savaient pas ce qu’était le parmesan, alors qu’en Occident on savait tout de l’Italie. C’était une sensation étrange. Ces gens ne sont pas contre la réunification. Mais ils gardent un sentiment de tristesse ».