Angela et Nicolas, c’était mal parti. Dans les couples franco-allemands, c’est un grand classique. Comme le dit un conseiller de l’Elysée : "Avec les Français, c’est toujours pareil : l’Allemagne les ennuie, ils n’y comprennent rien, ils trouvent la nourriture mauvaise, ils partent faire la fête avec les Anglais puis ils reviennent vers les Allemands parce que, malgré tout, le vrai business est là, le coeur de l’Europe est là."
Après Kohl-Mitterrand et Chirac-Schröder, Merkel-Sarkozy. Rien en commun, que des contraires : la pudique et l’extraverti ; la physicienne et l’avocat ; l’analytique et le fonceur ; la sans-chichis et le bling-bling. Avec cette manie "latine" qu’il a de la toucher, de lui prendre le bras, "Viens, Angela !". La protestante du Nord, élevée à l’Est, s’en est agacée.
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Aujourd’hui, Angela et Nicolas sont comme des jeunes mariés. Ils viennent de tenir un meeting commun à Berlin. A Paris, en janvier, le président avait emmené la chancelière visiter l’exposition Emil Nolde, dont il sait qu’elle a un tableau dans son bureau, avant de l’inviter à déjeuner dans la maison de Carla Bruni. Au G20 de Londres, ils ont donné une conférence de presse commune en se tutoyant. Angela a pris comme un cadeau le retour de la France dans le commandement de l’OTAN.
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La crise les a finalement rapprochés. Ils ont vu que sur la régulation financière ou la Turquie leur entente était plus fiable qu’avec la Grande-Bretagne. Qu’ils avaient intérêt à se serrer les coudes face à un Barack Obama qui les désarçonne à si mal connaître l’Europe. Le nouveau secrétaire d’Etat aux affaires européennes,
Bruno Le Maire, a fait comprendre au président la complexité du fédéralisme et de la grande coalition, cette raison de la "lenteur" qu’il saisissait mal du haut de sa Ve République. "Il faut que tu comprennes que je suis lente, a expliqué Angela à Nicolas, selon des conseillers. A l’Est, le rythme n’était pas le même. Et institutionnellement, je n’ai pas les mêmes pouvoirs que toi."