Vu sur le Net

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29 juillet
2012

Un tandem franco-allemand ressoudé pour sauver la zone euro (L’Express)

" Le communiqué commun publié par la chancelière allemande et le président français "est au moins un tournant dans leur communication" car ils "sortent de leur silence par une déclaration claire et importante", a estimé Ulrike Guérot, experte du Conseil européen pour les relations internationales.

La France et l’Allemagne ont affirmé vendredi être "déterminées à tout faire pour protéger" la zone euro, après une conversation téléphonique entre Angela Merkel et François Hollande.

"Les marchés attendaient cette prise de position", estime Henrik Uterwedde, directeur adjoint de l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg, ajoutant "ne jamais avoir douté" de l’engagement allemand comme français en ce sens.

Cette déclaration, quelques heures après que le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a affirmé que la BCE était "prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l’euro", est un signal en direction des "pays de l’Europe du sud", Espagne, Portugal, Italie, juge Mme Guérot. (...)"

23 juillet
2012

Un jardinier de l’amitié franco-allemande (Le Figaro)

TRIBUNE - Michael Link, ministre fédéral adjoint allemand aux Affaires étrangères rend hommage à Jean François-Poncet, l’ancien ministre de Valéry Giscard d’Estaing, disparu la semaine dernière.

"Un Européen convaincu et un défenseur indéfectible de l’amitié franco-allemande. Voilà ce que fut tout au long de sa vie Jean François-Poncet, dont j’ai appris le décès avec une très vive émotion. J’ai eu, à plusieurs reprises, le grand honneur de rencontrer celui qui fut successivement, entre autres fonctions, secrétaire général de l’Élysée, ministre des Affaires étrangères de Valéry Giscard d’Estaing, et sénateur du Lot-et-Garonne. En janvier dernier j’ai eu l’occasion de lui remettre le prix De Gaulle-Adenauer.

Un prix qui venait couronner une vie tout entière consacrée à la construction européenne et à l’amitié entre la France et l’Allemagne, dont Jean François-Poncet connaissait parfaitement la valeur. Enfant à Berlin, où son père était ambassadeur de France, il avait, en effet, depuis la Pariser Platz où il habitait, à proximité de la Porte de Brandebourg, été témoin de l’incendie du Reichstag. Le souvenir de cet événement, annonciateur de la page la plus sombre de l’histoire allemande, l’avait profondément marqué. Sans doute cet épisode a-t-il contribué à forger sa conviction : la nécessité d’une Europe forte et unie pour assurer la paix et la sécurité, et l’amitié franco-allemande comme l’un des fondements de la construction européenne.

Cet idéal, il n’a cessé de le défendre et de le concrétiser tout au long de sa vie : dans ses fonctions officielles, à la tête de la diplomatie française (il y a, dès sa prise de fonction, défendu le principe de l’élection au suffrage universel du Parlement européen), ou en assurant la direction du Mouvement européen France, formidable instrument de sensibilisation de l’opinion française à l’idée européenne.

J’ai été particulièrement impressionné, à l’occasion des nombreuses conversations que nous avons pu avoir, par la connaissance exceptionnelle que Jean François-Poncet avait de l’Allemagne. Non seulement en maîtrisait-il la langue, mais encore en connaissait-il la culture, la géographie et l’histoire. Cette familiarité avec l’Allemagne, alliée à son engagement européen, conduisit tout naturellement le président Valéry Giscard d’Estaing à faire appel à lui pour occuper le poste de ministre des Affaires étrangères, portefeuille dont il fut un brillant titulaire (...)"

20 juillet
2012

"La zone euro doit cesser de sous-estimer" (W. Schäuble)

INTERVIEW - Pour le ministre allemand des Finances, la crise de confiance que traverse la zone euro est l’occasion de renforcer l’union politique et budgétaire. Il juge nécessaire de changer les traités.

Alors que la crise financière et économique se poursuit dans la zone euro, notamment en Espagne et en Grèce, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, se montre relativement optimiste sur l’Europe, dans un entretien au Figaro.

Photo : ministère fédérale allemand des Finances. LE FIGARO. - Les difficultés de Peugeot en France, les vagues redoutées de licenciements à la rentrée et les possibles répercussions sur les banques françaises sont-elles un sujet d’inquiétude en Allemagne ?

Wolfgang SCHÄUBLE. - La France fait partie du G8. Nous avons pleinement confiance que la France trouvera les bonnes solutions et que l’industrie française restera compétitive. Et la France jouit d’une grande confiance sur les marchés financiers, comme le montrent chaque jour les jugements des marchés.

Y a-t-il une fatalité à la désindustrialisation en Europe ? Ce n’est pas le cas en Allemagne, qui a su garder ses emplois…

L’Allemagne connaît actuellement une conjoncture relativement bonne. Mais nous n’avons pas, non plus, à redouter une vague de désindustrialisation en Europe. Cependant, avec la mondialisation, nous ne resterons compétitifs que si nous sommes à la pointe de l’innovation, du progrès technologique et de la créativité. C’est pourquoi nous accordons une grande importance à la recherche et à la formation en Allemagne. D’ailleurs, comme l’a dit François Hollande pendant sa campagne électorale, il est essentiel de soutenir et de stimuler les petites et moyennes entreprises. La force d’innovation des PME est l’un des facteurs essentiels de la prospérité de l’industrie allemande, notamment dans le sud du pays. Le nord de l’Italie aussi est porté par le dynamisme de ses PME.

Pour rester compétitifs, nous devons continuer à développer des infrastructures performantes et un environnement favorable. En dépit de la crise de confiance que traverse la monnaie commune depuis deux ans, la zone euro restera une zone économique très forte. On le voit d’ailleurs aux taux d’intérêt actuels de la France, de l’Allemagne et d’autres pays membres de la zone euro sur le marché obligataire : les marchés financiers ont un intérêt à investir dans la plus grande zone économique du monde. L’Europe doit cesser de se sous-estimer.

(...)"

11 juillet
2012

France-Allemagne : un nouveau souffle à trouver (Matthias Fekl dans Sud-Ouest)

Né en Allemagne, le député du Marmandais Matthias Fekl, explique sa vision de la relation entre les deux pays.

" Les 50 ans de l’amitié franco-allemande sont commémorés en grande pompe par les dirigeants français et allemands. Avec force cérémonies et gestes symboliques, François Hollande et Angela Merkel se réjouissent de cette relation amicale, héritage des De Gaulle, Adenauer et autres Kohl.

« Les symboles, c’est très bien. C’est essentiel pour perpétuer le devoir de mémoire, dit Matthias Fekl. Mais nous avons surtout besoin d’un vrai projet commun, nous devons aller de l’avant et retrouver un leadership franco-allemand. » (...)

Né à Francfort, le jeune député de 34 ans a passé toutes ses années d’enfance à Berlin. « J’y ai vécu jusqu’à mon bac. J’étais scolarisé au lycée français, et je vivais dans cette citadelle qu’était Berlin-Ouest, au milieu de la dictature. Ça m’a beaucoup marqué, enfant. On voyait régulièrement les unes de journaux consacrées à un homme ou une femme abattu d’une balle dans le dos pour avoir voulu franchir le Mur ». La construction d’un espace de paix et d’amitié européen n’a donc pour lui rien d’anodin. « Cette relation particulière entre les deux pays n’est pas spontanée, poursuit-il. Elle résulte des horreurs de la guerre, et a donné lieu à la plus longue période de paix qu’ait connu le continent. Ce couple franco-allemand est devenu un pivot central de l’Europe, et il faut à tout prix le préserver, sans que les deux États ne fassent bande à part. » Depuis quelques années, souligne Matthias Fekl, les relations entre les deux pays se sont légèrement distendues. « Jacques Chirac, tout comme Gerhard Schröder, n’avait pas cette amitié chevillée au corps. Ils l’ont laissée flotter, sans lui donner de nouvelle impulsion ». Une faute, pour le député. Et d’égrener les signes de cette indifférence naissante : principal présage, les jeunes n’apprennent plus la langue du pays voisin. «  C’est dommage, car il va falloir donner un nouvel élan aux relations entre les deux nations », explique-t-il, bien qu’il n’entretienne lui-même plus d’étroites relations avec son pays natal.

(...)"

8 juillet
2012

"Je veux que la prochaine étape de ce rapprochement franco-allemand se construise autour de la réussite des jeunes" (F. Hollande, L’Union L’Ardennais)

" En 1962, le choix de Reims est un symbole fort. La ville des Sacres, dont la cathédrale fut lourdement bombardée en 1914, fut également le théâtre de la première signature de la reddition allemande, le 7 mai 1945. Au-delà du symbole, quelle importance accordez-vous à cet anniversaire et à la réconciliation elle-même ?

Ce fut un moment très fort lorsque Konrad Adenauer et Charles de Gaulle se sont retrouvés à Reims pour engager le processus qui a conduit au traité sur la coopération franco-allemande. Avec Mme Merkel, il m’appartenait donc cinquante ans après de reprendre l’initiative à Reims. Reims ville martyre de la guerre et ville symbole du renouveau, à la fois lieu historique et expression de la modernité. Avec la Chancelière, nous avons souhaité nous rendre demain à Reims pour lancer ce processus qui, durant ces prochains mois, nous mènera dans d’autres villes françaises et allemandes. Et bientôt à Ludwigsburg, là où le Général de Gaulle s’était adressé à la jeunesse allemande.

Dix-sept ans après la fin de la seconde guerre mondiale, l’amitié franco-allemande n’allait pas de soi. En cinquante ans, elle a connu bien des soubresauts. Comment qualifieriez-vous, deux mois après votre entrée en fonction, l’état de cette relation ?

Malgré des sensibilités souvent différentes nous avons été capables, à chaque étape de notre histoire commune, de nous réunir et de permettre que l’amitié entre la France et l’Allemagne ne dépende pas des couleurs politiques de leurs dirigeants. Avec Mme Merkel, nous avons un devoir qui est de permettre que l’union de nos propres intérêts puisse être une force pour l’ensemble de l’Europe. Nous ne devons pas concevoir notre relation comme un directoire qui ferait que la France et l’Allemagne décideraient seules pour l’Europe. J’ai donc veillé, et Mme Merkel partage parfaitement cette approche, à ce que nous puissions associer d’autres pays à notre démarche et à faire en sorte que les institutions européennes soient le plus possible impliquées, ce qui explique la réussite du dernier conseil européen.

(...)

Comment s’entendre si on ne se comprend pas ? Or, seuls 10 % des jeunes Français choisissent d’apprendre l’allemand à l’école. En vingt ans, cette proportion a chuté de moitié. Que vous inspire ce constat, alors que Jacques Chirac s’était engagé à doubler le nombre « d’apprenants » lors du sommet de Schwerin en 2002. Comment inverser la tendance ?

Le choix de l’apprentissage des langues appartient à la liberté de chaque famille. L’Etat n’a pas à imposer aux jeunes Français ou aux jeunes Allemands une langue qui n’est pas souhaitée. En revanche, dans le traité de l’Elysée de 1963, que nous allons bientôt célébrer, il y avait une dimension liée à la jeunesse. Je veux que la prochaine étape de ce rapprochement franco-allemand, de cette amitié renouvelée, se construise autour de la réussite des jeunes. Pour que la nouvelle génération puisse disposer de toutes les conditions pour progresser, l’acquisition des langues est indispensable. La nouvelle étape de notre coopération franco-allemande aura donc à renforcer les échanges, notamment en matière de recherche, d’enseignement supérieur, de développement de l’apprentissage.
(...)"

Gilles Grandpierre

6 juillet
2012

« Il n’y a plus d’hostilité entre les peuples » (Hélène Miard-Delacroix dans Les Echos)

Hélène Miard-Delacroix, professeur d’histoire allemande à la Sorbonne, Propos recueillis par Catherine Chatignoux et Thibaud Madelin.

" (...)
A quoi sert, selon vous, le traité de l’Elysée ?

Il a donné un cadre d’obligation de rencontres et de concertation au plus haut niveau entre la France et l’Allemagne. Deux fois au niveau des chefs d’Etat, quatre fois pour les ministres des Affaires étrangères, etc. Il s’est révélé utile dès 1963 quand le chancelier Erhard a succédé à Adenauer. Depuis lors, on se rencontre, on se parle, on s’informe. Si bien que les deux pays finissent par intégrer les contraintes de l’autre. Le traité a été enrichi plusieurs fois. Mitterrand et Kohl ont renforcé le dispositif en créant en 1988 un Conseil économique et financier franco-allemand qui se réunit quatre fois par an sur les questions économiques et budgétaires. Ainsi qu’un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité. A nouveau en 2003, les sommets bilatéraux ont été remplacés par des Conseils des ministres communs. Ainsi, le franco-allemand a-t-il créé son propre mythe avec ses récits et ses rituels. Chaque institution nouvelle renforce les liens qui appellent de nouvelles institutions.

Pourtant , on a l’impression que les Français et les Allemands ne se comprennent toujours pas très bien.

Il y eu une pacification entre les peuples. Le rapprochement ne veut pas forcément dire qu’on est amis et qu’on est les mêmes. Mais il n’y a plus de réelle hostilité entre les sociétés.
(...)"

29 juin
2012

Des trains allemands construits par le français Alstom (Economie matin)

"Alors qu’en politique, les relations franco-allemandes restent tendues, il n’en est pas de même dans les affaires  : le constructeur français Alstom vient d’annoncer avoir reçu une commande de la part de la Deutsche Bahn pour 38 trains régionaux. Montant du contrat : 160 millions d’euros.

Il s’agit en réalité d’un partenariat de long terme : cette commande comprend 14 rames correspondant à un accord-cadre signé en 2008 et 24 rames correspondant à la levée d’option d’un contrat signé en 2011. Les trains seront fabriqués sur le site Alstom de Salzgitter, en Basse-Saxe, et la mise en service est prévue en 2015 sur le réseau diesel du sud-ouest de l’Allemagne, dans les régions de Rhénanie-Palatinat, Hesse et Baden-Württemberg.

(...)"

28 juin
2012

Le couple franco-allemand « va bien », dit Bernard Cazeneuve

" Le couple franco-allemand se porte bien et essaye de construire un « compromis solide », a estimé jeudi le ministre délégué aux Affaires européennes Bernard Cazeneuve, alors que doit s’ouvrir un conseil européen jugé décisif pour l’avenir de la zone euro.

François Hollande et Angela Merkel se sont prononcés mercredi soir à Paris pour un approfondissement de l’union économique, monétaire et politique . Mais les dirigeants français et allemand s’étaient opposés ces dernières semaines, Angela Merkel exigeant une organisation fédérale de l’UE avant de mutualiser les risques, tandis que, pour François Hollande, la solidarité doit être accompagnée - mais pas précédée -par des pas vers plus d’intégration.

« Les choses vont bien entre les Français et les Allemands, je crois que nous essayons de construire un compromis solide, et ce compromis solide ne peut pas se construire sur des ambiguïtés, donc nous disons clairement les choses sur ce que nous voulons pour l’Europe », a déclaré Bernard Cazeneuve sur i>Télé.

« Il existe des points de convergence, nous avons beaucoup progressé, il existe encore des sujets de discussions, ils ont été traités par le président de la République et la chancelière hier et la discussion va se poursuivre aujourd’hui à 27 », a-t-il ajouté, se disant très attaché au « moteur franco-allemand ».

(...)".

28 juin
2012

Pour un renouveau dans les rapports franco-allemands (Le Monde)

Wolfgang Asholt, professeur émérite de littérature française à l’Université d’Osnabrück : éditeur de la revue Lendemains. Etudes comparées sur la France ; Henning Krauss, professeur émérite de littérature française à l’Université d’Augsbourg : fondateur et éditeur des Cahiers d’Histoire des Littératures Romanes ; Michael Nerlich, professeur émérite de littérature française à l’Université Technique de Berlin : fondateur et coéditeur de Lendemains ; Dietmar Rieger, professeur émérite de littérature française à l’Université de Giessen : coéditeur des Cahiers ; Evelyne Sinnassamy, co-fondatrice de Lendemains, traductrice ; Joachim Umlauf, directeur de l’Institut Goethe à Paris.

" Quand le jour de son entrée en fonction, François Hollande rencontra la chancelière à Berlin, ils ne discutèrent officiellement pas des rapports franco-allemands, mais de questions financières et économiques. La polémique autour du "modèle allemand" pendant la bataille pour la présidence avait pourtant montré à quel point Allemands et Français se sont éloignés les uns des autres et s’ignorent mutuellement.

Cet état des choses est sujet d’inquiétude en France qui concerne certes les questions concernant l’économie et les finances (voir Jean-Louis Thiériot et Bertrand de Montferrand : France – Allemagne. L’heure de vérité, 2011), mais qui touche aussi la politique européenne en général menacée de perdre l’amitié franco-allemande telle qu’elle s’est formée depuis Adenauer et de Gaulle comme base pour un avenir commun (voir Jacques-Pierre Gougeon : France-Allemagne : une union menacée, 2012), une perte qui pour certains entraîne déjà des perspectives menaçantes (voir Allemagne, les défis de la puissance, La documentation française, 2012).

En Allemagne on ne semble pas partager ces soucis pour le partenariat franco-allemand dont Michel Serres a esquissé l’importance historique dans son discours de remerciement pour le Prix du Maître Eckart, le 3 mai, à Cologne. Car tandis que Pierre Nora dénonce dans la F.A.Z. le néant grandissant dans le dialogue culturel entre les deux pays, soulignant le fait que de moins en moins d’élèves apprennent la langue du voisin, diagnostic confirmé par les dernières informations (Le Monde du 20 mai) montrant que seuls 21% des Allemands considèrent encore la France comme le voisin le plus important et que l’intérêt de la jeunesse allemande pour la France disparaît, des experts allemands répliquent, dans la même F.A.Z. le 26 mars que tout va pour le mieux dans les rapports franco-allemands vu d’une part qu’il n’y a jamais eu de culture franco-allemande et que le voisinage pacifié satisfait le "citoyen lambda", et d’autre part que pour la communication, on peut bien se servir de l’anglais.

Cela nous inquiète, et puisque François Hollande célébrera le 8 juillet à Reims les 50 ans du Traité de l’Elyséequi a scellé une époque de coopération franco-allemande inconnue jusqu’alors, nous lançons à cette occasion un appel pour un renouveau des rapports franco-allemands en rappelant que le rapprochement à la France après 1945 a été constitutif pour la reconstruction de l’identité (culturelle) allemande. C’est pour cela que nous nous permettons de rappeler ce qui est arrêté dans le Traité de l’Elysée : Les deux Gouvernements reconnaissent l’importance essentielle que revêt pour la coopération franco-allemande la connaissance dans chacun des deux pays de la langue de l’autre. Ils s’efforceront, à cette fin, de prendre des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre des élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande. Le Gouvernement fédéral examinera, avec les gouvernements des Länder, compétents en la matière, comment il est possible d’introduire une réglementation qui permette d’atteindre cet objectif.(...)"

21 juin
2012

Ce que la France et l’Allemagne peuvent mutuellement s’apprendre en matière de politique industrielle (Le Monde)

Par Simon Porcher, économiste et enseignant à Sciences Po et Benjamin Silverston, cadre de la ville de Paris

" Classée au 15ème rang mondial dans le palmarès de compétitivité 2010-2011 du World Economic Forum, la France souffre d’un déficit de compétitivité avec son principal partenaire l’Allemagne. En témoigne le déficit commercial français de 70 milliards d’euros en 2011 comparé à l’excédent allemand de 150 milliards d’euros la même année réalisé principalement par son secteur industriel. Un tel écart traduirait le succès du modèle allemand caractérisé, depuis les réformes voulues par le chancelier Gerhardt Schröder, par une maitrise des coûts du travail et une réduction des dépenses sociales.

Alors que la France a perdu 2 millions d’emplois dans le secteur industriel depuis 30 ans et qu’elle a perdu des parts de marché en Europe et dans le monde, d’aucuns estiment que le sursaut de l’économie française passe par l’imitation pure et simple du modèle allemand. Est-ce l’unique alternative ? Si le coût du travail en France a bien dépassé celui de l’Allemagne, il convient de garder en tête que le succès de l’Allemagne repose sur sa compétitivité hors-prix. Alors que certaines propositions émises pour restaurer la compétitivité française doivent être écartées (TVA sociale, dévaluation), c’est le modèle allemand qui devrait en fait évoluer en raison de ses effets pervers pour l’économie européenne et les Allemands eux-mêmes. (...)"