La France et l’Allemagne au service de l’Europe

La France et l’Allemagne ont dès la fin de la seconde guerre mondiale placé leur coopération sous le signe de la construction européenne. C’est en effet de leur volonté de rapprochement, symbolisée par la déclaration Schuman du 9 mai 1950, que sont nés la Communauté Européenne de l’Acier et du Charbon (CECA) puis les deux Traités de Rome de 1957, instituant la Communauté Economique Européenne (CEE) et la Communauté Européenne de l’Energie Atomique (Euratom). Cette relation particulière, rapidement qualifiée de « couple franco-allemand », traversera les décennies suivantes en inspirant les grandes étapes de la construction européenne.

Un rôle d’impulsion pour le projet européen

De l’élection du Parlement européen au suffrage universel et la création du Système monétaire européen en 1979 - à l’initiative d’Helmut Schmidt et de Valéry Giscard d’Estaing - aux grandes avancées initiées sous l’impulsion de François Mitterrand et d’Helmut Kohl (réalisation du marché unique, constitution de l’espace Schengen, création d’une monnaie commune, politique étrangère et de sécurité commune, citoyenneté européenne) et à l’adaptation progressive de la politique agricole commune, les initiatives et la coopération franco-allemandes ont rythmé le pouls de la construction européenne.

Dans leur déclaration commune à l’occasion du 40ème anniversaire du Traité de l’Elysée le 22 janvier 2003, les deux pays ont rappelé que leur volonté d’approfondir la coopération franco-allemande se place au service de la construction européenne, en faveur de laquelle ils s’engagent et souhaitent jouer un rôle moteur. Toute avancée ou approfondissement dans la relation bilatérale s’inscrit ainsi dans une perspective européenne, ouverte aux autres partenaires.

Réaffirmer et consolider le rôle de l’Allemagne et de la France pour permettre à l’Europe de répondre aux défis auxquels elle est confrontée constitue l’objectif de l’Agenda 2020, adopté lors du 12ème Conseil des ministres franco-allemand, le 4 février 2010, et qui comprend 80 mesures concrètes.

Dans une Union européenne à 28 Etats-membres, l’accord entre la France et l’Allemagne est un facteur primordial pour la formation d’un consensus et la poursuite de la construction européenne. Partant de ce constat, les deux pays ont veillé à jouer pleinement leur rôle dans nombre de sujets importants.

« Une Europe forte dans un monde incertain »

Après le référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne le 23 juin 2016, l’Allemagne et la France ont fait émerger plusieurs propositions et initiatives, portées par les ministres des affaires étrangères, de l’intérieur, de la défense et des transports, afin de donner une nouvelle impulsion à l’Europe.

Le 27 juin 2016, les ministres des affaires étrangères français et allemand, Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier ont réaffirmé dans une contribution commune que l’« Union européenne offre un cadre unique et indispensable pour assurer la liberté, la prospérité et la sécurité de l’Europe (…) et pour contribuer à la paix et à la stabilité dans le monde. »

Les deux pays reconnaissent qu’ils portent la responsabilité de renforcer la cohésion de l’Union européenne et la solidarité en son sein, et avancent plusieurs propositions à même de répondre aux défis actuels : assurer la sécurité de nos concitoyens face à l’aggravation des menaces externes et internes ; mettre en place un cadre de coopération stable pour traiter l’enjeu des migrations et des flux de réfugiés ; stimuler l’économie européenne en favorisant la convergence, une croissance durable et créatrice d’emplois et en progressant vers l’achèvement de l’Union économique et monétaire.

Le 23 août 2016, les ministres français et allemand de l’intérieur, Bernard Cazeneuve et Thomas de Maizière ont émis des propositions d’intensification de la coopération pratique entre les deux pays à travers le renforcement des contrôles aux frontières externes, la sécurité au sein de l’espace Schengen et la lutte contre la radicalisation au niveau de l’UE.

Le 12 septembre 2016, les ministres de la défense Jean-Yves Le Drian et Ursula von der Leyen ont transmis à Federica Mogherini, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, des propositions visant à instaurer « une défense globale, réaliste et crédible au sein de l’Union européenne », notamment grâce à un recours à la coopération structurée permanente, à l’institution d’un quartier général permanent pour les missions et opérations militaires et civiles de l’UE ou encore au renforcement de l’Eurocorps.

Enfin, le 29 septembre 2016, le secrétaire d’Etat chargé des transports Alain Vidalies et le ministre fédéral des transports Alexander Dobrindt sont convenus d’approfondir leur travail commun à travers une initiative franco-allemande sur la mobilité électrique et le numérique, afin de permettre l’émergence de technologies plus propres, plus sûres et plus efficaces.

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