Klaus Wowereit est maire de Berlin et Plénipotentiaire chargé des relations culturelles franco-allemandes.

- Klaus Wowereit, entouré de Pierre Lellouche et Bertrand Delanoë (Esplanade du 9 novembre 1989 à Paris, 29.06.2009) - Photo : © MAEE, F. de La Mure
La Tribune - Quel regard portez-vous sur ces vingt années qui ont suivi la chute du Mur ?
Klaus Wowereit - Ce qui me rend le plus fier, c’est la façon dont les Berlinois ont réussi à rassembler deux moitiés d’une ville pour n’en faire plus qu’une. C’était une gageure. Ils y sont parvenus, malgré les difficultés. C’est vraiment à eux qu’on doit la façon dont Berlin s’est développé depuis 20 ans.
La Tribune - Pourtant, sur le plan politique, le Mur refait son apparition à chaque élection : à l’est, die Linke prédomine largement, à l’ouest, SPD, Verts et CDU se partagent l’essentiel des suffrages. Comment l’expliquez-vous ?
Klaus Wowereit - On ne le sent pas seulement dans les résultats électoraux mais dans la façon dont les Berlinois parlent entre eux de politique. Comment voulez-vous que les gens ne soient pas influencés par la façon dont ils ont été éduqués ? Celui qui a grandi à l’Ouest ne voit pas les choses comme celui qui a vécu, dans l’ancienne RDA, des décennies de dictature. Cela n’a rien de tragique. C’est même une chance. Ce qui importe, c’est que la ville mette en oeuvre une politique qui s’adresse à tous ses habitants. Telle est ma priorité en tant que maire.
La Tribune - Comment voyez-vous Berlin dans 20 ans ?
Klaus Wowereit - Dans 20 ans, Berlin sera encore plus internationale. Je la vois aussi très libérale - au sens littéral du terme ! Une ville ouverte à ses visiteurs, à ceux qui y vivent à temps partiel, à ceux qui veulent s’y installer, s’y développer, lui apporter leur créativité et entretenir son caractère multiculturel. Berlin sera un lieu de rencontres pour des gens venus de tous les continents.
Cette ouverture d’esprit qui caractérise notre ville doit être cultivée sans relâche. Si une personne à l’apparence, au physique différent, ne se sent pas la bienvenue dans un quelconque quartier, elle renoncera à s’installer à Berlin et ira ailleurs. Voilà pourquoi nous devons faire prospérer l’ouverture d’esprit de notre ville et la défense des libertés.