Wolfgang Asholt, professeur émérite de littérature française à l’Université d’Osnabrück : éditeur de la revue
Lendemains. Etudes comparées sur la France ;
Henning Krauss, professeur émérite de littérature française à l’Université d’Augsbourg : fondateur et éditeur des
Cahiers d’Histoire des Littératures Romanes ;
Michael Nerlich, professeur émérite de littérature française à l’Université Technique de Berlin : fondateur et coéditeur de
Lendemains ;
Dietmar Rieger, professeur émérite de littérature française à l’Université de Giessen : coéditeur des
Cahiers ;
Evelyne Sinnassamy, co-fondatrice de
Lendemains, traductrice ;
Joachim Umlauf, directeur de l’
Institut Goethe à Paris.

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Quand le jour de son entrée en fonction, François Hollande rencontra la chancelière à Berlin, ils ne discutèrent officiellement pas des rapports franco-allemands, mais de questions financières et économiques. La polémique autour du "modèle allemand" pendant la bataille pour la présidence avait pourtant montré à quel point Allemands et Français se sont éloignés les uns des autres et s’ignorent mutuellement.
Cet état des choses est sujet d’inquiétude en France qui concerne certes les questions concernant l’économie et les finances (voir Jean-Louis Thiériot et Bertrand de Montferrand :
France – Allemagne. L’heure de vérité, 2011), mais qui touche aussi la politique européenne en général menacée de perdre l’amitié franco-allemande telle qu’elle s’est formée depuis Adenauer et de Gaulle comme base pour un avenir commun (voir Jacques-Pierre Gougeon :
France-Allemagne : une union menacée, 2012), une perte qui pour certains entraîne déjà des perspectives menaçantes (voir
Allemagne, les défis de la puissance, La documentation française, 2012).
En Allemagne on ne semble pas partager ces soucis pour le partenariat franco-allemand dont Michel Serres a esquissé l’importance historique dans son discours de remerciement pour le Prix du Maître Eckart, le 3 mai, à Cologne. Car tandis que Pierre Nora dénonce dans la F.A.Z. le néant grandissant dans le dialogue culturel entre les deux pays, soulignant le fait que de moins en moins d’élèves apprennent la langue du voisin, diagnostic confirmé par les dernières informations (Le Monde du 20 mai) montrant que seuls 21% des Allemands considèrent encore la France comme le voisin le plus important et que l’intérêt de la jeunesse allemande pour la France disparaît, des experts allemands répliquent, dans la même F.A.Z. le 26 mars que tout va pour le mieux dans les rapports franco-allemands vu d’une part qu’il n’y a jamais eu de culture franco-allemande et que le voisinage pacifié satisfait le "citoyen lambda", et d’autre part que pour la communication, on peut bien se servir de l’anglais.
Cela nous inquiète, et puisque François Hollande célébrera le 8 juillet à Reims les
50 ans du Traité de l’Elyséequi a scellé une époque de coopération franco-allemande inconnue jusqu’alors, nous lançons à cette occasion un appel pour un renouveau des rapports franco-allemands en rappelant que le rapprochement à la France après 1945 a été constitutif pour la reconstruction de l’identité (culturelle) allemande. C’est pour cela que nous nous permettons de rappeler ce qui est arrêté dans le Traité de l’Elysée :
Les deux Gouvernements reconnaissent l’importance essentielle que revêt pour la coopération franco-allemande la connaissance dans chacun des deux pays de la langue de l’autre. Ils s’efforceront, à cette fin, de prendre des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre des élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande. Le Gouvernement fédéral examinera, avec les gouvernements des Länder, compétents en la matière, comment il est possible d’introduire une réglementation qui permette d’atteindre cet objectif.(...)"