L’actualité

10 mars
2014

Remise du premier "prix franco-allemand de la femme afghane" (08.03.14)

La France félicite chaleureusement Amina Hassani et Sharifa Danish Zaringer, lauréates du "prix franco-allemand de la femme afghane", décerné pour la première fois à Kaboul le 8 mars, à l’occasion de la journée internationale des femmes.

Photographe et journaliste de 22 ans, Amina Hassani s’est engagée dans différentes associations comme le "réseau des photographes afghans" et l’association des femmes journalistes d’Afghanistan. Elle conduit également, à titre bénévole, une action au sein de l’association internationale de protection des enfants de Bamyan.

Poète et sculptrice, Sharifa Danish Zaringer est une enseignante passionnée par les arts et la littérature. Elle s’efforce de rendre l’art accessible aux plus vulnérables, particulièrement aux filles, pour en faire à la fois un loisir et une activité génératrice de revenus.

Choisies par un jury composé de personnalités afghanes et de représentants de la communauté internationale, les deux lauréates seront récompensées par un soutien franco-allemand à un projet de leur choix valorisant l’initiative féminine.

La création de ce prix répond à la volonté commune de la France et de l’Allemagne de rendre hommage aux femmes qui se distinguent dans leur sphère d’activité en projetant une image moderne et positive de la femme afghane.

Le site Internet de l’ambassade de France en Afghanistan
6 mars
2014

FranceMobil : un appel à candidature pour l’enseignement du français en Allemagne

Pour promouvoir le français dans les établissements scolaires allemands, la Robert Bosch Stiftung et l’Institut français d’Allemagne, soutenus par Renault Deutschland AG et l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse se « FranceMobilisent » et proposent 12 bourses d’animateurs FranceMobil en Allemagne du 1er septembre 2014 au 31 juillet 2015.




12 lecteurs francophones, rattachés aux Instituts français et Centres franco-allemands de Berlin, Brême, Düsseldorf, Erlangen, Fribourg, Hambourg, Leipzig, Mayence, Munich et Stuttgart sillonneront les routes des différents Länder pour promouvoir l’apprentissage de la langue et la culture françaises. Les véhicules Renault Kangoo sont mis à disposition par Renault Deutschland AG.

Tour à tour animateurs ou ambassadeurs de la France, dans les écoles primaires, secondaires d’enseignement général ou professionnel, les lecteurs présentent, par leur personnalité et leurs prestations, une image dynamique et actuelle de la langue et de la culture du pays voisin. Ils sont préparés à leurs activités lors d’une formation obligatoire du 21 au 25 juillet 2014 puis tout au long de l’année lors de différents séminaires.

Le montant de la bourse s’élève à 1250€ mensuel. La Robert Bosch Stiftung prend en charge la police d’assurance des intervenants (dans certaines conditions examinées au cas par cas) ainsi que les frais de déplacement liés aux interventions dans les écoles.

Conditions de participation :
  • jeune diplômé(e) de l’enseignement supérieur (bac+3 minimum) de langue maternelle française
  • bonne connaissance de la langue allemande et du système scolaire allemand
  • expériences pédagogiques souhaitées,
  • expérience du Français Langue Etrangère souhaitée
  • esprit d’initiative, flexibilité et mobilité,
  • permis de conduire

Veuillez adresser votre candidature en français au format PDF (curriculum vitae, lettre de motivation et photocopie de votre permis de conduire) jusqu’au 31 mars 2014 à Emmanuelle Bru : emmanuelle.bru [at] diplomatie.gouv.fr

Pour de plus amples informations, vous pouvez appeler au (+49) (0)30 590 03 92 04, écrire un mail à emmanuelle.bru [at] diplomatie.gouv.fr ou consulter le site de l’Institut français d’Allemagne.
19 février
2014

Déclaration du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité (19.02.14)


Les ministres français et allemands des Affaires étrangères et de la défense se sont réunis le 19 février au Quai d’Orsay dans le cadre du conseil franco-allemand de défense et de sécurité.

Plusieurs questions étaient à l’ordre du jour : situation en République Centrafricaine et au Mali, renforcement de la politique de sécurité et de défense commune à la suite du conseil européen des 19 et 20 décembre 2013 et préparation du prochain sommet de l’OTAN, qui se tiendra les 4 et 5 septembre au Royaume-Uni.

Cette réunion a permis de marquer notre volonté de préparer ensemble les prochaines grandes échéances stratégiques. La coopération franco-allemande sur les questions de défense et de sécurité est essentielle pour aller de l’avant dans la construction d’une Europe forte, capable d’assumer ses responsabilités dans la stabilisation des zones stratégiques pour ses intérêts de sécurité.

Déclaration du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité (Paris, le 19 février 2014) Retour à la table des matières

L’Allemagne et la France célèbrent cette année le 25ème anniversaire de la BFA. Depuis 1989, la BFA est un symbole fort du haut niveau de la coopération franco-allemande en matière de défense. Elle constitue également un outil politique et militaire au service des intérêts de sécurité de leurs deux pays et de l’Europe, ainsi que l’ont illustré ses déploiements dans les Balkans et en Afghanistan. Elle évolue et se modernise pour s’adapter à l’évolution de notre environnement et de nos outils de défense : le 1er régiment d’infanterie français sera rattaché à la BFA à l’été, afin de renforcer l’efficacité opérationnelle de la Brigade. La France et l’Allemagne réaffirment leur attachement au principe d’un stationnement croisé des troupes françaises et allemandes.

L’Allemagne et la France réaffirment leur engagement commun politique, militaire, civil et humanitaire pour la stabilisation du Mali. Elles soulignent la pertinence du travail effectué par l’Union européenne, en particulier dans le cadre de la mission EUTM Mali, et appellent à un investissement croissant dans la réorganisation et la formation des forces armées et de sécurité intérieure maliennes. Dans ce contexte, l’Allemagne et la France saluent la planification d’une mission de PSDC civile au Mali ayant pour objectif la formation et le conseil de la police, de la gendarmerie et de la garde nationale. Les deux pays contribueront à cette mission.

Dans cet esprit, la France et l’Allemagne ont décidé d’engager des éléments de la Brigade Franco-Allemande (BFA) au Mali : ce premier déploiement dans le cadre de l’UE et sur un théâtre africain incarnera leur engagement commun pour la stabilisation de la région. La BFA s’intégrera dans la mission européenne EUTM Mali de formation des forces armées maliennes. Cette mission, lancée le 18 février 2013, a déjà permis, en un an, de renforcer les capacités opérationnelles de près de 3000 soldats, de manière à permettre au gouvernement malien d’assurer ses missions régaliennes sur l’ensemble de son territoire. La BFA va désormais y concourir directement.

En RCA, les Nations Unies, l’Union africaine, la France et les pays africains œuvrent, avec leurs partenaires, en faveur de la stabilisation de la situation. La France et l’Allemagne saluent les décisions européennes en vue du lancement d’une opération européenne pour soutenir les efforts de stabilisation dans ce pays. Les deux pays confirment leur engagement au sein des missions de la PSDC dans la Corne de l’Afrique visant à la stabilisation durable de la région.

L’Allemagne et la France, qui ont contribué activement à la Force Internationale d’Assistance à la Sécurité (FIAS) de l’OTAN pendant plus de 12 ans, rappellent leur attachement à la stabilisation durable de l’Afghanistan. Elles soutiennent par ailleurs un engagement de l’OTAN dans ce pays après 2014 et les efforts constants de l’Union européenne en vue de former et de professionnaliser la police civile afghane. Pour l’avenir de l’Afghanistan le soutien civil, économique et politique jouera un rôle déterminant.

Les deux pays continueront à œuvrer ensemble pour la stabilisation des Balkans, y compris à travers la mission européenne d’état de droit EULEX Kosovo. L’Allemagne et la France soutiennent la prolongation du mandat d’EULEX Kosovo au-delà de juin 2014, y compris de ses éléments exécutifs selon les lignes qui seront définies au terme de l’examen de la revue stratégique.

La France et l’Allemagne s’engagent dans une politique européenne de voisinage concernant autant l’Est que le Sud, qui constitue un élément essentiel de la politique étrangère et de sécurité commune. Les deux pays œuvrent en faveur de la paix et de la sécurité dans l’ensemble du voisinage européen. Pour cette raison, ils souhaitent envoyer un signe visible de soutien aux pays engagés dans les réformes : les ministres des Affaires étrangères français et allemand se rendront ensemble dans ces pays. Dans ce contexte, la France et l’Allemagne sont déterminées à soutenir les pays du voisinage dans le cadre de la politique européenne de voisinage rénovée.

Les propositions développées en commun par l’Allemagne et la France ont joué un rôle important dans la préparation des conclusions du Conseil du 25 novembre et du Conseil européen des 19 et 20 décembre 2013 sur la sécurité et la défense. La France et l’Allemagne œuvreront activement à leur mise en œuvre et sont déterminées à poursuivre leurs efforts pour améliorer l’efficacité de la PSDC dans les domaines opérationnel, capacitaire et industriel. Les deux pays sont convaincus que la PSDC constitue un moyen d’action crédible et efficace, grâce à des instruments, allant des outils civils aux moyens militaires robustes, mobilisés de façon coordonnée dans le cadre d’une approche globale de la gestion des crises internationales. L’amélioration continue de l’efficacité et de la mise en œuvre de cette approche globale constitue une priorité pour l’Allemagne et la France.

La France et l’Allemagne souhaitent donner une nouvelle impulsion à la politique européenne de sécurité et de défense commune. L’Allemagne et la France s’engagent en particulier à améliorer les actions de l’UE visant au renforcement des capacités des pays partenaires et des organisations régionales à s’engager dans la résolution des crises, à travers non seulement des actions de conseil et de formation, mais aussi l’équipement des forces de sécurité formées par les Européens, en respectant pleinement les règles européennes et internationales en matière d’exportation d’armements. Dans ce contexte, l’UE doit faire des propositions concrètes lors du Sommet UE-Afrique d’avril prochain permettant à l’Union africaine et aux organisations régionales de renforcer leurs capacités à gérer les crises du continent, y compris dans le domaine de la gestion intégrée des frontières. Une attention devra être portée à la mise en place de capacités civiles pour la gestion des conflits et la prévention des crises, ainsi qu’à la mobilisation en amont des programmes de long terme de l’UE, y compris dans le domaine de la coopération au développement. La France et l’Allemagne appellent également à une mise en cohérence et à un renforcement des actions de l’UE sur la gestion des frontières dans la zone sahélo-saharienne, y compris en Libye. La France et l´Allemagne contribueront à la stabilisation de la Libye et à la sécurité de la zone du Sahel, y compris par une participation commune aux efforts internationaux de désarmement dans ce pays.

Ensemble, la France et l’Allemagne œuvreront par ailleurs activement à la finalisation et à l’adoption, d’ici juin 2014, de la stratégie de sûreté maritime de l’UE et veilleront à une complémentarité des efforts entrepris dans le cadre de l’OTAN en vue du Sommet en Septembre. Elles souhaitent que cette stratégie soit déclinée en plans d’action d’ici à fin 2014, conformément aux conclusions du Conseil européen de décembre. La France et l’Allemagne réitèrent leur attachement au développement des capacités d’anticipation, de planification et de conduite des actions militaires de l’UE. Les deux pays appellent les Etats membres à une amélioration ambitieuse du mécanisme Athéna, notamment pour être en mesure de renforcer les aptitudes de l’UE en matière de réaction rapide, et de conseil et de formation des forces militaires des Etats tiers. L’UE dispose d’une large expérience en gestion civile des crises dans les domaines du conseil stratégique, de la police ou de la gestion de frontières. Pour renforcer l‘efficacité des missions civiles les deux pays s’efforceront à améliorer la planification et la conduite des missions, notamment en ce qui concerne une meilleure transition de leurs tâches vers des acteurs locaux, internationaux ou d’autres instruments européens à plus long terme à la fin d’une mission. L’Allemagne et la France appellent également à une mise en œuvre complète de la feuille de route sur la gestion des crises civiles afin de renforcer l’efficacité et la rapidité du déploiement des missions PSDC civiles de l’UE.

L’Allemagne et la France reconnaissent que la coopération et la mutualisation sont aujourd’hui les voies les plus réalistes et efficaces pour le développement de capacités militaires coûteuses, et affirment leur volonté de s’appuyer sur l’Agence européenne de Défense (AED) dans ce domaine. Elles saluent et encouragent l’élargissement géographique et fonctionnel du Commandement européen du transport aérien (EATC), l’intensification de la coopération entre Européens dans le domaine du ravitaillement en vol, ainsi que la mise en place d’une solution européenne pour la prochaine génération de drones de surveillance.

L’Allemagne et la France sont liées par une longue histoire de coopération étroite dans des projets prometteurs pour développer les capacités militaires. Elles se sont ainsi fixé comme objectif commun l’amélioration des capacités militaires et industrielles en Europe, à travers le développement de drones de surveillance innovants et pionniers. Dans cette perspective et conformément aux conclusions du Conseil européen de décembre 2013, la France et l’Allemagne ont décidé d’établir un groupe de travail commun et de haut niveau, pour analyser, en lien avec les travaux en cours à l’AED, de façon détaillée les exigences techniques et opérationnelles, et examineront les options pour la réalisation d’un projet commun. La France et l’Allemagne vont également intensifier leurs efforts communs dans le domaine de la reconnaissance de situation par des capacités d’observation spatiale, pour encourager et servir de base au développement d’une future capacité européenne.

La France et l’Allemagne appellent à soutenir et à renforcer davantage l’industrie de défense européenne, qui contribue à améliorer l’autonomie stratégique de l’UE, et à favoriser la croissance, l’emploi et l’innovation. Elles appellent à l’élaboration et à la mise en œuvre de propositions concrètes, en particulier concernant la standardisation et la certification, le soutien aux PME composant la Base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE), et le financement des programmes de recherche et développement sur les technologies duales. L’Allemagne et la France entendent également accompagner la réorganisation d’EADS, renommé Airbus Group, et la consolidation des activités défense, espace et sécurité, en réaffirmant leur attachement aux compétences industrielles clefs, localisées notamment en France et en Allemagne. Enfin, une meilleure coordination bilatérale du contrôle d’exportation d’équipements de défense sera également recherchée.

Dans la perspective du prochain Sommet de l’OTAN prévu en septembre 2014, l’Allemagne et la France sont déterminées à faire du maintien d’un haut niveau d’interopérabilité entre les Alliés d’une part, et avec les partenaires de l’OTAN d’autre part, une des priorités de l’Alliance. Elles sont convaincues de la nécessité de garantir la capacité des troupes à opérer ensemble, notamment par une politique de formation, d’entraînement et d’exercices dans le cadre de l’initiative d’interconnexion des forces (CFI). Les deux pays entendent enfin coordonner leurs positions sur des projets structurants de l’OTAN comme la défense anti-missile ou le partage des informations de reconnaissance, de surveillance et de renseignement (JISR). Le concept de nation-cadre sera une contribution importante pour encourager les coopérations capacitaires des Alliés européens. L’Allemagne et la France souhaitent par ailleurs une adaptation conceptuelle de l’opération « Active Endeavour » en Méditerranée aux réalités opérationnelles. La France et l’Allemagne veilleront également à préserver la vocation euro-atlantique de l’Alliance, et à renforcer le partenariat entre l’UE et l’OTAN, y compris dans le domaine de la sécurité maritime. Elles estiment que le prochain Sommet de l’Alliance devra réaffirmer la contribution de l’UE à la sécurité de l’espace euro-atlantique.
19 février
2014

Tribune conjointe des deux Secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande à l’occasion du 16e conseil franco-allemand de défense et de sécurité


L’Europe, une union de solidarités

L’Europe a traversé ces dernières années une crise économique et sociale profonde. Les Européens en subissent encore les conséquences. Le taux de chômage, en particulier des jeunes, atteint des niveaux insupportables dans de nombreux pays de l’Union. Le doute s’est installé. Des mouvements populistes attisent les craintes de beaucoup de nos concitoyens. L’Europe est désignée, à tort, comme le bouc-émissaire de tous nos maux.

En tant que ministres des Affaires européennes et chargés de la coopération entre l’Allemagne et la France, nous ne nous résignons pas. Tout au contraire. L’Europe n’est pas le problème, elle est une des solutions. Nous avons besoin d’une Europe plus forte, plus solidaire, plus prospère et plus juste.

Nous devons redonner du sens et du souffle à l’Europe des solidarités. La solidarité, c’est à la fois un idéal et une valeur, une méthode et des politiques. Nous devons agir pour consolider ce qui fait l’unicité de l’Europe, ce lien insécable entre une union de valeurs et un modèle d’état social.

L’Europe sociale n’a longtemps été qu’un thème pour de beaux discours. Son ambition masquait mal la faiblesse de ses réalisations et des moyens qui lui étaient affectés. Aujourd’hui, nous devons renouer avec la croissance partout en Europe, mais avec une croissance solidaire, qui ne laissera personne au bord du chemin. Nous sommes engagés sur cette voie, avec le pacte de juin 2012 qui a remis la croissance et l’emploi au cœur du projet européen, avec l’union bancaire qui protègera les épargnants et responsabilisera les banques, avec l’inclusion d’une dimension sociale dans l’Union économique et monétaire, avec l’accord sur le détachement des travailleurs qui crée un juste équilibre entre libertés économiques et droits sociaux fondamentaux. La lutte contre le chômage des jeunes s’est traduite par une mobilisation personnelle des chefs d’Etat et de gouvernement, ainsi que par l’allocation, pour la première fois, d’un budget de 6 milliards d’euros en 2014 et 2015 pour lutter contre ce problème dramatique.

Nous devrons continuer à avancer dans les prochains mois. Nous serons mobilisés pour assurer une convergence économique et sociale par le haut. Nous serons naturellement très vigilants à ce que la dimension sociale ne soit pas le parent oublié de la construction européenne. Nous ferons campagne vis-à-vis de nos partenaires européens pour l’introduction de salaires minima définis au niveau national. Nous avons besoin de plus d’ambition pour la cohérence sociale et sociétale.

Dans les périodes de crise économique et sociale, les risques de voir se fissurer les valeurs fondamentales sur lesquelles repose la société européenne sont aussi plus importants. Nous devons défendre ces valeurs sans relâche car il en va de l’identité même de l’Europe. La dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’Etat de droit et l’universalité des droits de l’Homme sont notre socle de valeurs. Chaque fois qu’elles sont attaquées, c’est la confiance des Européens dans leur projet commun qui s’érode, c’est la fonction de modèle que l’Europe joue pour son voisinage, à l’est comme au sud, qui s’altère. Il suffit de quitter l’Europe pour en prendre la mesure. Ceux qui manifestent sur la place Maïdan à Kiev comme ceux qui tentent, au péril de leur vie, de traverser la Méditerranée ont des « envies d’Europe ». Nos valeurs créent des aspirations. C’est aussi la raison pour laquelle nous sommes aussi ouverts à l’élaboration d’un mécanisme politique visant à assurer de façon plus efficace le respect de nos valeurs au sein de l’Union Européenne, sans affaiblir les instruments existants.

L’Europe que nous portons ensemble, c’est à la fois une Europe des solutions concrètes et une Europe qui ne cède rien sur ses valeurs. Démocratie, croissance et solidarité, voilà le triptyque que nous entendons faire vivre pour relancer l’Europe, redonner confiance aux citoyens, et permettre à chaque génération de contribuer concrètement, en tant qu’Européens convaincus, à un monde meilleur. C’est cela, le rêve européen qui guide notre action.

Thierry Repentin, Ministre délégué auprès du Ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes

Michael Roth, Ministre adjoint aux Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes

Egalement Secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande
5 février
2014

Déplacement de Thierry Repentin en Allemagne (5 février 2014)

Thierry Repentin, ministre délégué chargé des affaires européennes, se rend aujourd’hui à Berlin pour y rencontrer son homologue allemand, Michael Roth.

Les deux ministres délégués, également secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande, feront notamment le point sur les principaux sujets de l’agenda européen, les enjeux de notre coopération transfrontalière et les prochains événements franco-allemands - qui incluront des visites conjointes des deux ministres délégués dans des régions de nos deux pays ainsi que dans d’autres Etats membres de l’Union européenne.

MM. Repentin et Roth évoqueront également la préparation du 16ème conseil des ministres franco-allemand, qui se tiendra à Paris le 19 février et permettra de progresser dans la mise en œuvre de nos projets bilatéraux.

Enfin MM. Repentin et Roth rencontreront des acteurs de la coopération bilatérale, dont Béatrice Angrand, secrétaire générale de l’Office franco-allemand pour la jeunesse, et de jeunes créatifs engagés dans la relation franco-allemande.
27 janvier
2014

Communiqué du Conseil économique et financier franco-allemand (CEFFA) (Paris, 27/01/2014)

Le quarante-sixième Conseil économique et financier franco-allemand (CEFFA) s’est réuni le 27 janvier 2014. Sigmar Gabriel, Wolfgang Schäuble, Jens Weidmann, Pierre Moscovici et Christian Noyer ont évoqué de manière approfondie la situation économique de l’Union européenne et de l’Eurozone, notamment les évolutions en cours en matière de stabilité financière de l’UE, et discuté des stratégies économiques mises en oeuvre en France et en Allemagne.

Depuis sa création par un protocole additionnel au traité de l’Élysée en 1988, le Conseil économique et financier franco-allemand, qui rassemble les ministres de l’économie et des finances et les gouverneurs des banques centrales, a joué un rôle crucial dans le renforcement de la coopération bilatérale économique et financière entre les deux pays. Il a été déterminant dans le rapprochement des orientations de la France et de l’Allemagne sur les questions les plus fondamentales de l’Union économique et monétaire.

Le Conseil économique et financier franco-allemand se félicite des stratégies de réforme économique récemment annoncées en France et en Allemagne et encourage chaque pays à poursuivre ses efforts pour contribuer à l’équilibre et à la résilience économique de la zone euro.

Le Conseil économique et financier franco-allemand note que, depuis sa dernière réunion, des progrès significatifs ont été réalisés en ce qui concerne la mise en oeuvre des politiques renforçant l’Union économique et monétaire et soutenant la croissance, l’emploi et la compétitivité :
  • La zone euro réalise des progrès importants pour surmonter la crise. La situation économique s’est nettement améliorée au cours de l’année 2013. La zone euro a surmonté la récession et retrouvé le chemin de la croissance. En 2014, le FMI et la Commission européenne prévoient une croissance de 1 % du PIB de la zone euro.

  • Le Pacte pour la croissance et l’emploi adopté en juin 2012 constitue l’un des instruments principaux de l’Union Européenne pour relancer la croissance, l’investissement et l’emploi, ainsi que la compétitivité européenne. Si des progrès substantiels ont été obtenus dans de nombreux domaines, il convient de s’assurer que les potentialités du Pacte sont déployées à leur plein potentiel. En particulier, il est important que la Banque européenne d’investissement, ainsi que le Fonds européen d’investissement dont la capacité va être accrue par une augmentation de capital et un nouveau mandat de la Banque européenne d’investissement, continuent à renforcer l’impact de leur action sur l’économie réelle, en particulier en faveur des petites et moyennes entreprises (PME) et de l’emploi des jeunes, afin de contrebalancer efficacement le climat d’aversion au risque actuellement constaté au sein des économies européennes. Plus largement, les initiatives de marché poursuivant de tels objectifs devraient être encouragées. En outre, il convient de s’efforcer de poursuivre la mise en oeuvre effective de la garantie pour la jeunesse, pour améliorer la capacité de création d’emplois des marchés du travail et d’accroître la mobilité des travailleurs. En ce qui concerne la réglementation intelligente, la France et l’Allemagne vont renforcer leur coopération, notamment au travers d’initiatives conjointes permettant de faire progresser l’agenda européen.

  • Les progrès significatifs obtenus au sein de la zone euro en matière de consolidation budgétaire portent désormais leur fruit, les niveaux d’endettement devant se stabiliser en 2014 et décroître à partir de 2015. Cette situation, associée à la reprise économique en cours, démontre qu’un assainissement budgétaire favorable à la croissance a été et demeure une stratégie efficace et équilibrée. Plus spécifiquement, réaliser la surveillance des efforts budgétaires en premier lieu en termes structurels a permis de préserver la croissance tout en maintenant un rythme crédible de redressement des comptes publics, en conformité avec le pacte de stabilité et de croissance. Le budget de l’Union Européenne contribuera également aux efforts de stabilisation de l’économie, reflétant l’importance plus grande accordée aux dépenses soutenant la croissance et la création d’emplois du cadre financier pluriannuel 2014-2020.

  • En complément du mécanisme de surveillance unique déjà adopté, l’obtention d’un accord final sur le mécanisme de résolution unique constituera une étape cruciale dans l’achèvement de l’union bancaire. Une orientation générale et des conclusions spécifiques ont été adoptées par le conseil de l’union européenne sur le mécanisme de résolution unique.

Les ministres français et allemands poursuivront leurs travaux en vue d’approfondir l’Union économique et monétaire et assisteront activement le président de la République et la chancelière en vue d’en accroître la robustesse, la viabilité économique et le caractère démocratique. Conjointement avec nos partenaires de la zone euro, ils sont résolus à poursuivre le renforcement de l’union économique européenne, en encourageant l’appropriation des réformes, l’engagement à les poursuivre et la solidarité. Cela garantira la compétitivité, la croissance future, la soutenabilité des finances publiques et l’emploi, au bénéfice des générations futures.

Dans la continuité de cette coopération durable et fructueuse, la quarante-sixième réunion du Conseil économique et financier franco-allemand s’est accordée sur :
  • la nécessité de poursuivre les efforts entrepris par la France et l’Allemagne pour soutenir la croissance et l’emploi, par des stratégies économiques nationales saines et cohérentes, une orientation budgétaire appropriée et la mise en oeuvre déterminée du Pacte pour la croissance et l’emploi de 2012 ;

  • la nécessité d’une initiative européenne en vue de séparer les activités spéculatives des autres activités bancaires, tout en préservant le modèle européen existant de banque universelle. La France et l’Allemagne ont promulgué des textes législatifs au niveau national visant à séparer strictement les activités spéculatives des autres activités bancaires. Ces réformes suivent largement les constats et les recommandations du groupe d’experts de haut niveau présidé par le gouverneur Liikanen. Elles ont vocation à participer d’un mouvement plus vaste visant à une approche européenne cohérente de séparation structurelle, applicable sans exception dans l’ensemble du marché unique. Elles ont également pour finalité de préserver la capacité des banques européennes à financer l’économie, tout en préservant la possibilité pour les superviseurs de déterminer si les activités de marché doivent ou non être séparées, en fonction de la caractérisation des risques ;

  • la priorité qui doit être accordée à l’obtention d’un accord final sur le mécanisme de résolution unique (MRU) avant la fin de la législature actuelle. La France et l’Allemagne travailleront activement pour permettre une finalisation rapide de l’accord intergouvernemental et des discussions avec le Parlement européen sur le règlement MRU sur le fondement de l’orientation générale du Conseil obtenu en décembre. En complément, nous nous accordons sur l’objectif d’aboutir à un accord politique final lors de la réunion de l’Eurogroupe du 10 mars prochain sur l’instrument de recapitalisation directe par le mécanisme européen de stabilité ;

  • le fait que la France et l’Allemagne feront des propositions communes en vue d’obtenir un compromis sur un dispositif commun de taxation des transactions financières dans les prochains mois, avec l’ensemble de nos partenaires de la coopération renforcée. L’objectif est de garantir une contribution équitable des marchés financiers aux efforts budgétaires, d’améliorer la stabilité financière et d’harmoniser les législations nationales, tout en préservant pleinement les mécanismes de politique monétaire et le financement de l’économie ;

  • le principe d’une collaboration active et constructive dans les prochains mois sur la convergence et l’harmonisation fiscale, y compris par des propositions communes sur la directive sur l’assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés et la directive mère-filiale ;

  • la nécessité de poursuivre activement les efforts conjoints de la France et de l’Allemagne pour lutter contre l’érosion des bases fiscales et les transferts de bénéfices, d’adopter dans les prochains mois et de mettre en oeuvre sans délai le futur standard sur l’échange automatique d’informations afin d’accroître la transparence et d’améliorer significativement la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales ;

  • l’organisation de quatre ateliers dans le cadre de la coopération en matière de recherche économique lancée lors de la précédente réunion du Conseil économique et financier franco-allemand à Berlin le 7 mai 2013. La première session aura lieu à Berlin le 8 avril et se concentrera sur l’avenir de l’Union économique et monétaire - systèmes juridiques et institutions. Le deuxième se tiendra à Paris fin avril prochain et portera sur les systèmes de protection sociale et les évolutions démographiques. Ces deux ateliers seront organisés conjointement par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective et l’Institut franco-allemand de Ludwisgbourg.

Les ministres rendront compte à la chancelière et au président de la République en vue du conseil des ministres franco-allemand qui aura lieu à Paris le 19 février prochain.

(Source : site Internet du ministère de l’économie et des finances)
22 janvier
2014

Journée franco-allemande (22.01.14)


Le 22 janvier est chaque année l’occasion de célébrer l’amitié franco-allemande.

Journée franco-allemande au Quai d’Orsay Retour à la table des matières

Thierry Repentin, ministre délégué chargé des Affaires européennes, a reçu plusieurs groupes d’élèves étudiant le français ou l’allemand, dans le cadre de la journée franco-allemande et des "Journées Découvertes" de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ).

Signature du Traité de l’Elysée (22 janvier 1963) Retour à la table des matières



La coopération franco-allemande en chiffres Retour à la table des matières


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Organisation de la journée franco-allemande Retour à la table des matières

Les ministères des Affaires étrangères des deux pays, les ministères de l’Éducation et des Affaires culturelles des Länder allemands et le ministère français de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche contribuent, en termes de financement et d’organisation, à la mise en œuvre de la "Semaine franco-allemande".

Mais les écoles et les institutions culturelles, en s’investissant par leurs propres projets dans cet ensemble de manifestations, ainsi que les initiatives privées menées dans les deux pays, jouent également un rôle décisif pour lui donner forme.

Pour en savoir plus :
21 janvier
2014

Rencontre entre les ministres des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier et Laurent Fabius (Paris, 21.01.14)

Rencontre entre les ministres des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier et Laurent Fabius (Paris, 21 janvier 2014)
Laurent Fabius et Frank-Walter Steinmeier ont évoqué les grands sujets de l’actualité internationale, notamment la situation en République centrafricaine, au Sahel et en Syrie.

Les deux ministres ont étudié également les moyens de renforcer la coopération entre les ministères français et allemand des Affaires étrangères.

Enfin, ils se sont entretenus de la préparation du Conseil des ministres franco-allemand, qui se tiendra à Paris le 19 février prochain.


14 janvier
2014

Conférence de presse de François Hollande : la dynamique franco-allemande pour relancer l’idée européenne (14/01/14)

Conférence de presse de François Hollande : la dynamique franco-allemande pour relancer l’idée européenne (14 janvier 2014)
Le président de la République française, François Hollande, a tenu une conférence de presse le mardi 14 janvier 2014 à 16h30 au Palais de l’Elysée.

Lors de cette conférence, François Hollande a largement évoqué les questions européennes et en particulier la relation franco-allemande autour de trois propositions :
  • une convergence économique et sociale entre la France et l’Allemagne ;
  • la transition énergétique ;
  • l’Europe de la défense.




"[…] Mais l’année 2014, elle ne peut plus être simplement de colmater les brèches, d’éviter les crises ou de prévenir simplement la récession. Cela doit être aussi la relance de l’Europe. Je l’avais évoqué lors de la dernière conférence de presse. Ces initiatives pour l’Europe, elles doivent d’abord être entre la France et l’Allemagne. Je fais trois propositions.

Une initiative pour une convergence économique et sociale entre la France et l’Allemagne. De ce point de vue, la décision allemande, dans le cadre de la grande coalition, d’instaurer un salaire minimum, est un premier pas. Mais nous devons aussi, nous – c’est le sens du pacte de responsabilité dont je parlais – harmoniser les règles fiscales, notamment pour les entreprises, entre la France et l’Allemagne.

Deuxième initiative : nous coordonner pour la transition énergétique. Ça, c’est un grand enjeu pour l’Europe. Mais nous devons, France et Allemagne, montrer l’exemple. Dans le développement des énergies renouvelables, l’Allemagne a pris de l’avance. Dans le stockage et les réseaux d’énergie, là, nous pouvons aussi montrer que nous sommes en avant-garde. Et surtout, dans la constitution de filières industrielles communes pour la transition énergétique.

Nous sommes très fiers du résultat d’Airbus, exceptionnel, grande entreprise franco-allemande, mais pas simplement franco-allemande, européenne. L’idée, c’est de faire une grande entreprise franco-allemande pour la transition énergétique. Une belle alliance.

Enfin, la dernière initiative pourra surprendre. Je souhaite qu’il y ait un couple franco-allemand qui puisse agir pour l’Europe de la défense. Bien sûr, il y a la Brigade franco-allemande, Jean-Yves Le Drian pourrait en parler mieux que moi. Mais nous devons faire davantage qu’une brigade. Nous devons montrer une responsabilité commune pour la paix et la sécurité dans le monde.

Il va y avoir un Conseil des ministres franco-allemand qui va se réunir à Paris très prochainement, le 19 février. Nous allons poser un principe, la Chancelière et moi-même. Que nos deux gouvernements se coordonnent en amont sur tous les grands projets. Cette dynamique franco-allemande nous permettra, si nous en sommes capables et je crois que nous le serons, de relancer l’idée européenne, au lendemain des élections au Parlement européen.

Nous devons avancer vers une Union économique et monétaire, avec une Zone Euro qui puisse avoir un vrai gouvernement et avec des objectifs qui seraient la croissance, l’emploi, y compris même sur le plan industriel et avec une capacité financière qui pourrait nous donner des moyens pour agir. Ce serait ça un gouvernement de la Zone Euro.

Je veux ici rassurer les frileux, notamment à la veille de ce Parlement européen qui va être renouvelé, il ne faut pas avoir peur de l’Europe, il faut plutôt craindre qu’elle ne s’affaiblisse et qu’elle ne finisse par disparaître. Faire l’Europe, ce n’est pas défaire la France. C’est, au contraire, en renforçant davantage l’Europe que l’on protégera davantage la France.

Je ne laisserai pas faire, au cours des prochains mois, ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne. Pas seulement en France, il y en a d’autres, parfois même aux gouvernements. Je ne laisserai pas faire ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne ou ceux qui veulent briser l’acquis communautaire, c’est-à-dire tout ce qui a été fait depuis des générations et des générations.

Je ne laisserai pas non plus faire ceux qui veulent sortir de l’euro, qui pensent ainsi sauver la Nation alors qu’ils la mettent en péril. Parce que notre avenir, c’est dans l’Europe, mais une Europe que nous devons réorienter. [...]"