Je me réjouis de vous accueillir pour l’ouverture de cette seconde conférence annuelle des organisations économiques et sociales françaises et allemandes, consacrée à l’avenir des jeunes en France et en Allemagne. Vous vous placez au cœur des réflexions sur les grands thèmes de l’actualité politique et sociale dans nos deux pays. Ainsi l’avaient souhaité les plus hautes autorités de nos deux pays dans la déclaration du 40ème anniversaire du traité de l’Elysée.
Après la première édition en 2005, consacrée à un autre thème très actuel, la compétitivité et l’innovation, la thématique de cette rencontre témoigne de la vitalité des travaux de ces institutions, en prise directe avec les interrogations et les débats de part et d’autre du Rhin sur les thèmes de société les plus actuels. Cette volonté franco-allemande de se saisir de la question des jeunes et de la problématique de l’intégration et de l’égalité des chances, qui s’est illustrée par la mise en place d’un processus ambitieux, sont une preuve supplémentaire de la vitalité des liens entre nos deux sociétés et de la coopération entre nos deux pays.
En effet, avec cette initiative lancée lors du Conseil des Ministres franco-allemand du 14 mars 2006 par le Président de la République et la Chancelière fédérale, initiative que je coordonne avec mon homologue allemand, M. Gloser, et les Ministres délégués à la Promotion de l’égalité des chances, M. Begag et Mme Böhmer, la France et l’Allemagne se mobilisent pour que notre jeunesse dispose de perspectives d’avenir sûres sur les plans professionnel, social et culturel, afin de permettre son plein épanouissement. En cela, nos deux pays s’engagent à agir en faveur du respect de la diversité, sous toutes ses formes, et du respect d’autrui.
Cette initiative a également pour objectif de contribuer à revitaliser l’idée européenne auprès des générations nouvelles. En effet, face aux difficultés que traverse l’Union européenne et aux interrogations des citoyens sur son avenir, le développement de nos efforts en direction des jeunes, à travers une mobilisation coordonnée des politiques nationales et européennes, est une priorité absolue.
Dans ce processus, différents jalons ont été posés. Avec le forum sur les bonnes pratiques dans le domaine de l’intégration et de l’égalité des chances organisée en juillet par l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg, un processus pérenne de discussion et de consultation a été mis en place, permettant de rapprocher un grand nombre d’acteurs, locaux, nationaux et bilatéraux. Une seconde étape importante fut la rencontre du Président de la République et de la Chancelière avec des jeunes lors du Conseil des Ministres franco-allemand du 12 octobre 2006. Ceux-ci leur ont remis à cette occasion un rapport présentant des pistes d’action concrètes, élaboré sous l’égide de l’OFAJ.
Dès le début, nous avons eu à cœur d’asseoir ce dialogue sur la base la plus large possible et d’obtenir, de l’échelon local à la dimension européenne, la participation de la palette la plus large possible d’acteurs impliqués dans les deux pays dans la lutte pour la promotion de l’égalité des chances. De ce point de vue, depuis son lancement lors du Conseil des Ministres du 14 mars 2006, cette initiative est un succès puisque de nombreux acteurs de la société civile ont répondu à l’appel. Outre l’initiative des organisations économiques et sociales de nos deux pays, je signalerai, parmi d’autres, les 15èmes rencontres d’Evian en septembre 2006, entre chefs d’entreprises français et allemands, qui ont abordé le thème de l’égalité des chances ; ou la rencontre des groupes d’amitié du Sénat et de l’Assemblée nationale, du Bundesrat et du Bundestag en octobre 2006.
L’intégration et l’égalité des chances restera un thème fort de l’année 2007. La remise d’un rapport dont la rédaction à été confiée à l’institut franco-allemand de Ludwigsburg, et faisant le point sur les diverses initiatives entreprises menées jusqu’à présent, constituera l’un des temps forts de la journée franco-allemande du 23 janvier prochain. L’Allemagne a également placé le thème de l’intégration et de l’égalité des chances parmi ses priorités pour sa Présidence de l’Union européenne au cours du premier semestre de cette année, par ailleurs proclamée « Année européenne de l’égalité des chances pour tous ». De nombreuses manifestations, associant nos partenaires européens, confrontés à des problèmes similaires, prolongeront le dialogue mené entre nos deux pays.
Ainsi, l’Allemagne, qui contribuera au débat sur l’Europe sociale, a d’ores et déjà prévu plusieurs temps forts au cours de sa Présidence, sous la forme de conférences – et notamment au mois de juin une conférence sur le Handicap dans le contexte de l’Année européenne de l’égalité des chances. L’Allemagne devrait également œuvrer pour faire aboutir plusieurs dossiers : promotion d’un institut sur la parité ; introduction dans les stratégies pour l’emploi de la problématique de l’emploi des personnes désavantagées ; initiatives pour l’intégration et la qualification des femmes d’origine immigrée ; mise en œuvre de la feuille de route 2006-2010 pour l’égalité hommes/femmes.
La mise en œuvre de l’initiative « intégration et égalité des chances » constitue un défi, tant en raison de la richesse de ce sujet, à l’intersection de tous les enjeux politiques, économiques et sociaux actuels (éducation, sport, culture, urbanisme, emploi), qu’à cause des différences qui existent entre nos deux pays. C’est de cette diversité que, à travers un échange d’idées nourri par nos expériences nationales, nous comptons tirer la force nécessaire pour mener à bien ce projet.
Les thèmes qui seront abordés au cours de ce colloque – la place de l’école et de la formation professionnelle, l’entrée des jeunes dans le monde du travail – sont au centre des débats et des préoccupations dans nos deux pays. Il est par conséquent crucial pour nous de porter un regard croisé sur les expériences réussies dans le pays partenaire afin d’enrichir notre propre action. La France pourrait ainsi porter son attention sur l’apprentissage professionnel en Allemagne, qui offre une expérience enrichissante, ainsi que de nombreux débouchés aux jeunes dans le monde du travail. De la même façon, les mesures françaises visant à élargir le recrutement des filières d’excellence aux jeunes venant de milieux défavorisés, pourrait inspirer nos partenaires. Cette réflexion permettra d’enrichir les actions déjà menées au niveau européen dans le cadre de « l’Europe des projets » à ce titre, je rappellerai que l’effort conjoint de la France et de l’Allemagne a permis une augmentation significative du nombre de bourse Leonardo/ Erasmus, lors de la négociation des perspectives financières 2007-2013
Je voudrais enfin remercier les participants, venus en nombre aujourd’hui et dont je salue la qualité et la diversité. Je suis convaincue que cette conférence démontrera la mobilisation et l’engagement sans faille de la France et de l’Allemagne en faveur des politiques concrètes pour les jeunes Européens.
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