L’actualité

22 octobre
2014

Festivités prévues en France pour les 25 ans de la chute du Mur de Berlin – octobre à décembre 2014

A l’occasion du 25ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, plusieurs institutions présentes en France proposent des manifestations - tables rondes, colloques, expositions, concerts - autour de cet événement (liste non exhaustive).

OCTOBRE
  • Lecture-rencontre « Le jour où le mur de Berlin n’est pas tombé »


    Le 27 octobre 2014 au Goethe Institut

Soirée audiovisuelle, musicale et artistique animée par Katja Petrovic à l’occasion du 25ème anniversaire de la chute du Mur, organisée dans le cadre des « uchroniques », qui rassemblent quinze étudiants entre 21 et 25 ans, de cursus et d’origines différentes, réunis dans le Master Pro « Lettres Modernes Appliquées, spécialité édition », à l’université de la Sorbonne.

Pour plus d’information : http://www.goethe.de/

NOVEMBRE
  • Exposition consacrée à la photographe allemande Barbara Klemm

Du 6 au 26 novembre 2014 à la Galerie 24Beaubourg


Pour la première fois en France, le public pourra découvrir le travail de la photographe Barbara Klemm (1939), après l’exposition qui lui a été consacrée cette année au Martin-Gropius-Bau de Berlin. Photographe de presse pendant cinquante ans, Barbara Klemm a immortalisé les grands événements politiques, sociaux et culturels qui ont marqué notre époque.
Elle est considérée en Allemagne non seulement comme une grande photographe de presse, mais également comme une grande photographe d’art.

Pour plus d’information : http://www.24beaubourg.com

A noter : le 5 novembre, le Goethe Institut organisera un événement autour de la photographe Barbara Klemm.
  • Conférence-débat « 1989-2014 : Quels murs sont tombés en Europe ? »

Le 6 novembre 2014 à 19h30 à la Maison Heinrich Heine. En coopération avec l’Institut für Auslandsbeziehungen, l’Ambassade d’Allemagne et le site « Boulevard Extérieur »

Table ronde autour de Wolfgang Thierse et Jean-Louis Bianco – modération : Daniel Vernet.


Le parcours de Wolfgang Thierse est marqué par son engagement politique depuis l’époque de la RDA jusqu’à aujourd’hui. Il entre en 1976 au ministère de la culture de la RDA, jusqu’à ce qu’il se fasse licencier à cause de son opposition à l’expatriation de Wolf Biermann. Son engagement démocratique l’a conduit au poste de président du SPD de la RDA. En 1998, Wolfgang Thierse est le premier ancien citoyen de la RDA à occuper le poste de président, puis de vice-président du Bundestag. Il a reçu pour ses activités politiques les prix Theodor-Heuss et Ignatz-Bubis en 2001. Jean-Louis Bianco est ancien secrétaire général de l’Elysée, deux fois ministre, ancien député.

Pour plus d’information, consulter le site internet de la Maison Heinrich Heine.
  • Concert « Musique d’un pays qui a disparu »

Les 8 et 9 novembre 2014 au Conservatoire Frédéric Chopin, 43 Rue Bargue, Paris

Musique et chant de la RDA : 1949-1989. Un programme intensif de musique et théâtre de l’Allemagne de l’Est avant la réunification il y a 25 ans.

Pour plus d’information : http://conservatoirechopin.free.fr
  • Exposition « Faire tomber les murs »

Du 12 au 23 novembre 2014 à la Maison Heinrich Heine. En coopération avec l’Esam Caen-Cherbourg, l’Ecole Estienne et le CIDAL.


Jamais autant de murs n’ont été érigés dans le monde depuis 1989. À l’occasion du 25ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, l’Esam Caen /Cherbourg a proposé à l’Ecole de Recherche Graphique à Bruxelles et la Hochschule für Angewandte Wissenschaften à Hambourg de mener un travail collectif de création graphique sur la problématique du mur comme entrave, dans ses dimensions à la fois territoriale, sociale et symbolique.

Pour plus d’information, consulter le site internet de la Maison Heinrich Heine.
  • Table ronde « La RDA dans l’imaginaire français : tout était-il si gris derrière le mur ? »

Lundi 17 novembre 2014 à 19h30 à la Maison Heinrich Heine

Avec Jean-Louis Leprêtre, Brigitte Mazon et Laure Siaud - modération : Sonia Combe.


La RDA était dans l’opinion publique française plus grise encore que les autres sociétés de type soviétique. Des témoins français, comme Brigitte Mazon, Laure Siaud et Jean-Louis Leprêtre avaient connu cette grisaille. Sonia Combe est historienne et correspondante de Libération entre 1985 et 1989.

Pour plus d’information, consulter le site internet de la Maison Heinrich Heine.

DECEMBRE
  • Colloque « Ciel partagé – mémoire commune ? Le Mur de Berlin : histoire, mémoire et représentations »

Du jeudi 4 décembre au vendredi 5 décembre au Goethe Institut


Il y a 25 ans, le 9 novembre 1989, tombait le Mur de Berlin. 28 années durant, il avait divisé la ville, l’Allemagne, l’Europe et même le monde en deux blocs rivaux. À l’occasion de cet anniversaire, ce colloque entend revenir sur un événement qui a été perçu et vécu par les contemporains comme un véritable changement d’époque : la fin de la Guerre froide et peut-être même la fin de « l’après- guerre ». Les intervenants reviendront sur l’émotion suscitée par la construction et la chute du Mur, analyseront les différentes mémoires du Mur et ses représentations à travers la littérature, le cinéma, la photographie, la musique et la peinture.

Pour plus d’information : http://www.goethe.de
  • Débat « 1989-2014 : à la recherche d’une "autre Allemagne" »

Le 16 Décembre 2014 à 19h30 à la Maison Heinrich Heine

Débat avec Alfred Grosser, professeur émérite à Sciences Po Paris, Christian Wenkel, de l’Institut historique allemand de Paris, animé par Hélène Miard-Delacroix, professeur à l’Université Paris-Sorbonne, organisé à l’occasion de la parution du dernier ouvrage de Christian Wenkel.


Avec la division de l’Allemagne en 1949, la théorie des « deux Allemagne », profondément ancrée dans la conscience collective des Français, semble pour la première fois correspondre à une réalité géographique et politique. Christian Wenkel analyse les raisons pour lesquelles la France a entretenu des relations si intenses avec le deuxième État allemand.

Pour plus d’information, consulter le site internet de la Maison Heinrich Heine.
21 octobre
2014

Entretien d’Harlem Désir avec Peter Friedrich, ministre des affaires fédérales, européennes et internationales du Land de Bade-Wurtemberg – 20 octobre 2014


MM. Friedrich et Désir

Harlem Désir, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, s’est entretenu le 20 octobre 2014 avec Peter Friedrich, ministre des affaires fédérales, européennes et internationales du Land de Bade-Wurtemberg.

MM. Désir et Friedrich se sont félicités du dynamisme de notre coopération transfrontalière, notamment dans les domaines de la formation et de l’emploi. Cette coopération doit en particulier ouvrir à la jeunesse de nouvelles perspectives professionnelles, culturelles et éducatives.

Les échanges ont également porté sur les enjeux de la croissance et de l’investissement en Europe, et sur notre coopération dans le domaine de l’énergie.

Harlem Désir s'entretient avec Peter Friedrich
21 octobre
2014

Michel Sapin et Emmanuel Macron rencontrent à Berlin leurs homologues Wolfgang Schäuble et Sigmar Gabriel - 20 octobre 2014


MM. Sapin, Schäuble, Macron et Gabriel

M. Michel Sapin, ministre des finances et M. Emmanuel Macron, ministre de l’économie, se sont rendus à Berlin le 20 octobre 2014 pour rencontrer leurs homologues, M. Sigmar Gabriel, vice-Chancelier allemand, ministre de l’économie et de l’énergie, et M. Wolfgang Schäuble, ministre des finances.

Ce déplacement s’inscrit dans un programme d’entretiens qui a débuté cet été, dans une période où se discutent les principaux axes de la politique de croissance européenne pour les prochaines années.

Lors de la réunion de travail, les quatre responsables ont abordé, outre la situation économique de la zone euro, la question de l’investissement, de son financement - suite aux propositions faites conjointement par Michel Sapin et Wolfgang Schäuble lors du conseil informel pour les affaires économiques et financières à Milan mi-septembre, ainsi que le lien avec les réformes structurelles, en ligne avec la mission qui a été confiée par Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel aux économistes allemand et français Henrik Enderlein et Jean Pisani-Ferry.

Ces derniers présenteront mi-novembre leurs propositions concernant les domaines prioritaires d’investissements, de réformes structurelles et d’actions communes pour la France et pour l’Allemagne.

MM. Schäuble et Sapin


MM. Macron et Gabriel
20 octobre
2014

8ème promotion du MEGA (2015-2016) : les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 31 octobre 2014

Le Master européen de gouvernance et d’administration (MEGA) est destiné aux agents des fonctions publiques française et allemande, ainsi qu’à des cadres d’autres pays européens et du secteur privé.

Après le succès du lancement en 2013 du MEGA nouvelle formule sur deux ans et en alternance avec le maintien en activité professionnelle, une 8ème édition du MEGA se tiendra au cours de la période 2015-2016.

La procédure de recrutement est ouverte jusqu’au 31 octobre 2014.

Organisé sur deux ans, et autour de quatre modules d’enseignement de deux semaines à Paris, Potsdam, Strasbourg et Berlin, ce format permet aux participants de confronter le contenu pédagogique de la formation avec leurs propres expériences professionnelles dans une perspective franco-allemande et européenne comparée. Un stage de neuf semaines dans une administration du pays partenaire ou dans une institution européenne vient compléter les enseignements et le travail à distance entre les modules.

Avec cette formation commune, des partenaires de premier plan offrent aux cadres des secteurs public et privé une occasion unique de se préparer aux nouveaux enjeux de la coopération administrative en Europe.

Pour plus d’information, vous pouvez télécharger la nouvelle brochure bilingue ou consulter le site web www.mega-master.eu.
15 octobre
2014

"Soyons unis face aux crises !" - Tribune de Laurent Fabius parue dans "Le Figaro" et dans la "Frankfurter Allgemeine Zeitung" le 15 octobre 2014


Pour la première fois, un ministre des Affaires étrangères français participe ce mercredi au Conseil des ministres allemand - comme, il y a cinq mois, le ministre des Affaires étrangères allemand au Conseil des ministres français.

Certains jugeront peut-être qu’il ne s’agit que d’une image supplémentaire d’une amitié franco-allemande fatiguée. Ils auraient tort et méconnaîtraient deux réalités : la profondeur des relations entre nos deux pays et la gravité des crises auxquelles nous devons faire face ensemble.

Bien sûr, des différences existent entre nous. Nos cycles politiques et économiques ne sont pas identiques. Nos sociétés réagissent à leur histoire propre, à leurs mythes, à leurs illusions parfois. Ces différences peuvent tenir à des malentendus : il nous revient de les lever. Elles peuvent aussi résulter de motifs de fond : c’est alors que le dialogue et la concertation doivent permettre de parvenir à la bonne solution.

Ceux qui pensent pouvoir lire dans les débats qui nous animent un déclin de la relation franco-allemande font fausse route. Ceux qui croient bon de réveiller les vieux spectres de l’animosité à l’égard du voisin s’agitent en vain. L’amitié entre nos deux pays est très solide et dépasse, heureusement, les vicissitudes de court terme.

Car nous avons à faire face, Allemagne et France, au même monde de tous les dangers : crise géopolitique aux portes de l’Europe, en Ukraine ; crises en Syrie, en Irak, en Libye avec l’apparition de nouvelles puissances terroristes ; crise sanitaire avec l’épidémie du virus Ebola ; crise climatique face à la croissance incontrôlée des émissions de gaz à effet de serre qui menace notre planète.

Face à ces défis inédits par leur amplitude et leur simultanéité, nous devons agir et nous agissons main dans la main avec mon homologue et ami allemand Frank-Walter Steinmeier afin d’y répondre et de contribuer à construire notre avenir commun.

En Afrique, notre contribution commune face aux menaces terroristes qui mettent les États en péril est indispensable. Au Mali, nous avons mobilisé la brigade franco-allemande au sein de la mission européenne chargée de la formation des forces armées. Nous connaissons les contraintes institutionnelles avec lesquelles nos amis allemands prennent ces décisions : nous n’en apprécions que davantage cet engagement. En Ukraine, nous travaillons ensemble à la recherche d’une solution politique. Pour l’atteindre, nous sommes disposés à apporter, unis, une contribution à la surveillance du cessez-le-feu. En Irak et en Syrie, notre réponse aux terroristes de Daech est concertée sur les plans politique et logistique.

De même, pour lutter contre le fléau d’Ebola, nous avons d’emblée coordonné nos actions, déployé du personnel médical dans des zones difficiles et mobilisé nos contributions. Afin d’acheminer le personnel et l’aide nécessaire aux pays touchés par l’épidémie, nos deux pays ont mis en place un pont aérien. Dans les prochains jours, nous devrons nous tenir prêts à mobiliser encore davantage nos capacités et celles de nos partenaires pour répondre à l’expansion de l’épidémie.

Au-delà de la réponse à ces crises, nous travaillons main dans la main à une réponse internationale face au défi climatique qui menace la planète. La France et l’Allemagne démontrent qu’avec des caractéristiques différentes l’unité est possible pour atteindre des objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. D’ici à la Conférence des Nations unies sur le climat que la France accueillera en décembre 2015 et dans le contexte de la présidence allemande du G7, nos deux pays agiront de concert pour convaincre et faire avancer ce dossier majeur.

La leçon de ces actions conjointes est simple : la France et l’Allemagne portent une responsabilité particulière en Europe, héritée de l’Histoire et de leur poids. Dans des circonstances nouvelles, nos deux pays doivent sans cesse réinventer un tandem efficace. Chacun sait qu’une Europe dans laquelle le couple franco-allemand n’est plus moteur perdrait sa dynamique.

En particulier par rapport à l’obsédante question du chômage, nous avons besoin de propositions communes pour stimuler l’investissement et la croissance. Si l’on veut poursuivre l’intégration européenne, si l’on souhaite que l’Europe pèse dans la résolution des crises, si l’on désire additionner les beaux principes de 1789 et de 1989, le partenariat franco-allemand est vital. C’est donc en conjuguant nos forces, en étant côte à côte pour les grands choix, que nous permettrons à notre continent d’être un des acteurs majeurs de demain. La communauté d’action entre la France et l’Allemagne est donc plus nécessaire que jamais au grand dessein européen, en relation étroite avec nos autres partenaires européens, à l’image du partenariat noué avec la Pologne dans le cadre du « triangle de Weimar », que j’accueillerai le 24 octobre à Paris.

Un mot plus personnel enfin. Lors de mon dernier passage à Berlin, j’ai pris quelques instants pour contempler la ville depuis les fenêtres de l’ambassade de France. Face à moi, la porte de Brandebourg, symbole de l’Allemagne d’aujourd’hui. Dans cette symbolique des lieux mêlant nos deux pays, je vois l’incarnation de l’amitié qui nous unit. Belle image de ce que sont nos liens : un atout puissant dans la période incertaine que nous traversons. Veillons à maintenir ces liens forts face au monde multi-crises qui nous entoure.
14 octobre
2014

Déplacement de Laurent Fabius à Berlin le 15 octobre 2014


Laurent Fabius assiste aux côtés de son homologue Frank-Walter Steinmeier au Conseil des ministres allemand
Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, s’est rendu à Berlin le 15 octobre 2014.

Pour la première fois s’agissant d’un ministre des affaires étrangères français, M. Fabius a participé au conseil des ministres allemand - comme son homologue l’avait fait à Paris en mai. Cette réunion exceptionnelle illustre le dynamisme de la relation franco-allemande. Il y a évoqué les principaux enjeux internationaux : lutte contre Daech, Mali, Nigeria, République centrafricaine, lutte contre l’épidémie d’Ebola.

MM. Fabius et Steinmeier se sont ensuite rendus au Bundestag pour une audition conjointe devant la commission des affaires étrangères. Après leur audition conjointe à Paris le 2 octobre, il s’agit, là encore, d’une première entre nos deux pays. Cette réunion a permis aux ministres d’évoquer les principales crises internationales et les actions communes engagées pour y faire face.

Par ailleurs, dans une tribune parue dans "Le Figaro" et dans la "Frankfurter Allgemeine Zeitung" datés du 15 octobre 2014, Laurent Fabius a rappelé son attachement à l’amitié franco-allemande ainsi que la nécessité d’une action commune pour répondre aux crises actuelles et contribuer à construire notre avenir commun.

Le prochain rendez-vous des deux ministres sera un déplacement commun au Nigéria à la fin du mois d’octobre 2014. En avril 2014, ils s’étaient déjà rendus ensemble en Moldavie, Géorgie et Tunisie, une première pour les chefs de la diplomatie française et allemande.


MM. Laurent Fabius et Frank-Walter Steinmeier


MM. Laurent Fabius et Frank-Walter Steinmeier

Crédit photo : Michael Gottschalk/ photothek.net
8 octobre
2014

Steinmeier, le ministre allemand devenu poids lourd de la diplomatie mondiale

Article de Frédéric Lemaître, correspondant à Berlin, publié dans l’édition du Monde datée du 3 octobre 2014 et reproduit avec l’aimable autorisation du quotidien.


Depuis quelque temps, Frank-Walter Steinmeier, le ministre allemand des affaires étrangères, sort régulièrement de sa poche un drôle de petit objet. Un cône métallique d’une dizaine de centimètres, très piquant. Une pointe anti-SDF que l’on met parfois devant les boutiques de luxe ou les résidences chics pour éviter que des pauvres ne viennent s’y installer. Pour ce passionné d’architecture et d’urbanisme, « cet objet extrêmement regrettable » est plus explicite que bien des analyses. « Il montre que nos sociétés occidentales ont le sentiment d’être menacées par la fureur du monde, mais aussi qu’elles ne croient pas disposer de parades efficaces », a-t-il expliqué, fin août, devant les ambassadeurs allemands réunis à Berlin.

Mais « l’Allemagne n’est pas une île » et aucun grillage ne saurait la protéger des soubresauts de la planète. « Mener une politique extérieure active n’est pas une idée sympa, c’est une nécessité existentielle. L’Allemagne est un peu trop grande et trop forte économiquement pour ne pas s’engager », explique-t-il fréquemment. Parce qu’il incarne mieux que tout autre cette nouvelle ambition allemande sur la scène internationale, Frank-Walter Steinmeier, 58 ans, est désormais reçu par les chefs d’Etat et de gouvernement. En Russie, il rencontre Vladimir Poutine. En Inde, le premier ministre, Narendra Modi. En mai, il a également été le premier titulaire de ce portefeuille à assister à un conseil des ministres à l’Elysée. De nouveau en visite à Paris les 2 et 3 octobre, Frank-Walter Steinmeier rencontre le premier ministre, Manuel Valls, outre son homologue Laurent Fabius.

En quelques mois, cet intellectuel discret est devenu un poids lourd de la diplomatie mondiale. En raison de l’importance de l’Allemagne bien sûr, mais aussi de son propre parcours. De fait, Frank-Walter Steinmeier a joué un rôle au moins aussi considérable ces quinze dernières années que son mentor, Gerhard Schröder, à qui il ressemble si peu, ou que sa rivale, Angela Merkel, à qui il peut davantage être comparé.

« LE PAYS AVANT LE PARTI »

Quand il est directeur de la chancellerie, de 1999 à 2005, il n’est pas seulement le bras droit de Gerhard Schröder : il devient son éminence grise. Si le chancelier social-démocrate incarne l’Agenda 2010, ces réformes sociales radicales qui vont transformer l’Allemagne, Steinmeier en est le principal inspirateur. Ministre des affaires étrangères d’Angela Merkel de 2005 à 2009, le pays lui doit un « partenariat pour la modernité » avec la Russie, dans la droite ligne des politiques suivies par Willy Brandt et Gerhard Schröder.

A l’instar de son ancien patron – parti entre-temps faire fortune chez Gazprom, la société russe première exportatrice de gaz du monde –, Frank-Walter Steinmeier est convaincu que la Russie veut se moderniser et se rapprocher de l’Europe. L’Allemagne, pense-t-il, peut en tirer le plus grand profit. Angela Merkel, qui connaît son Poutine depuis longtemps, est plus sceptique, mais elle laisse faire le ministre.

Candidat contre elle pour devenir chancelier en 2009, Frank-Walter Steinmeier ne réunit que 23 % des voix, le pire score réalisé par le Parti social-démocrate (SPD). Devenu président de groupe de son parti au Bundestag et donc chef de l’opposition au Parlement, il aurait pu mener la vie dure à Angela Merkel. Il n’en fait rien. Au contraire, de 2009 à 2013, sous sa direction, les sociaux-démocrates approuvent systématiquement la politique européenne de la chancelière. Certes, le SPD se dit favorable aux euro-obligations et hostile à la politique d’austérité, mais le parti soutient, de fait, la politique d’Angela Merkel. Une alliance contre nature qui sera déterminante. Comment la gauche européenne pourrait-elle s’opposer à une politique approuvée par le SPD ? « Le pays avant le parti » : telle est alors la devise de Steinmeier, convaincu que les électeurs sauront gré au SPD d’avoir accompli des réformes difficiles au début des années 2000 et d’avoir soutenu la politique européenne d’Angela Merkel.

Pari à moitié gagné. Certes, en 2013, le SPD revient au pouvoir, mais c’est à nouveau dans le cadre d’une grande coalition dirigée par Angela Merkel, au faîte de sa popularité. Ce chef de l’opposition qui aurait pu obtenir n’importe quel poste retrouve avec un plaisir non dissimulé le ministère des affaires étrangères. Il n’attendait que cela. En témoigne la passation de pouvoir avec son prédécesseur, le très décrié Guido Westerwelle, en décembre 2013. Loin de se contenter des quelques formules de circonstance, le ministre prononce devant ses troupes un véritable discours de politique générale sur l’état de la planète et le rôle – accru – que doit prendre l’Allemagne sur la scène internationale. Un credo qu’avec l’aide du président de la République, Joachim Gauck, et de la ministre de la défense, Ursula von der Leyen, il impose à Angela Merkel. Si la chancelière finit par être convaincue – en déstabilisant l’Ukraine, Vladimir Poutine ne lui a pas laissé le choix –, les Allemands restent réservés. Seuls 37 % d’entre eux approuvent une politique étrangère plus active. Mais Frank-Walter Steinmeier n’en a cure.

Car ce fils de menuisier, encarté au Parti social-démocrate depuis 1975 – il a alors 19 ans –, est avant tout protestant. « Cela signifie à mes yeux être responsable de ce que l’on fait, mais aussi de ce que l’on ne fait pas », dit-il. Depuis quinze ans, son plus proche collaborateur est un pasteur d’Allemagne de l’Est, Stephan Steinlein. « Etre chrétien, c’est pour moi adopter quatre attitudes fondamentales », a récemment expliqué le ministre devant une assemblée de fidèles protestants. La première : « Avoir ses propres convictions. Y être fidèle même quand elles sont impopulaires. » D’où son engagement en faveur d’un rôle accru de l’Allemagne sur la scène internationale. La deuxième : « Chacun est en mesure de se former. Et de se forger sa propre opinion. » Une clé pour comprendre la pression que l’Agenda 2010 met sur les chômeurs pour qu’ils se forment et reprennent un travail. La troisième : « Il faut connaître ses limites et avoir le courage de faire des petits pas. » En découlent ses innombrables coups de fil avec son homologue russe Lavrov pour dénouer la crise ukrainienne. Enfin la quatrième : « Il faut soutenir les différences et accepter la diversité. » L’embauche d’une jeune femme apatride d’origine palestinienne pour être sa porte-parole adjointe, une véritable révolution pour le « Quai d’Orsay allemand », en est un témoignage.

L’entourage d’Angela Merkel apprécie ce ministre qui redonne du lustre à la diplomatie allemande sans faire de l’ombre à la chancelière : « Il n’a qu’un défaut : il est social-démocrate et reste donc un adversaire politique », confie un proche de cette dernière. Les Allemands aussi apprécient cet homme qui, en 2010, n’a pas hésité à s’arrêter plusieurs semaines pour donner un rein à sa femme.

« IL AURAIT PU RECEVOIR LE NOBEL DE LA PAIX »

Depuis son entrée en fonctions, Frank-Walter Steinmeier forme avec le président Gauck et Angela Merkel le trio de tête des responsables politiques les plus populaires. Sa défaite de 2009 et les crises qui secouent la planète l’ont rendu modeste. « Le diplomate est parfois comme un singe qui sort un poisson de l’eau en pensant qu’il se noie et qui, après la mort de celui-ci, s’en veut de ne pas être intervenu quelques minutes plus tôt », reconnaît-il. Au fil des années, lui-même est devenu plus grave. Il n’est plus tout à fait le bon vivant qu’il était en 2005 quand, au cours de ses voyages, il multipliait les confidences autour d’une bière.

Rigoureux envers lui-même, il rêve d’un monde fidèle à ses convictions héritées des Lumières et d’Emmanuel Kant. En visite à Kaboul, début septembre, c’est au nom de la raison et de la responsabilité de l’homme politique qu’il tente de convaincre les deux successeurs potentiels du président Karzaï de taire leurs divergences et de former un gouvernement d’union nationale. « Dans un monde devenu non pas multipolaire mais “non polaire” », Frank-Walter Steinmeier est convaincu que la diplomatie ne doit surtout pas baisser les bras. Son coup de maître : la visite organisée le 20 février, à Kiev, avec ses homologues français, Laurent Fabius, et polonais, Radoslaw Sikorski. « Rien que pour cela, il aurait pu recevoir le Nobel de la paix », reconnaît le député écologiste Omid Nouripour, pourtant prodigue en critiques sur le ministre.

« IL Y A TOUJOURS DES ALTERNATIVES À LA GUERRE »

Depuis, cet Allemand qui aime à raconter sa traversée de la France en 2CV dans les années 1970 travaille main dans la main avec Laurent Fabius mais a pris, sans le dire, ses distances avec la Pologne. Comme s’il fallait ne pas froisser Moscou. Car Vladimir Poutine – un nom qu’il ne prononce que rarement, préférant parler de « la Russie » – reste une énigme qu’il n’a manifestement pas réussi à déchiffrer. « De fait, je ne pensais pas qu’on remettrait un jour les frontières de l’Europe en question », reconnaît-il. « Après la crise, la Russie restera notre plus grand voisin », a glissé Steinmeier devant les ambassadeurs allemands. « Il sous-estime totalement les atteintes aux droits de l’homme en Russie », s’insurge Omid Nouripour. « Sur la Russie, il n’a pas encore trouvé ses marques. Il gère mais n’a pas vraiment de vision », regrette un dirigeant de la CDU.

Néanmoins, rien ne l’énerve plus que les déclarations d’un David Cameron comparant l’attitude des Européens face à Poutine, en particulier les Allemands, à celle des Britanniques et des Français face à Hitler en 1938. « C’est l’inverse. Dès le début, l’Europe unie a dénoncé l’invasion de la Crimée et pris des sanctions contre la Russie. Nous avons au contraire tiré les leçons de 1938 », explique-t-il, convaincu qu’« il y a toujours des alternatives à la guerre ». Steinmeier a aussi foi dans la diplomatie.
6 octobre
2014

Visite officielle de Frank-Walter Steinmeier à Paris les 2 et 3 octobre 2014

Lors de sa visite à Paris les 2 et 3 octobre 2014, le Ministre allemand des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a rappelé à plusieurs reprises l’importance primordiale de l’amitié et de la coopération franco-allemande.


Allocution de M. Steinmeier à l'Hôtel de Beauharnais - à ses côtés, MM. Valls, Fabius et Désir


Le 2 octobre 2014, le ministre des affaires étrangères allemand s’est entretenu avec le premier ministre Manuel Valls, avant d’être auditionné avec Laurent Fabius devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

M. Steinmeier a ensuite pris part, aux côtés de Manuel Valls, de son homologue Laurent Fabius, et du secrétaire d’Etat aux affaires européennes Harlem Désir, à la réception donnée à l’Hôtel de Beauharnais, résidence de l’Ambassadrice d’Allemagne, à l’occasion de la fête nationale allemande.

Lors d’une allocution en allemand et en français, M. Steinmeier a souligné que la coopération diplomatique entre les deux pays n’a jamais été aussi étroite, en citant comme exemples la lutte contre le terrorisme et l’engagement humanitaire pour endiguer l’épidémie de virus Ebola. Il a également rappelé la responsabilité de l’Allemagne et de la France pour une Europe qui investit davantage et créée plus de croissance et d’emplois.

Ces propos font écho à une tribune publiée dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung le 1er octobre et dans le Figaro le 2 octobre, dans laquelle M. Steinmeier a rappelé que les deux pays travaillent main dans la main et que la concertation entre Berlin et Paris est une priorité absolue.

Le 3 octobre, Frank-Walter Steinmeier a été reçu à l’Elysée par le président Hollande, une rencontre lors de laquelle ont été abordés l’actualité internationale ainsi que les réformes françaises en cours en matière économique et budgétaire.


Allocution de M. Valls à l'Hôtel de Beauharnais - à ses côtés, Mme Wasum-Rainer, MM. Steinmeier, Fabius et Désir


M. Steinmeier s'entretient avec Harlem Désir et Mme Wasum-Rainer, ambassadrice d'Allemagne en France
3 octobre
2014

Audition conjointe de Laurent Fabius et de Frank-Walter Steinmeier devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale – 2 octobre 2014


M. Frank-Walter Steinmeier, Mme Elisabeth Guigou, présidente de la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale et M. Laurent Fabius

Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères et du développement international et son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, ont été auditionnés conjointement par la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale le jeudi 2 octobre 2014.

Cette audition conjointe est une première, comme l’a souligné Laurent Fabius, avant d’indiquer qu’il « travaille en permanence la main dans la main » avec son homologue allemand et que « sur les grands choix, la France et l’Allemagne sont côte à côte », en citant comme exemples le dossier irakien et la lutte contre le virus Ebola.

Laurent Fabius se rendra prochainement à Berlin pour participer au Conseil des ministres allemand et sera également auditionné avec M. Steinmeier devant le Bundestag. Parmi les prochains rendez-vous des deux ministres figurent notamment un déplacement commun en Afrique et une réunion avec leur homologue polonais dans le cadre du « Triangle de Weimar ».


MM. Laurent Fabius et Frank-Walter Steinmeier
1er octobre
2014

Déplacement de Matthias Fekl à Berlin le 2 octobre 2014


JPEG - 66.4 ko

Allocution de Matthias Fekl au Lycée français de Berlin


Matthias Fekl, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger, s’est rendu le 2 octobre à Berlin à l’occasion de la célébration des 325 ans de la fondation du Lycée français, qui s’est déroulée en présence des autorités du Sénat de Berlin.

Matthias Fekl est lui-même un ancien élève de cet établissement scolaire qui est la plus ancienne école publique de la capitale allemande et le plus ancien Lycée français de l’étranger.

Dans son allocution, M. Fekl a rappelé l’histoire de cet établissement qui rassemble une administration allemande et une administration française au sein d’un établissement public administré par les autorités éducatives du Land de Berlin. Cette coopération exemplaire, au cœur de la capitale de l’Allemagne, est un symbole des relations d’amitié entre nos deux pays.

A l’issue de la cérémonie, Matthias Fekl a tenu une réunion de travail avec les conseillers consulaires de la circonscription Berlin-Hambourg, nouvel échelon de proximité de la représentation politique des Français de l’étranger.

JPEG - 86.2 ko

Inauguration par Matthias Fekl du nouveau restaurant scolaire de l’Ecole Voltaire