Avant de rencontrer la chancelière Merkel, mercredi après-midi à Berlin, François Fillon a présenté
lors d’un discours à l’université Humboldt les grandes lignes de la nouvelle gouvernance qu’il appelle de ses vœux pour l’Union européenne et la zone euro en particulier.
Le Premier ministre est parti du constat que les mécanismes de surveillance actuels des pays de la zone euro ont démontré leur insuffisance : "Nous avons concentré notre examen sur les situations budgétaires des pays et leur endettement public, sans nous intéresser suffisamment aux problèmes de compétitivité, de balance des paiements courants et de soutenabilité de l’endettement privé." A l’avenir, le Premier ministre reconnaît toujours au Pacte de stabilité et de croissance une place centrale. Mais il veut aller plus loin et mettre au point un "outil prédictif" pour analyser les menaces qui pèsent sur les finances publiques : vieillissement démographique, épargne, endettement privé.
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Parce que le renforcement de la surveillance mutuelle ne suffira pas, le Premier ministre s’est dit ouvert à l’idée d’un "fonds monétaire européen" formulée dimanche dernier par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, et combattue par la Banque centrale européenne (BCE), inquiète des risques de dérives. S’alignant sur les propositions du gouvernement allemand, il précise toutefois que cette forme de soutien "devra s’accompagner de conditionnalités", afin que les Etats aidés ne se sentent pas dédouanés des efforts nécessaires au rétablissement de leurs finances.
Le Premier ministre a ensuite plaidé, de manière plus large, pour un "gouvernement économique européen", vieille revendication française jusqu’ici interprétée outre-Rhin comme une volonté d’étendre à l’Union une tradition colbertiste totalement étrangère aux principes de l’économie sociale de marché. Pour François Fillon, ce gouvernement économique s’incarnerait dans le Conseil européen réunissant les 27 chefs d’Etat et de gouvernement, et viserait notamment à "mieux coordonner nos politiques économiques et budgétaires". Le gouvernement allemand semble désormais beaucoup plus ouvert au concept, même s’il reste à définir de manière détaillée.
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